Des milliers de vitroplants grandissent dans cette chambre de culture (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 22 mai 2026 - À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité, AOA Polynesian Forests a inauguré son laboratoire de culture in-vitro. Amorcés il y a environ un an, les premiers protocoles sur le mara, le kofai et plusieurs variétés de fougères sont “prometteurs”. Cette technique de multiplication cible les espèces végétales indigènes et endémiques qui se raréfient, dans une optique de restauration écologique des vallées polynésiennes. Une assistance technique est également proposée en faveur des plantes agricoles, horticoles, médicinales et patrimoniales.
C’est une nouvelle étape importante pour AOA Polynesian Forests, qui a inauguré ce vendredi son laboratoire de culture in-vitro implanté dans son conservatoire botanique situé à Papara, en présence de nombreux partenaires publics et privés. Ce projet a germé depuis 2023 dans le cadre des missions de l’entreprise, qui allie reforestation et sensibilisation. Une approche qui passe par la restauration écologique d’espèces végétales indigènes et endémiques : au Fenua, on compte 460 espèces uniques au monde, six disparues et 360 en danger, dont 118 en danger critique.
Pour préserver ce patrimoine naturel et culturel, AOA a mis sur pied le premier laboratoire privé de culture in-vitro dans un container aménagé. Un investissement à 20 millions de francs qui a bénéficié du soutien de l’État (Office français pour la biodiversité et Fonds vert) et de l’Union européenne (BestLife 2030), ainsi que de la TEP et de la Socredo.
C’est une nouvelle étape importante pour AOA Polynesian Forests, qui a inauguré ce vendredi son laboratoire de culture in-vitro implanté dans son conservatoire botanique situé à Papara, en présence de nombreux partenaires publics et privés. Ce projet a germé depuis 2023 dans le cadre des missions de l’entreprise, qui allie reforestation et sensibilisation. Une approche qui passe par la restauration écologique d’espèces végétales indigènes et endémiques : au Fenua, on compte 460 espèces uniques au monde, six disparues et 360 en danger, dont 118 en danger critique.
Pour préserver ce patrimoine naturel et culturel, AOA a mis sur pied le premier laboratoire privé de culture in-vitro dans un container aménagé. Un investissement à 20 millions de francs qui a bénéficié du soutien de l’État (Office français pour la biodiversité et Fonds vert) et de l’Union européenne (BestLife 2030), ainsi que de la TEP et de la Socredo.
Multiplier et conserver
Les premiers protocoles (lire encadré ci-dessous) sont développés depuis environ un an par une technicienne, Mélanie Vairaa. Ces essais-pilotes portent sur des arbres (mara, ‘uru), des arbustes (kofai) ou encore des fougères (metuapua’a, ‘amo’a, maire, ‘o’aha). “Les premiers résultats sont vraiment très prometteurs. On a encore des petits soucis à résoudre pour le mara par exemple, pour lequel on part de zéro. Pour chaque espèce ou variété, il faut adapter le protocole”, précise Élodie Cinquin, en tant que directrice scientifique. “Pour une fougère, à partir de 250 vitroplants, on monte à 2 000 ou 2 500 en chambre de culture au bout de dix mois, et déjà 1 300 qui sont sevrés. On voit le potentiel de multiplication.”
Une avancée innovante en faveur de la conservation génétique des espèces locales face aux plantes envahissantes. “C’est un pas en avant dans notre capacité à produire des végétaux”, souligne Christophe Balsan, fondateur et gérant de AOA. “Il y a des plantes qu’on n’arrive pas à multiplier dans les quantités nécessaires pour vraiment avoir un impact sur la forêt. Ce laboratoire nous permet à la fois de mener des études, de conserver ces plantes et de les multiplier pour les implanter dans la vallée de Mo’aroa, et plus largement à Tahiti et dans les îles. Si on arrive à produire des plantes indigènes ou endémiques en quantité importante, on pourra les mettre à la disposition d’autres associations qui ont des projets de reforestation. On travaille vraiment à la régénération globale en Polynésie et pour la population.”
L’inauguration s’est tenue au conservatoire botanique d’AOA à Papara.
Autres applications
Ce laboratoire a également vocation à proposer une assistance technique en faveur des acteurs du territoire concernant des plantes d’intérêt alimentaire, horticole, médicinal ou patrimonial, comme l’a illustré la présence d’agents de la Direction de l’agriculture (DAG) et de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), mais aussi de la Direction de l’environnement (Diren) ou de l’Institut Louis-Malardé (ILM).
Après de long mois de croissance, les premiers plants poursuivent actuellement leur développement en serre d’acclimatation. Les premières implantations en milieu naturel sont envisagées au premier semestre 2027. En parallèle, l’équipe de AOA Polynesian Forests compte poursuivre ses recherches en cours et en développer de nouvelles en faveur d’autres espèces. Un agrandissement du laboratoire avec l’ajout d’un second container est déjà envisagé.
La culture in-vitro, c’est quoi ?
Basée sur la capacité cellulaire des végétaux à se régénérer (totipotence), la culture in-vitro permet de produire des plantes à partir de fragments dans un milieu nutritif stérile et dans des conditions contrôlées. À chaque espèce son expiant idéal : les spores pour les fougères, le méristème pour le ‘uru, les graines, les entrenœuds, etc. Trois étapes se succèdent sur plusieurs mois : il s’agit d’abord de déterminer l’expiant et de le stériliser pour le mettre en culture dans un bocal ; puis de le multiplier grâce aux phytohormones en trouvant le bon dosage ; pour finir par le sevrage en serre d’acclimatation. Actuellement, ce sont des milliers de vitroplants qui grandissent dans une chambre de culture, où ils sont éclairés par des LED horticoles 16 heures par jour et maintenus à une température de 27 °C en moyenne. Cette méthode présente plusieurs avantages qualitatifs et quantitatifs en permettant de produire des plants sains, indemnes de virus et de bactéries, le tout massivement dans un espace réduit, en s’affranchissant des saisons et aléas climatiques. Elle offre une alternative pour les espèces difficilement reproductibles en pépinière classique.
Ce laboratoire en container permet de produire massivement dans un espace réduit.
Mélanie Vairaa, technicienne de laboratoire, et Élodie Cinquin, directrice scientifique.
La serre d’acclimatation, dernière étape avant l’implantation.