Tahiti, le 29 mars 2026 - Ce dimanche matin à Hitia’a avait lieu une course cycliste de 82 km. Haut lieu du cyclisme polynésien, la côte est reste un terrain de jeu et de performances pour les amoureux de la route. Avec un nouveau tracé, la Fédération tahitienne de cyclisme continue d’innover pour maintenir une émulation dans son peloton et de l’intérêt pour le vélo au Fenua. Entre dénivelé et plat, les 37 coureurs présents ont pris beaucoup de plaisir malgré des conditions climatiques pas toujours évidentes. Une bonne préparation en vue des futures échéances internationales. Chez les hommes, Taruia Krainer a franchi la ligne d’arrivée en tête en 2 h 01’ 55’’ après un duel intense à trois. Chez les femmes, Kylie Crawford s’impose en 2 h 23’ pour son retour à la compétition.
Le temps n’était pas forcément de la partie, ce dimanche, sur la route de la côte est de Tahiti. Peu importe lorsque l’on aime le vélo : il faut savoir affronter toutes les conditions climatiques. Qui plus est, à presque un an des Jeux du Pacifique, les futurs représentants du Fenua ont besoin de se tester dans toutes les conditions. C’est face à ce constat que la Fédération tahitienne de cyclisme (FTC) met en place des courses différentes et variées qui vont permettre aux coureurs de s’adapter à n’importe quelles conditions et surtout d’être performants le jour J. “On essaie beaucoup d’innover dans nos formats de course, car on approche de certaines échéances internationales dans lesquelles on va retrouver ce genre de format. Les championnats des DOM-TOM vont bientôt arriver, ce sera aussi un circuit avec un peu de dénivelé. On va aussi partir aux Oceania où les arrivées seront difficiles, donc c’était intéressant de mettre les coureurs dans des conditions similaires”, explique Hervé Arcade, cadre technique de la fédération.
L’arrivée au collège de Hitia’a est un bel exemple de finish sur une côte longue et raide, rien de mieux pour travailler : “Aujourd’hui, entre l’arrivée sur pente raide et difficile et le travail tactique d’une course en circuit qui permet de voir où sont les adversaires, les coureurs ont bien travaillé. Ça leur a permis aussi de se jauger, car ce sont des courses plus rythmées et du coup, cela entraîne des moyennes plus conséquentes.”
Les Oceania et le Tour de Guyane en ligne de mire
Avec un départ groupé, où toutes les catégories étaient présentes, le parcours longeait donc la côte est sur 41 km sur la route principale, avec un départ de Hitia’a jusqu’à la marina Cowan, puis demi-tour jusqu’à Papeno’o PK 18 et retour jusqu’à Hitia’a pour refaire encore cette boucle et terminer par la fatidique montée du collège. Un parcours de 82 km pas facile, car les conditions climatiques sont venues perturber les athlètes. Vent et pluie ne font pas bon ménage pour les rouleurs, mais n’ont pas gâché le plaisir des participants. “C’était vraiment une bonne course car elle était innovante. Il y a pas mal de petites bosses qui cassent le rythme et qui permettent donc de créer déjà des petits groupes. Avec les cinq copains (Taruia Krainer, Toareva Parker, Medhi Gabrillargues, Teva Poulain et Gwenvael Ronsin-Hardy, NDLR), on a donc profité de ces éléments pour faire un premier break sur la montée de Nivée. Après le demi-tour au PK 18, on était bien dans le rythme, donc ça a lâché un peu derrière. Après, quand on s’est rapprochés de l’arrivée, on s’est un peu regardés pour voir qui allait partir et dans la montée, moi j’ai eu des crampes et ce sont Medhi (Gabrillargues) et Taruia (Krainer) qui ont assuré pour finir la course”, confiait Kahiri Endeler, troisième à l’arrivée de cette course.
Outre le classement, cette étape était importante dans la préparation des futures compétitions internationales. “On connaît notre objectif principal : ce sont, bien entendu, les Jeux. On travaille maintenant depuis un an pour ça, mais c’est vrai que cette année et le début de l’année prochaine vont être importants. On a beaucoup d’entraînements collectifs et individuels. On a fait les Oceania de VTT (où Kahiri a remporté la médaille d’argent) il y a trois semaines et là, on repart pour ceux de route au même endroit en Australie. C’est une grosse saison avec aussi le Tour de Guyane, mais il faut bien ça pour être performant aux Jeux car c’est chez nous et on veut rendre fier le pays.”
Un état d’esprit partagé par le champion du jour, Taruia Krainer : “C’est sûr que les Jeux, c’est l’apogée de plusieurs années de préparation. C’est chez nous et on veut ramener un maximum de médailles. Mais avant ça, on a des échéances importantes qui vont nous permettre de travailler. Les Oceania en Australie s’annoncent comme une grosse épreuve. Il y aura les équipes continentales, des coureurs qui viennent d’Europe, d’Australie, il va y avoir un très gros niveau. En plus de ça, le circuit est difficile avec plus de 2 500 mètres de dénivelé positif sur 140 km. Je l’ai fait en 2024, je sais où je mets les pieds et je me suis entraîné pour ça. Après, en août, on ira au Tour de Guyane. Dix jours de course, c’est intense. Mais c’est vraiment intéressant pour nous car ça nous permettra de prendre de la caisse en vue du Tour de Tahiti et des futures courses.”
Chez les filles, le retour de la championne Kylie Crawford après une opération des cervicales fait plaisir à voir et donne de l’espoir pour de futurs exploits : “C’était une course difficile, surtout pour une reprise. Mais je me suis accrochée. Le principal pour l’instant, c’est de retrouver des sensations et que le mental soit là. Le vélo est un sport exigeant et je sais que la route est encore longue, mais je vais m’entraîner et travailler dur pour être là en 2027.”
Avec une telle préparation et de tels enjeux, le cyclisme polynésien va faire des étincelles et sera sûrement une valeur sûre pour les prochains Jeux du Pacifique.