Tahiti, le 3 novembre 2026 – Alors que la grève à Air Tahiti se poursuit, le référé déposé par la CSIP contre la compagnie, renvoyé deux fois, a été étudié ce mardi par le tribunal. L’avocat de la CSIP estime que “des délits très graves ont été commis” car la loi sur la protection de l’emploi n’a pas été respectée ainsi que le code du travail. Ce que réfute entièrement l’avocat de la compagnie aérienne qui assure qu’elle est dans son droit de louer son matériel et qu’elle n’a en aucun cas cassé la grève. Le délibéré sera rendu ce jeudi.
Douze jours après le début de la grève à Air Tahiti, l’avocat de la CSIP et celui d’Air Tahiti ont chacun, avec leurs arguments, démontré ce mardi, à la barre du tribunal, pour le premier que la compagnie aérienne a commis des “infractions” et pour le second qu’elle avait tout à fait le droit “de louer son matériel” à Air France et Air New Zeland. Et que cela n’entravait en rien le mouvement social en place. “Il n'y a aucune pièce” qui prouve qu’Air Tahiti a fait appel à des intérimaires ou à des CDD, “nous n’avons rien à cacher”, assure Me Yves Piriou, défendeur de la compagnie.
Ce dernier a rappelé qu’Air Tahiti “a le droit de louer son matériel” et s’appuie sur deux décisions de cassation, l’une du 15 février 1979 relative à une grève de transport et l’autre du 11 janvier 2000 relative à une grève des chauffeurs d’une coopérative laitière. Il explique que la jurisprudence de 1979 donne droit à “une entreprise de louer son matériel”.
Il précise qu’Air Tahiti a “bien procédé à une location de matériel” et que “tous les traitements” comme l’avitaillement ou encore le déchargement des avions d’Air New Zeland et d’Air France ont été effectués par le personnel non gréviste d’Air Tahiti. “C’est parfaitement légal, la grève ne signifie pas qu'on a le pouvoir de tout bloquer, d'empêcher les gens de travailler. C'est une atteinte au droit du travail, le fait d'empêcher les gens de travailler.”
Il indique que la compagnie aérienne est “respectueuse” du droit de grève et que la compagnie “a effectué l'intégralité des prestations qu'elle devait faire avec le personnel non gréviste. C'est aussi simple que ça, le reste, c'est de la fumée, du brouillard”.
Et en “toute transparence”, Me Yves Piriou a affirmé “sauf une fois” et Air New Zeland a attesté qu’une personne venue de Nouvelle-Zélande “a traité un avion. Tout le reste des opérations a été effectué par le personnel d’Air Tahiti (…). Mais ce n'est pas interdit (…) ces compagnies avaient parfaitement le droit (…) d'opérer sur le matériel d'Air Tahiti, comme on peut louer un camion, une voiture”.
Ce dernier dit même avoir “cru” à un moment que c’était le procès d’Air France et Air New Zeland : “Ils ne se sont pas trompés de cible, ils l'ont fait exprès. Ils n'ont aucune envie de s'en prendre à Air France ou Air New Zeland qui n'ont rien à voir dans l'histoire (…). Ils savent très bien que, raisonnablement, ils n'ont pas beaucoup de chances de succès (…). L'analyse juridique de la faisabilité devait déboucher sur la conclusion logique, rationnelle et inéluctable de ce qu'elle est vouée à l'échec”.
Douze jours après le début de la grève à Air Tahiti, l’avocat de la CSIP et celui d’Air Tahiti ont chacun, avec leurs arguments, démontré ce mardi, à la barre du tribunal, pour le premier que la compagnie aérienne a commis des “infractions” et pour le second qu’elle avait tout à fait le droit “de louer son matériel” à Air France et Air New Zeland. Et que cela n’entravait en rien le mouvement social en place. “Il n'y a aucune pièce” qui prouve qu’Air Tahiti a fait appel à des intérimaires ou à des CDD, “nous n’avons rien à cacher”, assure Me Yves Piriou, défendeur de la compagnie.
Ce dernier a rappelé qu’Air Tahiti “a le droit de louer son matériel” et s’appuie sur deux décisions de cassation, l’une du 15 février 1979 relative à une grève de transport et l’autre du 11 janvier 2000 relative à une grève des chauffeurs d’une coopérative laitière. Il explique que la jurisprudence de 1979 donne droit à “une entreprise de louer son matériel”.
Il précise qu’Air Tahiti a “bien procédé à une location de matériel” et que “tous les traitements” comme l’avitaillement ou encore le déchargement des avions d’Air New Zeland et d’Air France ont été effectués par le personnel non gréviste d’Air Tahiti. “C’est parfaitement légal, la grève ne signifie pas qu'on a le pouvoir de tout bloquer, d'empêcher les gens de travailler. C'est une atteinte au droit du travail, le fait d'empêcher les gens de travailler.”
Il indique que la compagnie aérienne est “respectueuse” du droit de grève et que la compagnie “a effectué l'intégralité des prestations qu'elle devait faire avec le personnel non gréviste. C'est aussi simple que ça, le reste, c'est de la fumée, du brouillard”.
Et en “toute transparence”, Me Yves Piriou a affirmé “sauf une fois” et Air New Zeland a attesté qu’une personne venue de Nouvelle-Zélande “a traité un avion. Tout le reste des opérations a été effectué par le personnel d’Air Tahiti (…). Mais ce n'est pas interdit (…) ces compagnies avaient parfaitement le droit (…) d'opérer sur le matériel d'Air Tahiti, comme on peut louer un camion, une voiture”.
Ce dernier dit même avoir “cru” à un moment que c’était le procès d’Air France et Air New Zeland : “Ils ne se sont pas trompés de cible, ils l'ont fait exprès. Ils n'ont aucune envie de s'en prendre à Air France ou Air New Zeland qui n'ont rien à voir dans l'histoire (…). Ils savent très bien que, raisonnablement, ils n'ont pas beaucoup de chances de succès (…). L'analyse juridique de la faisabilité devait déboucher sur la conclusion logique, rationnelle et inéluctable de ce qu'elle est vouée à l'échec”.
La CSIP “n’a aucune preuve”
Lors de l’audience, Me Yves Piriou a soulevé le fait que le dossier est “étonnant” car la CSIP “n'a aucune preuve (…). Toutes les attestations produites proviennent de la CSIP qui, au demeurant, ne prouvent strictement rien”.
L’avocat avance que le syndicat n’a finalement “rien à perdre” dans cette affaire. “Il tente le coup, si ça marche, tant mieux (…). Si ça ne marche pas, on aura essayé. Mais pendant l'intervalle, on aura occupé la presse. On aura tenté de faire passer l'idée qu’Air Tahiti fait son briseur de grève”. Me Yves Piriou ajoute que cette affaire a sans doute fait du bruit médiatiquement mais qu’au final, “devant les tribunaux, les choses s'apprécient différemment (…). On est dans un État de droit”. Considérant que la CSIP apporte “zéro preuve (…) le droit nous est favorable”.
L’avocat avance que le syndicat n’a finalement “rien à perdre” dans cette affaire. “Il tente le coup, si ça marche, tant mieux (…). Si ça ne marche pas, on aura essayé. Mais pendant l'intervalle, on aura occupé la presse. On aura tenté de faire passer l'idée qu’Air Tahiti fait son briseur de grève”. Me Yves Piriou ajoute que cette affaire a sans doute fait du bruit médiatiquement mais qu’au final, “devant les tribunaux, les choses s'apprécient différemment (…). On est dans un État de droit”. Considérant que la CSIP apporte “zéro preuve (…) le droit nous est favorable”.
“Air Tahiti est bien coupable”
Pour Me Arcus Usang, avocat de la CSIP, en revanche, il n’y a pas de doute, “on ne s'est pas trompé de cible, Air Tahiti est bien coupable”. Il assure que la compagnie aérienne a bien mis son matériel en location à Air New Zeland et à Air France. “Ce matériel ne peut pas fonctionner tout seul”, indique l’avocat qui considère que c’est “une voie de détournement de la loi”.
Me Arcus Usang assure également que cette procédure judiciaire a mis en lumière qu’il y a eu “des délits, des infractions très, très graves qui ont été commises” comme notamment faire “venir du personnel de l'étranger, qui est hors nationalité française, et qui travaille sans permis de travail en infraction avec la loi sur la protection de l'emploi local”. Me Arcus Usang considère qu’Air Tahiti est pour quelques chose dans ces infractions : “Elle n'y est pas pour rien, puisqu'elle a facilité la mise en œuvre de ces infractions”.
Ce dernier affirme qu’au début de la procédure, ils n’avaient aucune preuve, “on les a récoltées dans la procédure. Air Tahiti nous a apporté les éléments, notamment des attestations, qui reconnaissent les pratiques. Donc je suis heureux de constater qu'on nous donne le bâton pour les battre”.
Me Arcus Usang assure qu’il n’est “pas question de perdre” cette affaire. “Nous avons mis tous les moyens pour gagner. Et le juge a pu constater qu'Air Tahiti, au-delà des apparences, reconnaît avoir fait certaines pratiques qui, à mon sens, contournent la loi”. Il considère donc que la compagnie aérienne doit être “condamnée” estimant qu’en tant qu’employeur, Air Tahiti “cherche à casser une grève et casser la grève, c'est casser des droits fondamentaux des salariés”.
Concernant toutes les “infractions” au regard du code du travail ou encore de la loi du Pays de 2019 relative à la protection et la promotion de l'emploi local, Me Arcus Usang regrette que “l’Aéroport de Tahiti et la Direction générale de l’aviation civile” soient “taisants et silencieux sur ce dossier, donc s'il y a plainte, ce sera contre X et on cherchera les responsabilités”.
Quant au mouvement de grève, le délégué syndical de la CSIP Frédéric Jojan a assuré que les négociations avec la direction d’Air Tahiti “avancent petit à petit. Apparemment, notre directeur général n'est pas en capacité de répondre plus amplement à nos revendications pécuniaires”. Il indique que le personnel navigant commercial (PNC) et les pistards sont “bien déterminés à continuer” le mouvement. Il espère que la décision de justice de jeudi va “influencer quelque part notre directeur général, mais on attend des réponses du conseil d’administration et des actionnaires”.
Me Arcus Usang assure également que cette procédure judiciaire a mis en lumière qu’il y a eu “des délits, des infractions très, très graves qui ont été commises” comme notamment faire “venir du personnel de l'étranger, qui est hors nationalité française, et qui travaille sans permis de travail en infraction avec la loi sur la protection de l'emploi local”. Me Arcus Usang considère qu’Air Tahiti est pour quelques chose dans ces infractions : “Elle n'y est pas pour rien, puisqu'elle a facilité la mise en œuvre de ces infractions”.
Ce dernier affirme qu’au début de la procédure, ils n’avaient aucune preuve, “on les a récoltées dans la procédure. Air Tahiti nous a apporté les éléments, notamment des attestations, qui reconnaissent les pratiques. Donc je suis heureux de constater qu'on nous donne le bâton pour les battre”.
Me Arcus Usang assure qu’il n’est “pas question de perdre” cette affaire. “Nous avons mis tous les moyens pour gagner. Et le juge a pu constater qu'Air Tahiti, au-delà des apparences, reconnaît avoir fait certaines pratiques qui, à mon sens, contournent la loi”. Il considère donc que la compagnie aérienne doit être “condamnée” estimant qu’en tant qu’employeur, Air Tahiti “cherche à casser une grève et casser la grève, c'est casser des droits fondamentaux des salariés”.
Concernant toutes les “infractions” au regard du code du travail ou encore de la loi du Pays de 2019 relative à la protection et la promotion de l'emploi local, Me Arcus Usang regrette que “l’Aéroport de Tahiti et la Direction générale de l’aviation civile” soient “taisants et silencieux sur ce dossier, donc s'il y a plainte, ce sera contre X et on cherchera les responsabilités”.
Quant au mouvement de grève, le délégué syndical de la CSIP Frédéric Jojan a assuré que les négociations avec la direction d’Air Tahiti “avancent petit à petit. Apparemment, notre directeur général n'est pas en capacité de répondre plus amplement à nos revendications pécuniaires”. Il indique que le personnel navigant commercial (PNC) et les pistards sont “bien déterminés à continuer” le mouvement. Il espère que la décision de justice de jeudi va “influencer quelque part notre directeur général, mais on attend des réponses du conseil d’administration et des actionnaires”.