Tahiti, le 1er septembre 2026 - Quatre ans après les faits, un homme de 36 ans était jugé par le tribunal correctionnel, ce mardi, pour la mort d'un de ses collègues, survenue en mars 2022. L’homme avait été retrouvé mort après avoir été éjecté d'une voiture en marche à Papara. Le chauffard a été condamné à trois ans de prison.
C'est un homicide involontaire aux circonstances étranges qui a occupé l'audience du tribunal correctionnel ce mardi. Un homme de 36 ans y était jugé pour la mort d'un de ses collègues, survenue en mars 2022 à Papara.
Il y a plus de quatre ans, le 14 mars 2022 au petit matin, deux joggeuses tombent nez à nez avec un corps gisant au sol, sous un arbre, peu après les grottes de Mara'a à Paea, sur la commune de Papara. Le choc est grand.
La veille, une soirée réunit trois anciens collègues de travail : la victime, le prévenu – plombier de 36 ans – et un troisième homme. Les trois compères enchaînent bières et verres de rhum pendant des heures.
Au cours de cette soirée très arrosée, le trentenaire accuse la victime d'être responsable d'un problème survenu sur un chantier. Celle-ci s'en défend, mais la remarque l'agace profondément : les deux hommes se bagarrent. Après leur passage du côté des grottes de Mara'a, ils repartent en voiture vers Papara. Et de retour dans le véhicule, les choses ne se calment pas.
Au cœur du dossier : la portière côté passager, et la manière dont le corps de la victime a fini par glisser sur le macadam. “Il y a eu une bagarre. La porte s'est ouverte et la voiture s'est mise à faire des zigzags. J'ai essayé de le repousser. Je n'ai pas fait exprès. Je ne voulais pas le faire tomber. On roulait à une vitesse dangereuse”, a déclaré le prévenu, dont le permis était à l'époque suspendu en raison d'une précédente conduite en état d'ivresse.
Durant son audition devant les gendarmes, comme sous le feu des questions du tribunal ce mardi, ses réponses ont été courtes et peu compréhensibles. Le prévenu a affirmé ne pas avoir de réels souvenirs de cette nuit tragique : c'est le “black-out”, selon lui. Il a pourtant dit se souvenir être retourné auprès du corps de son collègue et avoir “paniqué” en constatant qu'il “ne réagissait pas”.
Après l'éjection de la victime, le prévenu a affirmé dans sa déposition avoir continué en voiture, passant, selon ses dires, près d'une heure à circuler phares allumés pour tenter de retrouver son passager. Il poursuit ensuite ses recherches à pied : “Après l'accident, j'ai marché dans le sens des travaux. Je l'ai cherché et je l’ai trouvé”, a-t-il dit, précisant qu'il était alors 4 heures du matin. “Je lui ai tapé dessus pour qu'il se réveille. Je suis resté à côté, je lui ai dit pardon.”
Une fuite sans appeler les secours
Le prévenu quitte ensuite les lieux, abandonnant la dépouille en bord de route sans alerter quiconque.
Le président du tribunal l'a interrogé sur ce moment où il retrouve enfin la victime, après cette heure passée à circuler en voiture puis à pied : “Vous n'appelez personne à ce moment ?” pour demander de l'aide ou signaler la mort de cet homme.
Il apparaît pourtant que cette nuit-là, bien plus tard, le prévenu a appelé le téléphone de la victime, qu'il avait laissé à son domicile – c'est la mère de celle-ci qui a répondu, inquiète de ne pas voir revenir son fils. Le prévenu ne lui a pas dit qu'il était mort, alors que la sœur de la victime l'a cherché toute la nuit. Entendue durant l'enquête, la compagne de la victime a simplement déclaré : “Je veux que justice soit faite.”
“Qui a ouvert la porte ? On ne le saura jamais. Mais monsieur fait preuve d'un certain culot. Ce qui me désole, c'est sa mauvaise foi. Ses black-outs”, a déploré la procureure lors de ses réquisitions, rappelant “une conduite dangereuse, une dispute et un coup porté au passager”.
C’est alors que l'avocate de la famille de la victime a haussé le ton : “Vous faites semblant de ne rien savoir. Si la victime est décédée, c'est sa faute, uniquement sa faute.”
“Je n'ai jamais voulu sa mort”, a fini par réagir le trentenaire, prêt à assumer sa peine. “Il a parfaitement conscience de la gravité des faits. C'était son binôme au travail et il l'appréciait”, a défendu son avocate.
Après délibérations, le tribunal a condamné le prévenu à une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme. Il sera incarcéré dans les prochains jours pour commencer à purger sa peine. Une audience pour déterminer le montant des dommages et intérêts qu'il devra verser aux proches de la victime se tiendra dans le courant du mois de janvier.
C'est un homicide involontaire aux circonstances étranges qui a occupé l'audience du tribunal correctionnel ce mardi. Un homme de 36 ans y était jugé pour la mort d'un de ses collègues, survenue en mars 2022 à Papara.
Il y a plus de quatre ans, le 14 mars 2022 au petit matin, deux joggeuses tombent nez à nez avec un corps gisant au sol, sous un arbre, peu après les grottes de Mara'a à Paea, sur la commune de Papara. Le choc est grand.
La veille, une soirée réunit trois anciens collègues de travail : la victime, le prévenu – plombier de 36 ans – et un troisième homme. Les trois compères enchaînent bières et verres de rhum pendant des heures.
Au cours de cette soirée très arrosée, le trentenaire accuse la victime d'être responsable d'un problème survenu sur un chantier. Celle-ci s'en défend, mais la remarque l'agace profondément : les deux hommes se bagarrent. Après leur passage du côté des grottes de Mara'a, ils repartent en voiture vers Papara. Et de retour dans le véhicule, les choses ne se calment pas.
Au cœur du dossier : la portière côté passager, et la manière dont le corps de la victime a fini par glisser sur le macadam. “Il y a eu une bagarre. La porte s'est ouverte et la voiture s'est mise à faire des zigzags. J'ai essayé de le repousser. Je n'ai pas fait exprès. Je ne voulais pas le faire tomber. On roulait à une vitesse dangereuse”, a déclaré le prévenu, dont le permis était à l'époque suspendu en raison d'une précédente conduite en état d'ivresse.
Durant son audition devant les gendarmes, comme sous le feu des questions du tribunal ce mardi, ses réponses ont été courtes et peu compréhensibles. Le prévenu a affirmé ne pas avoir de réels souvenirs de cette nuit tragique : c'est le “black-out”, selon lui. Il a pourtant dit se souvenir être retourné auprès du corps de son collègue et avoir “paniqué” en constatant qu'il “ne réagissait pas”.
Après l'éjection de la victime, le prévenu a affirmé dans sa déposition avoir continué en voiture, passant, selon ses dires, près d'une heure à circuler phares allumés pour tenter de retrouver son passager. Il poursuit ensuite ses recherches à pied : “Après l'accident, j'ai marché dans le sens des travaux. Je l'ai cherché et je l’ai trouvé”, a-t-il dit, précisant qu'il était alors 4 heures du matin. “Je lui ai tapé dessus pour qu'il se réveille. Je suis resté à côté, je lui ai dit pardon.”
Une fuite sans appeler les secours
Le prévenu quitte ensuite les lieux, abandonnant la dépouille en bord de route sans alerter quiconque.
Le président du tribunal l'a interrogé sur ce moment où il retrouve enfin la victime, après cette heure passée à circuler en voiture puis à pied : “Vous n'appelez personne à ce moment ?” pour demander de l'aide ou signaler la mort de cet homme.
Il apparaît pourtant que cette nuit-là, bien plus tard, le prévenu a appelé le téléphone de la victime, qu'il avait laissé à son domicile – c'est la mère de celle-ci qui a répondu, inquiète de ne pas voir revenir son fils. Le prévenu ne lui a pas dit qu'il était mort, alors que la sœur de la victime l'a cherché toute la nuit. Entendue durant l'enquête, la compagne de la victime a simplement déclaré : “Je veux que justice soit faite.”
“Qui a ouvert la porte ? On ne le saura jamais. Mais monsieur fait preuve d'un certain culot. Ce qui me désole, c'est sa mauvaise foi. Ses black-outs”, a déploré la procureure lors de ses réquisitions, rappelant “une conduite dangereuse, une dispute et un coup porté au passager”.
C’est alors que l'avocate de la famille de la victime a haussé le ton : “Vous faites semblant de ne rien savoir. Si la victime est décédée, c'est sa faute, uniquement sa faute.”
“Je n'ai jamais voulu sa mort”, a fini par réagir le trentenaire, prêt à assumer sa peine. “Il a parfaitement conscience de la gravité des faits. C'était son binôme au travail et il l'appréciait”, a défendu son avocate.
Après délibérations, le tribunal a condamné le prévenu à une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme. Il sera incarcéré dans les prochains jours pour commencer à purger sa peine. Une audience pour déterminer le montant des dommages et intérêts qu'il devra verser aux proches de la victime se tiendra dans le courant du mois de janvier.