Sursis pour l'incendiaire de Mahina


Tahiti, le 21 avril 2026 - Une femme de 42 ans atteinte de déficience intellectuelle et victime de maltraitance conjugale a été jugée mardi en correctionnelle pour avoir mis le feu dans la maison de son mari en présence de leurs trois enfants. Si elle a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, son époux, jugé pour l'avoir frappée, a pour sa part écopé d'un an de prison avec sursis.
 
Le tribunal correctionnel s'est penché mardi sur le cas d'une mère de famille âgée de 42 ans qui était poursuivie pour avoir mis le feu à son domicile le 21 février 2024 à Mahina et pour avoir ainsi exposé ses enfants à un “risque immédiat de mort ou d'infirmité”. L'ex-mari de la quadragénaire comparaissait à ses côtés pour répondre de violences commises le même jour.
 
Le jour des faits et alors qu'elle rentrait de son travail, la prévenue avait commencé à se disputer avec son conjoint au sujet de son ancienne et importante consommation d'alcool. L'homme avait alors commencé à l'insulter et à lui reprocher une infidélité datant de pas moins de 18 ans. Il l'avait ensuite violentée en lui tirant notamment les cheveux et en la poussant. Après avoir mis des coups de bois à son mari et alors que la scène s'était déroulée sous les yeux de l'un de leurs trois enfants, elle avait saisi un bidon d'essence qu'elle avait répandu dans la chambre conjugale et avait ensuite mis le feu. Si elle et son mari avaient subi des brûlures, le feu avait rapidement été maîtrisé et leurs enfants sauvés.
 
Un acte “effroyable”
 
Diagnostiquée comme ayant une déficience intellectuelle et présentant le niveau d'une enfant de “9 à 12 ans” selon les experts, la prévenue a expliqué à la barre du tribunal mardi qu'elle avait voulu en finir car elle ne supportait plus que son mari la contraigne à avoir des rapports sexuels depuis de nombreuses années au prétexte qu'elle l'avait trompé au début de leur relation. La mère de famille, désormais hébergée dans un foyer, a également expliqué qu'avant les faits, elle avait tenté de se pendre à trois reprises.
 
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a évoqué une affaire “particulièrement gravissime” dans laquelle la prévenue, une femme “désespérée”, a commis un acte “effroyable” qui aurait pu coûter la vie à ses enfants dont l'un est gravement handicapé. Avant de requérir trois ans de prison avec sursis probatoire pendant deux ans à son encontre, elle a cependant demandé au tribunal de tenir compte des souffrances endurées par la quadragénaire et de sa déficience. Elle a par ailleurs requis deux ans de prison dont un avec sursis probatoire pendant deux ans à l'encontre du prévenu. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné la femme à trois ans de prison avec sursis dont deux ans de sursis probatoire et un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour son ex-mari.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 21 Avril 2026 à 15:54 | Lu 417 fois