Une dernière chance pour l’alcoolique multirécidiviste


Tahiti le 21 septembre 2026 – Une quadragénaire multirécidiviste pour conduite sous l’emprise de l’alcool a été condamnée lundi à un an de prison assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation soin. À la barre la prévenue a reconnu “être un danger public (…) et être prisonnière de l’alcool”.

Ils étaient plusieurs prévenus lundi dans la petite salle d’audience du tribunal de première instance de Papeete convoqués en comparution immédiate. La plupart des faits reprochés ont été commis ce week-end et tous venait de passer au moins une nuit à Nuutania. Ils étaient là pour des faits de violence, menace de mort, rébellion, vol en récidive.
 
Et parmi tous ces hommes, il y avait une femme, la quarantaine qui a elle aussi passé son week-end à Nuutania après avoir été contrôlée en récidive pour conduite d’un véhicule sous l’emprise d’un état alcoolique.

“Je suis prisonnière de l’alcool”

La quadragénaire, assise à côté de tous ces hommes, paraît très paisible et décontractée. Ancienne auxiliaire de vie aujourd’hui elle n’a plus d’emploi. La présidente du tribunal, Hélène Bigot, l’appelle à la barre et lui rappelle qu’en octobre 2025 elle avait déjà récidivé pour conduite sous l’emprise d’alcool à Papeete. Elle avait même eu un accident : “Elle s’est plantée toute seule, elle est tombée”. Elle avait écopé de six mois de suspension du permis de conduire.
 
Mais cela n’a pas corrigé la quadragénaire. Le 19 août dernier, elle récidive de nouveau. Elle n’a alors pas de permis de conduire et présente un défaut d’assurance. Un mois plus tard soit le week-end dernier à Mahina, la quadragénaire est une fois de plus arrêtée, ivre au volant de son véhicule alors que son permis de conduire a été suspendu.
 
La police municipale de Mahina l’interpelle car elle “ne respecte pas les lignes”. Elle est ensuite soumise à l’éthylotest puis à l’éthylomètre. Elle est contrôlée à 0,76 g/litre comme un mois avant.
 
La quadragénaire reconnaît qu’elle est en “tort”. “Pourquoi vous buvez autant ?”, lui demande la présidente. “Statistiquement, pour un conducteur, être contrôlé trois fois dans un état alcoolique c‘est impossible ou sinon il y a un problème d’alcool.”
 
La quadragénaire ne nie pas : “Depuis que j’ai mon permis (…). Je sais je suis un danger public (…) je ne suis jamais allée voir un médecin pour ce problème (...). Je n’arrive à pas arrêter de boire (…) et je n’ai rien fait pour arrêter de boire”, avoue-t-elle à la barre. “Un danger public” : la présidente acquiesce.
 
La prévenue explique ensuite être séparée du père de ses enfants et qu’en juillet dernier elle a perdu son père. À la question “Qu’est-ce que la prison vous a fait ?” “Réfléchir que je suis un danger”, reconnait la prévenue. “Et ce week-end j’ai pensé à ma liberté et j’ai pris conscience que je suis prisonnière de l’alcool.”
 
Le ministère public a demandé 18 mois de prison dont un an avec sursis, obligation de soin, maintien en détention et annulation du permis de conduite pendant un an, à l’encontre de la prévenue.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne cette quadragénaire à un an de prison assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation soin et de travail. Elle devra également suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière. La peine est prononcée avec une exécution provisoire. Son permis de conduite est annulé avec interdiction de le repasser pendant un an.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 21 Septembre 2026 à 20:35 | Lu 526 fois