Tahiti, le 19 février 2026 - Trois hommes d’une vingtaine d’années ont été condamnés, ce jeudi, pour des vols de scooters en récidive et délits de fuite. Déjà condamnés pour des faits similaires, ils ont reconnu avoir volé ces véhicules pour faire des “promenades” et du “wheeling à scooter”.
Le tribunal correctionnel de Papeete a examiné ce jeudi une affaire de vols de scooters en récidive et délits de fuite, pour laquelle trois jeunes hommes comparaissaient.
Né en 2003, le premier prévenu, sorti de prison en novembre 2025, a repris le chemin de la détention immédiatement après le jugement. Il comparaissait sous sursis probatoire depuis sa sortie de prison. Déjà connu de la justice pour dix condamnations, notamment pour récidive, vol par ruse et vol aggravé, il était jugé pour quatre vols commis au cours du mois de février sur les communes de Pirae et Punaauia.
Cet habitant de Faa'a a été reconnu le 10 février grâce à une caméra de vidéosurveillance, après qu’une des victimes a signalé la disparition de son scooter. Le véhicule n’avait pas été égaré : le prévenu était parti avec. “Il a volé le scooter d’une manière simple en démarrant au kick. On sait que les scooters sont fragiles sur l’île”, a rappelé le substitut du procureur Cyril Gory. Le scooter, estimé à 400 000 francs, avait été revendu pour la somme de 30 000 francs.
Le même jour, il a volé un autre scooter qu’il a ensuite offert à un ami “pour faire du wheeling à scooter”, autrement dit du “cross-bitume” une pratique qui consiste à rouler vite et sur la roue arrière, courante en métropole et aux États-Unis, a-t-il expliqué à la barre. Cet ami est également jugé pour recel. Déjà condamné pour onze délits, il avait rencontré le premier prévenu en prison.
Le président de l’audience du 19 février a qualifié ce premier prévenu de personne “tellement ancrée dans la délinquance qu’il est difficile de l’en faire sortir”, ajoutant que son mode de pensée était inquiétant.
“Vous l’avez volé à un voleur”
Un autre vol impliquait un troisième homme, jugé le même jour pour avoir dérobé un scooter lui-même volé par le premier prévenu. “Donc, vous l’avez volé à un voleur”, a immédiatement relevé le président de l’audience, ce qui a amusé une partie de la salle.
Âgé de 25 ans et déjà condamné à huit reprises, une condamnation par an, il devait initialement acheter le scooter pour 10 000 francs, mais a finalement décidé de le voler. “Je l’ai essayé et je suis parti avec”, a-t-il déclaré.
Dans cette affaire, les victimes des vols de scooters réclament un préjudice matériel compris entre 100 000 et 380 000 francs, ainsi qu’un préjudice moral allant de 120 000 à 325 000 francs.
Lors de ses réquisitions, le procureur a demandé la révocation du sursis probatoire des prévenus et requis 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour l’auteur des quatre vols, six mois d’emprisonnement pour son ami à qui il a offert un scooter et neuf mois de prison ferme pour le troisième individu jugé. “Ce sont des personnes qui ne travaillent pas, qui volent des personnes qui travaillent”, a déploré le substitut du procureur.
L’avocate des trois prévenus a uniquement demandé un aménagement de peine pour le dernier, sous la forme de travaux d’intérêt général, soulignant que “ça n’a pas été tenté sur lui”.
À l’heure où nous mettions sous presse, ce jeudi, le tribunal n’avait toujours pas rendu son délibéré.