Tahiti, le 17 avril 2026 - Après quatre années de travail d’écriture, le livre Ta’iri Pēhe Tumu, Les rythmes fondamentaux des percussions sortira dans quinze jours. Un projet au long cours, avec pour objectif : transmettre et structurer les bases du solfège polynésien pour les apprendre aux plus jeunes.
Pensé comme un outil pédagogique, l’ouvrage Ta’iri Pēhe Tumu, Les rythmes fondamentaux des percussions s’adresse autant aux élèves qu’aux passionnés de culture mā’ohi. Il part de l’approche du tō’ere, ce tambour oblong à fente longitudinale, taillé dans un tronc de bois, dont les sonorités rythment encore les vies des familles. Au-delà de la simple description, le livre propose une approche théorique avec l’historique ainsi qu’une partie avec quatre colonnes : tō’ere, chant, solfège et description. Un travail technique minutieux qui a permis de formaliser les 85 “pahae” présentés dans le livre. Car l’un des apports majeurs de Ta’iri Pēhe Tumu est la transcription. Le tō’ere calligraphié, développé par Heremoana Urima et Heimana Leeteg, a été numérisé grâce au logiciel FontForge.
Ce travail est le fruit d’une collaboration entre trois acteurs importants dans la transmission des arts traditionnels : Wilton Itae-Tetaa, auteur et chercheur, Heremoana Urima, professeur de percussions et de ukulele et initiateur du projet, et Heimana Leeteg, co-initiateur et concepteur du système de notation. “C’est une affaire de copains”, ont résumé les trois hommes en rigolant.
Un tournant pour la discipline
Jusqu’à présent, les savoirs se transmettaient essentiellement de manière orale. Avec cet ouvrage sur les percussions traditionnelles, on voit que le tō’ere, le pahu ou encore le fa’atete ne sont pas de simples instruments : ils portent une mémoire, transmise de génération en génération. En structurant ces savoirs, Ta’iri Pēhe Tumu s’inscrit dans la dynamique du ministère de l’Éducation et de la Culture. “Retranscrire un savoir-faire traditionnel et avoir un support à l’école. L'art est un moyen pour retrouver des traces”, a souligné la ministre Samantha Bonet-Tirao. L’ouvrage est un travail nourri par les recherches de nombreux maîtres du tā’iri, dont Roger Ta’ae. Longtemps basé sur une transmission orale, l’apprentissage des rythmes trouve ici une forme d’écriture grace aux collaborations.
Pensé comme un outil pédagogique, l’ouvrage Ta’iri Pēhe Tumu, Les rythmes fondamentaux des percussions s’adresse autant aux élèves qu’aux passionnés de culture mā’ohi. Il part de l’approche du tō’ere, ce tambour oblong à fente longitudinale, taillé dans un tronc de bois, dont les sonorités rythment encore les vies des familles. Au-delà de la simple description, le livre propose une approche théorique avec l’historique ainsi qu’une partie avec quatre colonnes : tō’ere, chant, solfège et description. Un travail technique minutieux qui a permis de formaliser les 85 “pahae” présentés dans le livre. Car l’un des apports majeurs de Ta’iri Pēhe Tumu est la transcription. Le tō’ere calligraphié, développé par Heremoana Urima et Heimana Leeteg, a été numérisé grâce au logiciel FontForge.
Ce travail est le fruit d’une collaboration entre trois acteurs importants dans la transmission des arts traditionnels : Wilton Itae-Tetaa, auteur et chercheur, Heremoana Urima, professeur de percussions et de ukulele et initiateur du projet, et Heimana Leeteg, co-initiateur et concepteur du système de notation. “C’est une affaire de copains”, ont résumé les trois hommes en rigolant.
Un tournant pour la discipline
Jusqu’à présent, les savoirs se transmettaient essentiellement de manière orale. Avec cet ouvrage sur les percussions traditionnelles, on voit que le tō’ere, le pahu ou encore le fa’atete ne sont pas de simples instruments : ils portent une mémoire, transmise de génération en génération. En structurant ces savoirs, Ta’iri Pēhe Tumu s’inscrit dans la dynamique du ministère de l’Éducation et de la Culture. “Retranscrire un savoir-faire traditionnel et avoir un support à l’école. L'art est un moyen pour retrouver des traces”, a souligné la ministre Samantha Bonet-Tirao. L’ouvrage est un travail nourri par les recherches de nombreux maîtres du tā’iri, dont Roger Ta’ae. Longtemps basé sur une transmission orale, l’apprentissage des rythmes trouve ici une forme d’écriture grace aux collaborations.
Interview de Wilton Itae-Tetaa, auteur et chercheur
Que trouve-t-on dans ce livre Ta’iri Pēhe Tumu, Les rythmes fondamentaux des percussions ?
“Dans le livret, il y a l'historique du tō’ere, la posture à adopter, le choix de baguettes, la façon de tenir sa baguette. Ça fait partie de la pédagogie de l'enseignant lorsqu'il commence à pouvoir enseigner le tō’ere. Il y a aussi à l’intérieur le socle de la théorie musicale, donc le solfège en lui-même. Vous avez une partie où c'est un solfège, on va dire, européen, et juste à côté, vous avez une référence par rapport à nous, Tahitiens, avec un nouveau symbole qui a été créé spécialement pour nos enfants. Par exemple, quand on fait “pa-re-ta-ta-ta-ta-ta”, il a fallu trouver une correspondance au niveau du solfège occidental.”
L’un des maîtres-mots du livre est la transmission aux enfants ?
“Oui, la transmission, c'est quelque chose d'important. Surtout ici, en Polynésie, nous avons une culture orale. Aujourd'hui, on ne peut plus rester dans tout ce qui est oral. La preuve, c'est qu'on a une nouvelle génération, lorsqu'ils tapent le tō’ere, aujourd'hui, il y a des confusions. Il faut une transmission dans une justesse et aussi une facilité par rapport à la lecture. On a fait une grande recherche par rapport à nos anciens.”
Pourquoi avoir mis quatre ans pour faire cet ouvrage ?
“J'ai commencé en 2022, lorsque Heremoana me l'avait demandé. Ça fait longtemps qu'il voulait le faire, une personne avait déjà commencé et Roger Ta’ae, notre chef d'orchestre, en avait fait la demande lui aussi. Lorsqu'on fait une création, il est toujours en train d'écrire derrière. Je voulais que ça existe pour nos élèves et pour nos enfants. Pour pouvoir dire, “ce pahae, c'est comme ça”, et quand ils vont le relire ils pourront donc le refaire.”
“Dans le livret, il y a l'historique du tō’ere, la posture à adopter, le choix de baguettes, la façon de tenir sa baguette. Ça fait partie de la pédagogie de l'enseignant lorsqu'il commence à pouvoir enseigner le tō’ere. Il y a aussi à l’intérieur le socle de la théorie musicale, donc le solfège en lui-même. Vous avez une partie où c'est un solfège, on va dire, européen, et juste à côté, vous avez une référence par rapport à nous, Tahitiens, avec un nouveau symbole qui a été créé spécialement pour nos enfants. Par exemple, quand on fait “pa-re-ta-ta-ta-ta-ta”, il a fallu trouver une correspondance au niveau du solfège occidental.”
L’un des maîtres-mots du livre est la transmission aux enfants ?
“Oui, la transmission, c'est quelque chose d'important. Surtout ici, en Polynésie, nous avons une culture orale. Aujourd'hui, on ne peut plus rester dans tout ce qui est oral. La preuve, c'est qu'on a une nouvelle génération, lorsqu'ils tapent le tō’ere, aujourd'hui, il y a des confusions. Il faut une transmission dans une justesse et aussi une facilité par rapport à la lecture. On a fait une grande recherche par rapport à nos anciens.”
Pourquoi avoir mis quatre ans pour faire cet ouvrage ?
“J'ai commencé en 2022, lorsque Heremoana me l'avait demandé. Ça fait longtemps qu'il voulait le faire, une personne avait déjà commencé et Roger Ta’ae, notre chef d'orchestre, en avait fait la demande lui aussi. Lorsqu'on fait une création, il est toujours en train d'écrire derrière. Je voulais que ça existe pour nos élèves et pour nos enfants. Pour pouvoir dire, “ce pahae, c'est comme ça”, et quand ils vont le relire ils pourront donc le refaire.”