Tema’e “l'intérêt public prime sur l'intérêt privé”


Tahiti, le 2 février 2026 – Pour A Here ia Moorea Maiao “l'intérêt public prime sur l’intérêt privé”. À Tema’e A Here ia Moorea Maiao considère que “le Tavini ne pourra pas faire grand-chose” et que Moetai Brotherson a “tout simplement abandonné” les opposants au projet hôtelier.
 
La liste A Here Ia Moorea Maiao menée par Alain Bonno, bien connu à Moorea pour le combat qu’il a mené pour Toatea, assure que “l’écoute de la population” est importante. Pas question pour A here ia Moorea Maiao que les décisions se prennent de façon verticale, soit du haut vers le bas, mais bien de façon horizontale.
 
“C'est l'intérêt collectif, l'intérêt de la population qui prime. C'est le nunaa qui décide”. A Here Ia Moorea Maiao veut “remettre l'humain au centre des débats”.
 
Tema’e : “le Tavini ne pourra pas faire grand-chose”
 
Alain Bonno rappelle que “le seul site reconnu et officiel” comme plage publique est Tahiamanu. “Celle de Ti‘ahura est en sursis. On nous parle d'un projet de camping de luxe”, précise-t-il. “Temae est le site idéal (…). Il y a une emprise foncière réservée pour un projet de jardin public de 3,2 hectares (…) inscrite sur le plan général d'aménagement depuis 2013” et qui ne pouvait pas basculer dans le domaine privé. “C'est juste une histoire de décision et de volonté politique”, insiste Alain Bonno. Il assure qu’il faut que le Pays signifie au groupe Wane sa volonté de mettre en place ce jardin et acquière le foncier.
 
Il considère avoir été “tout simplement abandonné” par Moetai Brotherson : “Le Tavini ne pourra pas faire grand-chose sur le sujet (…). On devait rencontrer Moetai en juillet-août (…) on l'a relancé mais (…) il n'y a plus personne.”
 
C’est une des raisons pour lesquelles son équipe et lui se sont constitués pour candidater aux municipales de l’île sœur, “puisque dans ces affaires politisées (…) on ne peut pas faire avancer la pirogue sur des caps où, encore une fois, l'intérêt public prime sur l'intérêt privé”.
 
Le transport : “une discrimination de traitement”
 
“La problématique du transport est un sujet qui revient très souvent sur la table” indique Alain Bonno, qu’il s’agisse du terrestre ou du maritime. Il dénonce le “gros souci de sécurité pour nos enfants (…) c'est intolérable que le [transport scolaire] ne soit pas traité plus sérieusement”.
 
Pour le transport public, il rappelle la “particularité”. “À Tahiti quand un bus part de Vairao et traverse les communes pour aller à Papeete, le Pays intervient et donne des subventions. Ici, on est considérés comme une seule commune”. Il faut une adaptation des textes qui sont “obsolètes” pour “faciliter les choses. Le pourtour de l'île fait 60 kilomètres je ne connais pas une commune à Tahiti qui fasse 60 kilomètres de littoral”, insiste-t-il.
 
De même, “il y a une discrimination de traitement” dans le transport maritime assure Alain Bonno entre les élèves qui prennent la navette rapide “avec des fréquences journalières bien plus importantes” et celles “moins rapides avec des rotations en nombre moins importants”.
 
Le “passe unique” va permettre aux élèves de prendre “le bateau qui leur convient” précise Alain Bonno, charge ensuite aux armateurs de se faire rembourser par la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE). “Nos enfants ne doivent pas être les otages de décisions qui ne sont pas prises de manière claire et précise.”
 
La liste qu’il conduit compte engager une discussion avec le Pays, les armateurs, et les associations des parents d’élèves. “L'amplitude pour les enfants entre le réveil et le coucher est énorme et ce n’est pas acceptable. Les élèves ne vont pas en vélo à l'école ici.”
 
Epic Te Ito Rau no Moorea : “Il y a des consommateurs qui ne payent pas leurs factures”
 
Alain Bonno et son équipe comptent assainir les comptes” de l’Epic Te Ito Rau no Moorea : “On sait qu'il y a plus de 1 000 compteurs derrière lesquels il y a des consommateurs qui ne payent pas leurs factures, c'est problématique. C'est pareil pour l'eau, les poubelles…”
 
Il pointe du doigt le fait que le maire sortant, Evans Haumani, ait pris la décision de mettre en place cet Epic “dans le but de rendre moins chère l'électricité pour les habitants. Mais ce n'est pas le cas. Il faut peut-être rectifier le tir et, encore une fois, ça se discute avec les consommateurs”.
 
La tête de liste de A here ia Moorea Maiao rappelle qu’un Epic “n’est pas là pour se faire de l’argent” mais pour “avoir une gestion la plus saine possible”.
 
La tête de liste de A Here ia Moorea Maiao explique que les dimensions du Carrefour Moorea seront semblables à celui situé à Arue. Il y a actuellement le défrichage d'une forêt de pūrau. Le projet propose de remplacer cet espace par du béton” tandis que l’infrastructure routière n'est pas du tout adaptée”.
 
Le candidat rappelle que l’Autorité polynésienne de la concurrence s’est saisie du dossier et concernant l’emploi “a émis un avis défavorable car il crée de l'emploi, mais détruit l'emploi d'à côté. Au final, il y a un déplacement des effectifs, en nombre, vers un autre pôle d'activité. Donc il n'y a pas de création d'emploi”.
 
“Les élus peuvent facilement se positionner derrière” cet avis, dit-il, en rappelant que les visiteurs viennent surtout à Moorea pour “l'authenticité de l'île”.
 
“Recréer le lien avec les associations”
 
Alain Bonno rappelle que les administrés “participent aux indemnités des élus” et qu’à ce titre ils doivent “avoir un droit de regard” sur les affaires de la commune sans être obligés “d'utiliser la voie judiciaire”. Il regrette qu’“il n'y [ait] jamais eu de solution à l'amiable. Tout ce qu'on a obtenu (…) c'est le fruit de combats judiciaires” avec le tāvana sortant.  
 
Cette équipe veut “recréer le lien avec les associations pour (…) ensemble trouver des pistes de solutions. On travaille avec et pas contre et on prend des décisions collégiales”. Et pourquoi pas mettre en place un conseil des jeunes ou des sages qui pourraient être invités à assister aux conseils municipaux, indique Alain Bonno. Cela leur éviterait “d’aller chercher l'information au sein des instances judiciaires”.
 
“On a le secteur agricole, la filière générale”, pourquoi une “filière de la mer” ?
 
A here ia Moorea Maiao souhaite “permettre aux familles de voir leurs enfants suivre un cursus scolaire depuis la maternelle jusqu'au lycée”. Mais Moorea a des “établissements très vieillissants (…) celui de Afareaitu qui est à 200 m du bureau du maire a 50 ans d'âge et est dans une vétusté incroyable”. Cette vétusté est selon lui une des raisons pour lesquelles le décrochage scolaire est énorme à Moorea.
 
Après la seconde, et la première, le lycée de Opunohu devrait ouvrir une terminale. 
“Est-ce que la solution c'est d'agrandir ce site ?” demande-t-il. Le ministère de l’Agriculture et celui de l’Éducation travaillent ensemble, ce qui fait selon lui que “les forces sont conjuguées (…) les moyens sont mutualisés et l'effort supporté par les deux ministères peut être intéressant et faciliter les choses” : “On a le secteur agricole, on a la filière générale. Est-ce qu'il ne faut pas la compléter par une autre filière dédiée à la mer (…) ? Nous pousserons la candidature de Moorea pour héberger le lycée de la mer.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 3 Février 2026 à 09:22 | Lu 795 fois