Trump annonce "réduire considérablement" des exercices militaires avec la Corée du Sud


Séoul, Corée du Sud, le 17 août 2026. Donald Trump a annoncé "réduire considérablement" la participation des Etats-Unis aux manoeuvres militaires annuelles avec la Corée du Sud avant leur coup d'envoi lundi, invoquant en particulier sa "très bonne relation" avec Kim Jong Un.


Mais les autorités sud-coréennes ont précisé que ces exercices avaient commencé "comme prévu", Séoul espérant dans le même temps que l'entente personnelle entre le président américain et le dirigeant nord-coréen conduira à "un dialogue constructif" propice à des négociations.

L'édition 2026, programmée pour durer 11 jours, doit notamment prendre en compte l'expérience acquise par les forces nord-coréennes aux côtés des Russes sur le front ukrainien.

L'annonce de M. Trump, dimanche, sur sa plateforme Truth Social, s'inscrit dans la longue liste des camouflets qu'il a infligés à des alliés historiques de Washington depuis son retour à la Maison Blanche en 2025.

Déjà, au cours de son précédent mandat, après sa première rencontre avec Kim Jong Un en juin 2018 à Singapour, il avait dit que les Etats-Unis suspendraient les manœuvres "provocatrices" avec la Corée du Sud.

"La Chine et la Russie observent avec quelle facilité le président abandonne les alliés de l'Amérique et elles s'en souviendront la prochaine fois qu'elles nous mettront à l'épreuve", a à cet égard réagi lundi le sénateur américain Jack Reed, le principal membre démocrate de la commission des forces armées, qui a qualifié cette décision de "stupide et incohérente".

Dans son message, Donald Trump explique avoir ordonné au secrétaire à la Défense Pete Hegseth de "réduire considérablement" les exercices américano-sud-coréens car il était trop tard pour les annuler. Il a jugé qu'ils étaient "coûteux" et qu'ils adressaient "un signal totalement inapproprié et hostile" à la Corée du Nord.

Un pays qui, "depuis que Donald Trump est président, s'est montré non menaçant et respectueux", a-t-il ajouté à la troisième personne.

Près de 50.000 soldats

Baptisés "Ulchi Freedom Shield", ces manoeuvres annuelles doivent en principe mobiliser 18.000 militaires sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28.500 hommes présent en Corée du Sud.

Rendez-vous estival régulier pour les armées sud-coréenne et américaine, ces exercices sont conçus pour renforcer la défense contre la Corée du Nord, qui est dotée de l'arme nucléaire et qui multiplie les essais de missiles.

Ces manoeuvres devaient être placées cette année sous le signe de l'aguerrissement dont les soldats envoyés par Pyongyang ont bénéficié sur le front ukrainien, dans le cadre d'un rapprochement stratégique avec Moscou.

"Ils en ont tiré des enseignements et les ont rapportés en Corée du Nord", avait averti le 10 août le colonel Ryan Donald, le porte-parole du Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes.

"Cela modifie les capacités de la RPDC (la République populaire démocratique de Corée, ndlr) et notre entraînement prend en compte cette menace", notamment en matière d'usage de drones, de cyberattaques et de brouillage GPS, avait ajouté l'officier.

Le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à dépêcher entre 30.000 et 50.000 militaires supplémentaires pour appuyer l'armée russe, sans fournir l'origine de ces chiffres ni dire précisément quand cela pourrait se passer.

Dimanche, les médias d'Etat nord-coréens ont souligné que Kim Jong Un s'était dit "fier" de sa relation avec la Russie, dans une lettre au président Vladimir Poutine.

Trump s'entend "TRES BIEN" avec Kim

Sur Truth Social, Donald Trump a également argumenté la réduction qu'il a annoncée de la voilure américaine par la non-participation de la Corée du Sud aux opérations militaires américaines contre l'Iran.

"J'ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s'ils (les Sud-Coréens) voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d'Iran et ils ont dit +Non merci!+", a écrit le président américain.

Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, son homologue sud-coréen Lee Jae Myung a pris le contrepied de son prédécesseur, connu pour sa fermeté, depuis qu'il a pris ses fonctions en juin 2025, proposant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables. 

Mais les autorités de Corée du Nord n'ont pour l'instant pas donné suite à ces offres répétées.

Interrogé sur la reprise du dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, le ministère chinois des Affaires étrangères a de son côté répondu lundi avoir "pris note des informations à ce sujet".

"Le maintien de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne ainsi que la promotion d’un règlement politique" dans cette région "relèvent de l’intérêt commun de toutes les parties", a souligné son porte-parole  Lin Jian. 

Le président de Taïwan Lai Ching-te a pour sa part annoncé lundi un projet de dépenses de défense record pour 2027, face à une pression militaire croissante de la part de la Chine.

Samedi, Donald Trump avait diffusé sur Truth Social une image le montrant aux côtés de Kim Jong Un en 2019, accompagnée du commentaire : "Kim Jong Un et moi, nous nous entendons TRES BIEN !"

La Corée du Nord, qui voit dans ces manoeuvres une répétition en vue d'une1invasion de son territoire, avait tiré mercredi un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation.

Rédigé par AFP le Lundi 17 Aout 2026 à 10:04 | Lu 70 fois