“Un salon pratico-pratique” pour les agriculteurs


Tahiti, le 27 juillet 2026 - Le salon Tech & Bio, dédié aux agriculteurs, aura lieu du 6 au 8 août prochain au lycée agricole de Opunohu. Deux thèmes principaux seront abordés : “la vie du sol” et “l'agro-transformation”. Les deux premières journées sont réservées exclusivement aux professionnels.
 
Du 6 au 8 août prochain, Moorea accueillera la première édition du salon Tech & Bio, “un rendez-vous que les professionnels ne doivent pas manquer”, assure le président de la chambre d’agriculture France, Sébastien Windsor. Comme l’a souligné le ministre de l’Agriculture, cet événement est porté par la fédération des chambres d’agriculture et de la pêche du Pacifique dont font partie la Polynésie ainsi que la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna. Ce salon a lieu tous les quatre ans et la dernière édition s’est tenue en Nouvelle-Calédonie en 2022. Protection des cultures, gestion durable des ressources, visites d'exploitations et surtout échanges entre professionnels sont au programme de ces trois jours. 
 
Pour le ministre de l’Agriculture Taivini Teai, ce salon est “plus qu'une nécessité” pour former tout un chacun mais surtout pour favoriser “les échanges entre professionnels, parce qu'on le voit, le message passe mieux lorsqu'on est de la même confrérie ou de la même filière. Bien souvent, on s’en rend compte avec une opposition ou une incompréhension de la part de nos agriculteurs vis-à-vis de nos agents. Ils disent : ‘Ah mais oui, mais toi tu es administratif, tu ne connais pas le monde’. Alors que là, ce sont les personnes d'un même monde qui vont pouvoir discuter entre elles, s'échanger des techniques.”

“Mettre en place (…) des solutions nouvelles”

Le président de la chambre d'agriculture France, Sébastien Windsor, insiste sur le fait que ce salon est destiné aux professionnels : “C'est un salon pratico-pratique, pragmatique, les pieds sur terre, destiné à aider les agriculteurs à mettre en place chez eux des solutions nouvelles”. Il ajoute tout de suite après que le terme “innovation, ce n'est pas forcément de la grande technologie ou de la grosse machinerie. Ça peut être parfois juste un petit entonnoir qui changerait la donne. Ça peut être une façon de tailler, une façon d'implanter, une façon de planter (…). On appelle ça des innovations ; en fait, ce sont des techniques pragmatiques, faciles à utiliser, à mettre en place et qui marchent”.
 
Le président de la chambre d'agriculture France assure que le programme prévu lors de ce rendez-vous Tech & Bio est “super riche”. “Ces salons, il y en a régulièrement en métropole. Celui-là n'a pas à pâlir de ce qui se fait en métropole, voire je pense que les organisateurs peuvent être assez fiers d'être plutôt dans le top des salons les plus riches avec le plus de choses à voir.”

“Nos tupuna étaient déjà dans le bio”

Le président de la chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire, Thomas Moutame, estime que ce salon d'agriculture techno-bio va permettre aux agriculteurs d’utiliser les techniques qu’utilisaient déjà nos tupuna. “À l'époque, il n'y avait pas de produits chimiques, tout était naturel. Maintenant, il faut, je ne dis pas revenir en arrière, mais juste rappeler quels sont les produits innovants sur l'agriculture biologique, sur les engrais naturels.” Il rappelle qu’on peut toujours planter sans utiliser de produits chimiques : “Je ne dis pas de supprimer les produits chimiques, mais en utiliser moins, on appelle cela une culture raisonnée”.
 
Pour le ministre de l’Agriculture Taivini Teai, l’agriculture raisonnée est surtout “l'agriculture avec la bonne utilisation des bons produits au bon moment. C'est surtout ça qui est important de mettre en avant. C'est aussi bien pour la santé des professionnels qui utilisent ces produits-là, que pour l'environnement, et nous les consommateurs.”
 
Il rappelle également que la notion de bio fait partie des éléments innovants, “même si je me dis toujours que dans la notion d'innovation, nos tupuna étaient déjà dans le bio. Donc maintenant, il faut se réapproprier ces techniques agricoles et par rapport à ça, oui, il y a des nouveautés à connaître”.
 
Taivini Teai regrette qu’aujourd’hui, on oppose souvent l’agriculture bio à l’agriculture intensive, “mais lorsqu'on maîtrise bien le bio – c'est ce que nous disent nos agriculteurs – on a des productions équivalentes à l'agriculture intensive et, surtout, on est moins dépendant des intrants agricoles qui viennent de l'extérieur”
 
Thomas Moutame souligne que nos cousins du Pacifique comme Fidji ou encore Samoa seront également présents “pour partager leurs savoir-faire sur la culture biologique”.

Sébastien Windsor, président de la chambre d’agriculture France : “On a besoin de produire plus, mais on a aussi besoin de produire mieux”

“Quand on parle d'agriculture, on pense à l'assiette, à ce qu'on consomme, nos produits. La grosse révolution, la grosse innovation, c'est quoi ? Ce sont des engrais plus verts, plus bio. Même si ce n'est pas que du bio, on fait une agriculture plus responsable pour que le produit soit de meilleure qualité. En fait, ce sont les deux en même temps. C'est-à-dire à la fois produire plus, parce qu'on a besoin de produire partout, que ce soit ici pour améliorer la souveraineté alimentaire des îles. Mais on a besoin de produire mieux en même temps. Et avec ces technologies, on peut arriver à résoudre ces deux problèmes en même temps. Pas en opposant produits et environnement, mais en arrivant à trouver les petites techniques qui permettent de produire plus, d'aller chercher un peu plus de revenus pour l'agriculteur parce que ça reste important, et puis, en même temps, d'amener des produits de qualité aux consommateurs.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 27 Juillet 2026 à 17:23 | Lu 250 fois