Tahiti, le 11 juin 2026 - Réuni mercredi soir à Pirae pour désigner le colistier de Lana Tetuanui aux sénatoriales de septembre, le Tapura a finalement été incapable de trancher. Après plus de quatre heures de discussions, le choix a été renvoyé à Édouard Fritch. En toile de fond, le débat entre ceux qui poussent au renouvellement en soutenant la candidature d’Orava Guenin, et les cadres historiques du parti qui entendent encore peser dans la balance. Édouard Fritch rendra sa décision mercredi prochain.
Le rendez-vous devait permettre au Tapura Huiraatira de tourner la page des investitures pour les sénatoriales de septembre prochain. Il aura finalement mis en lumière les tensions qui traversent aujourd'hui le principal parti autonomiste du Fenua. Mercredi soir, à la mairie de Pirae, le conseil politique du Tapura s'est réuni pour valider officiellement ses candidats. Si la reconduction de Lana Tetuanui pour un troisième mandat ne faisait aucun doute, le choix de son binôme restait en suspens.
Sept hommes étaient candidats à l'investiture : René Temeharo, Jean-Christophe Bouissou, Luc Faatau, Heremoana Maamaatuaiahutapu, Félix Barsinas, Orava Guenin et, un temps, Édouard Fritch lui-même. Le président du Tapura avait pourtant annoncé ces dernières semaines son retrait de la course, estimant que sa place était davantage à la tête du parti à l'approche des échéances de 2028.
Mais après plus de quatre heures de discussions, aucun consensus n'a émergé. Résultat : le conseil politique a finalement décidé de renvoyer la décision finale à son président. “Je ne voulais pas prendre seul cette décision”, explique Édouard Fritch. “Le Tapura est riche en hommes et en femmes capables d'exercer cette fonction. Je souhaitais que les gens s'expriment et qu'il y ait un véritable débat autour de ces candidatures.”
Le rendez-vous devait permettre au Tapura Huiraatira de tourner la page des investitures pour les sénatoriales de septembre prochain. Il aura finalement mis en lumière les tensions qui traversent aujourd'hui le principal parti autonomiste du Fenua. Mercredi soir, à la mairie de Pirae, le conseil politique du Tapura s'est réuni pour valider officiellement ses candidats. Si la reconduction de Lana Tetuanui pour un troisième mandat ne faisait aucun doute, le choix de son binôme restait en suspens.
Sept hommes étaient candidats à l'investiture : René Temeharo, Jean-Christophe Bouissou, Luc Faatau, Heremoana Maamaatuaiahutapu, Félix Barsinas, Orava Guenin et, un temps, Édouard Fritch lui-même. Le président du Tapura avait pourtant annoncé ces dernières semaines son retrait de la course, estimant que sa place était davantage à la tête du parti à l'approche des échéances de 2028.
Mais après plus de quatre heures de discussions, aucun consensus n'a émergé. Résultat : le conseil politique a finalement décidé de renvoyer la décision finale à son président. “Je ne voulais pas prendre seul cette décision”, explique Édouard Fritch. “Le Tapura est riche en hommes et en femmes capables d'exercer cette fonction. Je souhaitais que les gens s'expriment et qu'il y ait un véritable débat autour de ces candidatures.”
L’avis du terrain ignoré ?
Cette absence de décision ne fait toutefois pas l'unanimité dans les rangs du parti. Selon nos informations, la commission d'investiture réunie les 11 et 12 mai dernier avait dégagé à l'unanimité une préférence pour Orava Guenin. Réactivée par Édouard Fritch lui-même, cette instance est composée en grande partie de tāvana et d'élus municipaux issus des archipels et des Îles du Vent, autrement dit de nombreux futurs grands électeurs appelés à voter en septembre.
Officiellement, le président du Tapura nuance toutefois la portée de cette consultation : “La commission d'investiture n'avait pas entériné son choix. Mais c'est vrai qu'une tendance majoritaire allait unanimement vers la candidature d'Orava”, reconnaît-il.
Officiellement, le président du Tapura nuance toutefois la portée de cette consultation : “La commission d'investiture n'avait pas entériné son choix. Mais c'est vrai qu'une tendance majoritaire allait unanimement vers la candidature d'Orava”, reconnaît-il.
La candidature Fritch ressort du chapeau
Au fil des discussions, Édouard Fritch a lui-même proposé de remettre sa candidature dans la balance afin de sortir le conseil politique de l'impasse. “J'ai senti beaucoup d'hésitation dans le conseil politique sur le choix des candidats à venir. Et effectivement, pour régler ce problème-là, pour mettre tout le monde d'accord, ma candidature est revenue sur le tapis”, raconte-t-il.
Une porte de sortie qui n'a finalement pas convaincu les instances du parti. Lorsqu'elle a été évoquée, la candidature de l'ancien président n'a pas recueilli l'adhésion du conseil politique. Faut-il y voir un désaveu ? Édouard Fritch s'en défend. Selon lui, les responsables du Tapura ont surtout estimé que sa place était à la tête du mouvement à l'approche des échéances de 2028 plutôt qu'au Palais du Luxembourg : “Le conseil politique a estimé que mon rôle ici, pour la préparation de 2028, était beaucoup plus important que d'aller à Paris”, assure-t-il.
Une porte de sortie qui n'a finalement pas convaincu les instances du parti. Lorsqu'elle a été évoquée, la candidature de l'ancien président n'a pas recueilli l'adhésion du conseil politique. Faut-il y voir un désaveu ? Édouard Fritch s'en défend. Selon lui, les responsables du Tapura ont surtout estimé que sa place était à la tête du mouvement à l'approche des échéances de 2028 plutôt qu'au Palais du Luxembourg : “Le conseil politique a estimé que mon rôle ici, pour la préparation de 2028, était beaucoup plus important que d'aller à Paris”, assure-t-il.
L’expérience contre le renouvellement
Car derrière les candidatures se joue en réalité un débat plus profond sur l'avenir du Tapura. À plusieurs reprises ces dernières semaines, notamment lors de l'élection de Simplicio Lissant à la présidence du Syndicat pour la promotion des communes, des élus ont fait remonter leur volonté de voir émerger de nouveaux visages. Certains soulignent que René Temeharo a été battu lors des dernières municipales à Papeete. D'autres reconnaissent l'expérience de Jean-Christophe Bouissou ou de Heremoana Maamaatuaiahutapu, tout en estimant que le parti doit préparer sa relève. Et Orava Guenin incarne précisément cette nouvelle génération.
“Moi, je trouvais que ce n'était pas trop mal non plus de mettre un jeune”, confie Édouard Fritch. Mais, selon lui, une partie du conseil politique a estimé que le jeune cadre du Tapura ne présentait pas encore le profil recherché. “Ils ont considéré que le profil du sénateur devait être celui d'un sage.”
Le président du parti reconnaît néanmoins se trouver dans une position délicate, partagé entre l'aspiration au renouvellement qui remonte du terrain et la nécessité, selon lui, de disposer de personnalités expérimentées pour défendre l'autonomie à Paris.
Il doit désormais rendre son arbitrage d'ici la semaine prochaine. Et la campagne des sénatoriales, sauf surprise, s'annonce favorable au Tapura. Les deux sénateurs de Polynésie française sont élus par un collège d'environ 700 grands électeurs composé principalement de maires, d'adjoints et de conseillers municipaux. Or les dernières élections municipales ont confirmé la forte implantation du parti d’Édouard Fritch. Sur le papier, les candidats investis par le Tapura apparaissent donc en position de force pour conserver les deux sièges polynésiens au Palais du Luxembourg.
Reste désormais à savoir si Édouard Fritch privilégiera le message de renouvellement remonté par les tāvana ou l'expérience défendue par une partie de son conseil politique... quitte à se présenter lui-même.
“Moi, je trouvais que ce n'était pas trop mal non plus de mettre un jeune”, confie Édouard Fritch. Mais, selon lui, une partie du conseil politique a estimé que le jeune cadre du Tapura ne présentait pas encore le profil recherché. “Ils ont considéré que le profil du sénateur devait être celui d'un sage.”
Le président du parti reconnaît néanmoins se trouver dans une position délicate, partagé entre l'aspiration au renouvellement qui remonte du terrain et la nécessité, selon lui, de disposer de personnalités expérimentées pour défendre l'autonomie à Paris.
Il doit désormais rendre son arbitrage d'ici la semaine prochaine. Et la campagne des sénatoriales, sauf surprise, s'annonce favorable au Tapura. Les deux sénateurs de Polynésie française sont élus par un collège d'environ 700 grands électeurs composé principalement de maires, d'adjoints et de conseillers municipaux. Or les dernières élections municipales ont confirmé la forte implantation du parti d’Édouard Fritch. Sur le papier, les candidats investis par le Tapura apparaissent donc en position de force pour conserver les deux sièges polynésiens au Palais du Luxembourg.
Reste désormais à savoir si Édouard Fritch privilégiera le message de renouvellement remonté par les tāvana ou l'expérience défendue par une partie de son conseil politique... quitte à se présenter lui-même.