Tahiti, le 1er février 2026 - Ce dimanche matin, à Motu Uta à Papeete, la Fédération tahitienne de triathlon a lancé son premier événement de l’année. Et c’est par un nouveau duathlon sur route que les athlètes ont repris la compétition. Sous une grosse chaleur et avec un vent déstabilisant, ce nouvel événement avait pour but de relancer une saison qui s’annonce décisive pour les Jeux du Pacifique. Sur le parcours S, c’est Théophile Sery qui a signé une très belle performance en 58’ 31’’ 86, tandis que chez les femmes, Pauline Moreau a tenu la dragée haute à de nombreux homologues masculins et boucle le parcours en 1 h 06’ 25’’ 63.
C’est la période des reprises. Toutes les fédérations du pays relancent leurs compétitions dans une année décisive en vue des Jeux du Pacifique 2027. Sélections, entraînements, stages : tous les athlètes, dans toutes les disciplines, qui représenteront le Fenua savent que la dernière ligne droite est lancée. Et le triathlon n’est pas en reste. Pour cette discipline particulièrement exigeante, l’année 2026 sera primordiale dans la préparation des Jeux du Pacifique.
“On a une grosse année qui nous attend, avec plusieurs moments importants. Nous allons annoncer une pré-liste d’ici quinze jours à trois semaines. Avec ce groupe, nous allons organiser des stages sur quelques week-ends pour préparer un événement majeur de la saison : le Test Event, qui se déroulera à Moorea le 29 août. Ce sera un test grandeur nature, car il y aura les autres fédérations océaniennes présentes, ce qui permettra à nos athlètes de se confronter à leurs futurs adversaires. Il y aura aussi plusieurs courses sur le territoire ou à l’étranger qui compteront pour déterminer la liste finale. Ce n’est qu’au premier trimestre 2027 que la liste des sélectionnés sera dévoilée”, explique Romain Antoine, cadre technique de la fédération.
Et quoi de mieux pour commencer une année pré-Jeux du Pacifique qu’un duathlon ? Qui plus est sur un nouveau parcours, permettant aux minimes, cadets et juniors d’atteindre les temps nécessaires pour une qualification aux championnats de France.
“C’est une première. Cela nous permet de commencer par un format plus léger que le triathlon, car il n’y a que du vélo et de la course à pied. Mais l’objectif était aussi de proposer un format de course sur route correspondant à une épreuve sélective pour les championnats de France.”
Théophile Sery chez les hommes, Pauline Moreau chez les femmes
Un championnat de France auquel Théophile Sery, grand vainqueur de cette course S, ne pourra toutefois pas participer. “J’ai vu mon temps et je n’ai pas réussi à atteindre les minima pour la qualification aux championnats de France. Mais ce n’est pas grave, j’ai pris énormément de plaisir et c’était le principal.”
D’autant que cette course, disputée sous une chaleur étouffante et face à des concurrents de haut niveau, a démontré que Théophile est un grand champion. Accroché tout au long de l’épreuve par l’expérimenté Teva Poulain, le jeune athlète n’a jamais rien lâché malgré les conditions climatiques.
“Ça a été très difficile. Entre la chaleur et le vent, ce n’était pas simple. J’ai pris mon rythme sur le premier tronçon de course à pied avec Teva, car je trouvais qu’il avait un bon tempo. Noé (Delbreil) est parti vite et était devant, mais je le connais bien et je savais qu’en vélo, je récupèrerais mon retard. Ensuite, il a fallu faire face au vent et à Taruia (Krainer), qui est un champion du vélo. Mais on s’est bien relayés avec Teva et, sur la dernière partie en course à pied, j’ai réussi à garder la tête.”
Un parcours exigeant : 5 km de course à pied pour débuter (deux boucles de 2,5 km), 19 km de vélo, puis encore 2,5 km de course à pied pour boucler ce premier duathlon de l’année. Une épreuve qui a également donné du fil à retordre à la première féminine, Pauline Moreau. Spécialiste de la course à pied et novice à vélo, Pauline a montré de belles qualités et une grande force de caractère face à de nombreux participants masculins. Elle se classe à une très prometteuse seizième place au scratch, non loin de certains spécialistes.
“C’était mon premier duathlon, donc je suis partie un peu dans l’inconnu. Chez les filles, nous n’étions pas nombreuses. Heureusement, le drafting hommes/femmes (technique utilisée par les athlètes pour économiser de l’énergie en suivant de près un autre concurrent) était autorisé, ce qui nous a bien aidées. Je suis partie avec Amandine (Matera), mais elle m’a lâchée en course. J’ai réussi à la garder en visuel à vélo en m’accrochant à certains groupes de cyclistes durant les huit tours. J’ai essayé d’assurer sur les parties course à pied, car c’est ma spécialité, et je savais que sur la dernière, je pouvais encore faire des efforts pour rattraper mon retard.”
Des athlètes déjà prêts pour les futures échéances et qui ont tous en tête un objectif bien précis : les Jeux du Pacifique 2027 à Tahiti.