Top départ pour le Fifo 2026


Tahiti, le 6 février 2026 - à l'agenda. Depuis vendredi 6 février et jusqu'au 15 février, Tahiti vit au rythme du Fifo, le Festival international du film documentaire Océanien. Pour cette 23ᵉ édition, l’événement s’installe à Te Fare Tauhiti Nui, la Maison de la culture de Papeete et en ligne.
 
Les projections sont ouvertes à partir de mardi 10 février jusqu’à la clôture du festival, le 15 février. Au total, le Fifo a reçu 178 films documentaires et cinquante films de fiction, mais seul dix films en compétition, 15 films hors compétition, sept courts-métrages documentaires et 12 courts-métrages de fiction ont été retenus. Lors de la cérémonie d'ouverture, lundi, le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a rappelé que cette édition est dédiée à Mareva Leu, ancienne déléguée générale du festival, disparue en novembre dernier.
 
Durant ces deux semaines, le Fifo se décline en plusieurs temps forts : films en compétition, hors compétition, fenêtre du court, fictions océaniennes, mais aussi ateliers, master class et tables rondes.
 
À l’issue du Fifo, les lauréats et films coup de cœur seront décernés par un jury présidé par Aaron Sala et composé de Fabienne Hanclot, Delphine Ollier-Vindin, Anusha Duray, Lucile Guichet, Stephen Stehlin et Tuarii Tracqui. Le grand prix Fifo – France Télévisions, c’est 500 000 francs, puis 200 000 francs chacun pour les deux spéciaux du jury, 300 000 francs pour le vote du public et 100 000 francs pour le meilleur court-métrage de fiction et pour le documentaire. Et cette année, une nouvelle récompense sur le développement durable, nommée “Prix de demain”, sera décernée par France Télévisions. “Résolument tourné vers le monde. La promesse du Fifo, c’est que la culture n’est pas un luxe mais une boussole”, a soutenu Paul Léandri, chef de mission aux affaires culturelles du haut-commissariat de la République en Polynésie française.
 
Former la jeunesse, pilier du festival
 
Au-delà des films, c’est surtout la jeunesse qui est engagée et placée au cœur de cette édition. Le premier lundi du festival leur était entièrement dédié. “La jeunesse fait vraiment partie du cœur du Fifo. Pouvoir éduquer, ouvrir les esprits”, a insisté Mariama Bono, présidente de l’association Fifo.
 
Un public jeune qui se reconnaît dans certaines histoires, autour de grands enjeux contemporains : identité, langue, culture, menaces environnementales, mais aussi, depuis plusieurs années, les pressions liées à la drogue et aux dépendances.


Via les scolaires, près de 6 000 élèves seront accueillis tout au long du festival. “Ça sert à les faire se questionner sur ce qu’est la culture océanienne”, explique Laura Théron, déléguée générale du Fifo. “Ils vont rencontrer un réalisateur, découvrir un métier. Le documentaire donne la parole aux jeunes, ça les invite à débattre et penser autrement, à mettre un pied à l’étrier.” Plusieurs centaines d’étudiants participent également aux projections et aux rencontres.
 
Pour une vingtaine de stagiaires, le Fifo est aussi une opportunité de formation. L’an passé, ils n’étaient que douze. Un chiffre qui témoigne de l’intérêt des jeunes pour les métiers de l’audiovisuel.
 
Les stagiaires sont tous élèves à l'institut supérieur de l'enseignement privé de Polynésie (Isepp). “C’est une belle occasion de se former”, a confié Mariama Bono, elle-même déléguée générale du Fifo il y a quinze ans.
 
D’autres collaborations existent, comme avec le Centre des métiers d’art. Chaque année, les trophées remis lors de la cérémonie de clôture sont réalisés par les élèves du CMA. Aujourd’hui encore, les derniers coups de pinceaux sont apportés.

Des films qui résonnent chez les jeunes
Pour Curtis Oopa, Hanaiti Papara et leurs collègues stagiaires, étudiants en information-communication, le Fifo est leur façon de partager leurs histoires et leur capacité à vivre dans l’océan. “Ce stage va me permettre de m’orienter dans l’audiovisuel. C’est top le Fifo parce que tu redécouvres toutes les cultures qu’on a dans le Pacifique”, raconte Curtis, natif de Papeete âgé de 18 ans et heureux de travailler en équipe pour le festival.
 
Son film coup de cœur, Papa Tom, From the Seas to the Stars (23 minutes), retrace le parcours de Papa Tom Davis, navigateur traditionnel, premier scientifique du Pacifique à avoir travaillé avec la Nasa. Le documentaire a été tourné aux îles Cook et à Aotearoa.
Du côté de Hanaiti Papara, c’est Pākehā qui a trouvé une place particulière dans son cœur. “Pākehā, c’est une histoire forte, où une jeune femme est en te reo māori, en cours de māori, mais elle est mise de côté pour sa couleur de peau. Il y a un message de soutien et féministe que j’aime bien”, raconte la jeune femme, sans en dire davantage.
 
“C’est important les films, ça image les émotions et beaucoup de choses sont représentée”, conclut l'étudiante en troisième année.

Pratique :
Les pass pour les projections des films en présentiel sont disponible à Te Fare Tauhiti Nui – Maison de la Culture et en ligne (www.fifotahiti.com), du 10 au 15 février. Entrée gratuite - 26 ans. Visionnage en ligne sur le site numérique du Fifo à partir de 500 XPF, du 10 au 22 février.

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 9 Février 2026 à 16:39 | Lu 519 fois