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Recours à la prostitution de mineures : deux ans ferme pour l’enseignant de l’UPF


Tahiti, le 14 octobre 2026 - Un professeur d’informatique de l’UPF a été jugé mercredi par le tribunal correctionnel pour recours à la prostitution de mineures, pour une tentative d’agression sexuelle et pour avoir incité les victimes à consommer des stupéfiants et de l’alcool. S’il a nié les faits en traitant notamment les jeunes filles de “squatteuses”, l’homme a écopé de quatre ans de prison dont deux avec sursis. Il a cependant échappé au mandat de dépôt requis par le parquet.
 
Durant plusieurs heures mercredi, le tribunal correctionnel a jugé un maître de conférence en informatique de l’UPF qui était poursuivi pour avoir eu recours à la prostitution de deux mineures mais aussi pour avoir fourni de l’alcool et des stupéfiants à d’autres adolescentes. Il était également jugé pour avoir tenté d’imposer une agression sexuelle à l’une des 13 mineures identifiées dans ce dossier comme l’ayant fréquenté. Le coprévenu qui devait comparaître à ses côtés pour répondre de faits similaires n’était pas présent puisqu’il a quitté la Polynésie pour s’échapper en Chine suite au début de la procédure. Il fait, depuis, l’objet d’un mandat d’arrêt.
 
À la barre du tribunal mercredi, cet homme au parcours universitaire fourni – il a notamment étudié à Oxford – est resté sur sa ligne de défense selon laquelle son domicile avait servi de refuge à des adolescentes souvent désœuvrées et parfois déscolarisées. Face aux accusations d’avoir commis des attouchements sur les mineures, le prévenu s’est dit “atterré”. Tout au long de l’audience, il n’a cessé de qualifier les adolescentes de “nanas” et de squatteuses qui s’invitaient chez lui. Ce à quoi le président du tribunal lui a opposé : “Vous dites que ce sont des squatteuses mais c’est vous qui les rameniez chez vous !”
 
Déviance sexuelle
 
Constituée pour l’Équipe d’action contre le proxénétisme (EACP), une association fondée en 1971, Me Béatrice Eyrignoux a rappelé lors de sa plaidoirie que les victimes de ce dossier se trouvaient dans une “situation de précarité psychologique” et dans un “grand dénuement”.
 
La procureure de la République a ensuite, elle aussi, insisté sur le fait qu’il s’agissait du “procès de l’exploitation de la précarité et de la vulnérabilité de ces jeunes filles” en dénonçant un “mode de fonctionnement répété” avec des faits commis par un homme atteint d’une “déviance sexuelle avec une attirance fixée sur des jeunes filles à peine pubères”. Elle s’est indignée qu’un universitaire ayant un “étayage social, intellectuel” n’ait jamais contacté les services sociaux ou la police quand il récupérait des mineures désœuvrées. Après s’être étonnée que l’enseignant soit toujours en poste, la représentante du ministère public a requis cinq ans de prison dont deux ans avec sursis probatoire pendant deux ans assortis d’un mandat de dépôt ainsi qu’une interdiction définitive de pratiquer sa profession, d’exercer un métier en lien avec des mineurs ou d’exercer dans la fonction publique.
 
Pour entamer sa plaidoirie, l’avocate de l’enseignant, Me Marie Eftimie-Spitz, est tout d’abord revenue sur la personnalité de ce dernier, un homme ayant “énormément travaillé” dont plusieurs proches attestent qu’il n’a jamais commis de gestes déplacés. Elle a ensuite assuré que son domicile était devenu un “refuge” où les mineures n’avaient pas d’“ennuis”. Elle a aussi contesté la qualification de recours à la prostitution de mineures car il n’y a pas eu “d’échanges programmés en contrepartie d’une rémunération”.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le quinquagénaire à quatre ans de prison dont deux ans avec sursis. Il a l’interdiction d’exercer une profession en rapport avec des mineurs et il est désormais inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv).

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 14 Octobre 2026 à 17:50 | Lu 1021 fois