Un transport régulier voulu “en régie” à Moorea


Tahiti le 19 janvier 2026 – La commune de Moorea-Maiao a décidé de prendre “en régie” le transport régulier des personnes. Un marché de prestations de service devrait être lancé d’ici peu pour “identifier” un prestataire qui aura un contrat sur plusieurs années. La commune espère que le Pays l’aide comme il le fait déjà à Tahiti “de manière que ce service qui est naturellement déficitaire ne soit pas intégralement porté par la commune”.
 
La commune de Moorea-Maiao a décidé de prendre, le problème du transport régulier, à bras le corps et a lancé en 2025 une énième étude. Rappelons en effet que le transport du public est de compétence communale contrairement au transport scolaire qui relève lui du Pays.
 
La commune a depuis tout ce temps proposé au transporteur retenu par le Pays “de développer un service public de transport des personnes qui arrangeait tout le monde puisque le transporteur s'y retrouvait. Il utilisait ses bus la journée et ça faisait un coût relativement faible pour les usagers”, précise Olivier Poté, directeur de l'Environnement, des services techniques et de l'aménagement de la commune de Moorea-Maiao.
 
Sauf que depuis trois ans la Direction générale de l’éducation et des enseignements “rencontre des difficultés sur l'identification et la pérennisation d'un transporteur (…). Tout le monde fait le même constat, ce système n'est pas durable du fait que la DGEE renouvelle tous les six mois des contrats très temporaires avec le transporteur Warren Transport. Et le service n'est pas satisfaisant pour les habitants de Moorea”

“La maîtrise complète de l’organisation de ce service public”

Les élus de l’île sœur ont décidé “de reprendre la main et de faire les choses un peu dans l'autre sens”. La commune va “identifier” un prestataire avec lequel elle signera un contrat sur plusieurs années. Ce dernier pourra même proposer ses services à la DGEE : “On change un peu de paradigme : avant, la DGEE donnait le “La” et on suivait ; aujourd'hui, on se dit que le transporteur choisi par la commune pourrait également offrir ses services à la DGEE”, ajoute Olivier Poté.
 
Le transport du public sera géré en régie et un marché de prestations de service devrait être lancé d’ici peu afin d’identifier un prestataire qui pourrait assurer ce service.
 
Ce service en régie permettra à la commune de garder “la maîtrise complète de l’organisation” du service public du transport en commun, incluant la tarification, les horaires, ou encore les lignes et d’offrir également “une qualité de service pour les administrés”.
 
Elle pourra s’appuyer sur un prestataire qui dispose déjà de bus et d’un personnel qualifié : “C'est un vrai métier, on ne s'impose pas transporteur de personnes”, précise le directeur de l'Environnement, des services techniques et de l'aménagement de Moorea-Maiao. Selon lui, les choses peuvent aller très rapidement : le marché devrait être lancé dans les semaines qui viennent pour identifier le prestataire. “On a bon espoir que d'ici, trois à six mois, on ait un système qui soit opérationnel pour l'ensemble des habitants de Moorea.”
 
L’objectif est que le prestataire retenu soit opérationnel pour la prochaine rentrée scolaire précise Olivier Poté puisque “les éléments de cadrage” ont été validés en conseil municipal.
 
Dans les caractéristiques de ce marché, il sera demandé candidats d’avoir deux tailles de bus, certains pouvant accueillir plus d’une cinquantaine de passagers pour le ramassage aux heures de pointe. Des bus dédiés principalement aux étudiants et aux salariés qui se rendent tous les matins à Tahiti et qui reviennent en fin d’après-midi. 
 
Et d’autres bus, mais de plus petite capacité : “A priori des bus de sept places qui seront mobilisés sur les heures creuses, donc concrètement pendant la journée”, détaille Olivier Poté. Ces véhicules feront des rotations en journée afin de permettre aux usagers d’avoir accès aux services administratifs ou vaquer à leurs occupations. Une nouveauté, annonce le directeur de l'Environnement, des Services techniques et de l'aménagement : “Il y aura également – ce qui n'était pas le cas avant – des dessertes le week-end, ce qui permettra aux habitants de se déplacer le matin et en journée les samedis et les dimanches.”

“On a toujours l'espoir que le Pays nous accompagne”

Les élus de Moorea-Maiao caressent “toujours l’espoir que le Pays [les] accompagne” dans ce projet car “forcément, le transport public, ce n'est pas du tout une activité qui est rentable, comme tout le monde le sait. Ce qui nous permettrait de limiter ce déficit, ce serait effectivement d'avoir un soutien du Pays”, observe Olivier Potée qui rappelle que le transport du public est de compétence communale que soit ouverte une “discussion autour des modalités intercommunales, puisqu’une grande partie des personnes qui vont utiliser le bus de la commune, c'est pour se rendre au quai et aller travailler à Tahiti”.
 
L’objectif recherché par la commune est de se rapprocher le plus possible de la tarification mise en place à Tahiti de 150 francs pour les tickets. “A Tahiti on est sur du transport intercommunal et le Pays contribue au coût du service. On espère qu’il entendra d'une bonne oreille notre demande de venir en aide aux habitants de Moorea et qu'il contribue d'une façon ou d'une autre, de manière que ce service qui est naturellement déficitaire ne soit pas intégralement porté par la commune”.
 
La commune a évalué le coût de ce service du transport entre 40 et 60 millions de francs. “Il va falloir qu'on compense si jamais il y a une perte d'activité.” En effet, le prestataire facturera à la commune le même prix, que le bus soit plein ou vide. Le directeur de l'Environnement, des services techniques et de l'aménagement de la commune de Moorea-Maiao considère la gestion en régie du transport du public comme étant un “gros avantage, c'est de ne pas faire peser sur le prestataire l'intégralité du risque lié à la fréquentation (…). Ça va nous permettre de ratisser plus large et donc d'avoir plus de candidats potentiels. Puisqu’en gros, le prestataire qui va répondre au marché, il est assuré de ne pas avoir une activité déficitaire”. Les élus de Moorea-Maiao souhaitent “sécuriser au maximum” cette consultation, pour s’assurer un service qui soit de “bonne qualité”, sans “faire porter le risque exclusivement sur le prestataire”. Un courrier dans ce sens a été envoyé au Pays et la commune attend toujours une réponse.
 
“Mais dans tous les cas, pour 2026 et les années suivantes, c'est budgété donc le service sera mis en place”, précise Olivier Poté. 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 20 Janvier 2026 à 05:00 | Lu 677 fois