Concernant le projet de loi du Pays visant le changement d'indice, le Cesec a adopté un avis défavorable à l'unanimité.
Tahiti, le 22 janvier 2026 - Réuni ce jeudi à Papeete pour sa première séance plénière de l’année, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) s’est prononcé sur le projet de loi du Pays portant modification des modalités de fixation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig). À l’issue des débats, l’institution a adopté un avis défavorable à l’unanimité, par 45 voix.
Le texte soumis par le gouvernement à l’examen par les représentants de la société civile, ce jeudi, propose de remplacer l’indice général des prix à la consommation (IPC) par l’indice ouvrier (ICO) comme référence pour la revalorisation automatique du Smig. L’objectif affiché est de mieux prendre en compte la structure de consommation des ménages modestes, plus exposés aux dépenses essentielles comme l’alimentation, le logement ou l’énergie.
Sur le principe, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) reconnaît que cette intention est compréhensible. L’indice ouvrier est en effet davantage centré sur les dépenses des foyers dont les revenus sont proches du Smig. Mais dans son avis, l’institution estime que ce changement resterait largement symbolique et n’aurait qu’un impact très limité sur le pouvoir d’achat.
Les simulations présentées dans l’exposé montrent qu’un changement d’indice appliqué rétroactivement sur la période 2004-2025 aurait conduit à une hausse cumulée de 3 376 francs brut par mois, soit 153 francs par an en moyenne. Un gain jugé trop faible pour justifier une réforme du cadre réglementaire. Le Cesec alerte également sur le risque que ce nouveau mode de calcul entraîne des revalorisations automatiques moins fréquentes, ce qui pourrait, à terme, pénaliser les salariés les plus modestes.
Autre point de réserve : le remplacement de l’indice général par l’indice ouvrier ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des ménages et de leurs modes de consommation.
Une réforme trop limitée
Les échanges en séance ont rapidement dépassé le cadre strict du projet de loi. Avaiki Teuiau, la secrétaire générale de A ti'a i mua, a rappelé qu’“on ne peut pas se baser uniquement sur une catégorie de la population pour définir un salaire qui concerne l’ensemble des secteurs professionnels”.
Christophe Plée de la CPME a, pour sa part, élargi la réflexion au modèle économique polynésien, qualifié d’“artificiel”. Selon lui, le débat sur le Smig ne peut être dissocié de celui sur l’inflation, la vie chère et la dépendance aux financements extérieurs : “On fait des textes pour changer des choses, mais de l’autre côté, il ne se passe pas grand-chose sur la cherté de la vie.” Marotea Vitrac a nuancé ces propos en soulignant le potentiel de production et d’exportation du territoire tout en reconnaissant la complexité de l’équation du pouvoir d’achat.
En conclusion, le Cesec juge que la réforme proposée est trop limitée pour répondre aux difficultés du quotidien. Il appelle le gouvernement à engager un travail de fond, avec les syndicats et les employeurs, sur des mesures plus efficaces pour lutter contre la vie chère et la pauvreté.
Le texte soumis par le gouvernement à l’examen par les représentants de la société civile, ce jeudi, propose de remplacer l’indice général des prix à la consommation (IPC) par l’indice ouvrier (ICO) comme référence pour la revalorisation automatique du Smig. L’objectif affiché est de mieux prendre en compte la structure de consommation des ménages modestes, plus exposés aux dépenses essentielles comme l’alimentation, le logement ou l’énergie.
Sur le principe, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) reconnaît que cette intention est compréhensible. L’indice ouvrier est en effet davantage centré sur les dépenses des foyers dont les revenus sont proches du Smig. Mais dans son avis, l’institution estime que ce changement resterait largement symbolique et n’aurait qu’un impact très limité sur le pouvoir d’achat.
Les simulations présentées dans l’exposé montrent qu’un changement d’indice appliqué rétroactivement sur la période 2004-2025 aurait conduit à une hausse cumulée de 3 376 francs brut par mois, soit 153 francs par an en moyenne. Un gain jugé trop faible pour justifier une réforme du cadre réglementaire. Le Cesec alerte également sur le risque que ce nouveau mode de calcul entraîne des revalorisations automatiques moins fréquentes, ce qui pourrait, à terme, pénaliser les salariés les plus modestes.
Autre point de réserve : le remplacement de l’indice général par l’indice ouvrier ne tiendrait pas suffisamment compte de la diversité des ménages et de leurs modes de consommation.
Une réforme trop limitée
Les échanges en séance ont rapidement dépassé le cadre strict du projet de loi. Avaiki Teuiau, la secrétaire générale de A ti'a i mua, a rappelé qu’“on ne peut pas se baser uniquement sur une catégorie de la population pour définir un salaire qui concerne l’ensemble des secteurs professionnels”.
Christophe Plée de la CPME a, pour sa part, élargi la réflexion au modèle économique polynésien, qualifié d’“artificiel”. Selon lui, le débat sur le Smig ne peut être dissocié de celui sur l’inflation, la vie chère et la dépendance aux financements extérieurs : “On fait des textes pour changer des choses, mais de l’autre côté, il ne se passe pas grand-chose sur la cherté de la vie.” Marotea Vitrac a nuancé ces propos en soulignant le potentiel de production et d’exportation du territoire tout en reconnaissant la complexité de l’équation du pouvoir d’achat.
En conclusion, le Cesec juge que la réforme proposée est trop limitée pour répondre aux difficultés du quotidien. Il appelle le gouvernement à engager un travail de fond, avec les syndicats et les employeurs, sur des mesures plus efficaces pour lutter contre la vie chère et la pauvreté.