Tahiti, le 5 novembre 2026 - Arrivé il y a un tout juste un an au Fenua, Rayan Herry (23 ans) a entamé sa première saison complète au sifflet du championnat tahitien de football. Le jeune arbitre originaire de la région parisienne est suivi par plus de 700 000 abonnés sur ses réseaux sociaux où il partage régulièrement des analyses de ses matchs afin de sensibiliser les différents acteurs du ballon rond à sa profession. De ses débuts en District jusqu’à l’OFC, Tahiti Infos retrace le parcours d’un arbitre pas comme les autres.
Il a mis “des coups de pied dans les portes” du monde de l’arbitrage. À 23 ans, le créateur de contenu Rayan Herry, aussi connu sous le nom de “RG 28” par ses plus de 700 000 abonnés sur les réseaux sociaux (YouTube, Instagram, TikTok), filme désormais son quotidien sur les pelouses du Fenua.
Son parcours jusqu’aux terrains tahitiens a été pour le moins semé d'embûches. Dès son plus jeune âge, Rayan Herry, passionné par l’univers du ballon rond, passe ses après-midi autour des city-stades de son quartier en région parisienne. S’il a chaussé les crampons pendant quelques années notamment au FC Gournay (Seine-Saint-Denis) et à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), l’ailier a dû s’éloigner des terrains, à peine ses 18 bougies soufflées, après avoir subi deux pneumothorax.
Le déclic
Un “coup d’arrêt” loin d’éteindre sa passion du football. Quelques mois plus tard, tandis qu’il regarde l’Euro 2021, la lueur dans ses yeux s’enflamme à nouveau lorsqu’on lui parle d’arbitrage. Bien décidé à “aller au bout des choses cette fois”, le Haut-Viennois commence une formation et se retrouve très rapidement au sifflet de ses premières rencontres. “J’ai vite accroché”, se remémore Rayan Herry, sourire aux lèvres.
Lors d’un match comme les autres en l’apparence, un élément au bord de la pelouse lui donne le déclic. “Il y avait une caméra automatique. J’ai demandé à la fin de la rencontre si je pouvais récupérer les images afin de réaliser une vidéo où j’explique mes décisions”. À l’aise devant l’écran et au montage grâce à ces précédentes expériences en la matière sur les jeux vidéo, on le voit réagir aux différents faits de jeu et ses interactions avec les joueurs lors de la rencontre. Un concept inédit qui a “cartonné” en totalisant plusieurs dizaines de milliers de vues. “Les gens n’avaient jamais vu ça car l’arbitrage est un monde très fermé”, rappelle le créateur de contenu.
“Je ne suis pas un youtubeur qui se met en scène pour faire des vues sur internet”
Au fur et à mesure des vidéos, son nombre d’abonnés ne cesse de grimper et Rayan Herry découvre une nouvelle facette de son métier : “Je me suis rendu compte que je pouvais avoir un vrai impact en montrant la difficulté de notre rôle d’arbitre afin de diminuer les violences et le climat tendu sur les terrains. Je ne suis pas un youtubeur qui se met en scène pour faire des vues sur internet !”
En parallèle, malgré une blessure à la cheville, il continue de gravir les échelons dans sa carrière en obtenant son examen pour devenir arbitre régional. Des succès qui lui ouvrent les portes de plusieurs projets à l’instar de la CAN des quartiers et de la Kings League, une expérience “particulière” qu’il a décidé de quitter prématurément : “Cela a été compliqué, mais cela fait partie de mon parcours”.
Il rebondit ensuite en créant de A à Z un documentaire intitulé “Arbitre d’en bas” où il retrace tout ce qu’il a vécu durant une saison. “Je suis très fier puisque je l’ai écrit, réalisé et monté moi-même. Cela m’a pris un temps fou, mais cela valait le coup car énormément d'arbitres se sont lancés grâce à mes vidéos !”
Comment est-il arrivé à Tahiti ?
En quête d’un nouveau défi, Rayan Herry a conscience qu’il doit prendre un nouvel horizon afin d’évoluer : “Il faut commencer à arbitrer entre 12 et 14 ans si on veut espérer diriger un jour des rencontres de Ligue 1 en France. Vu que j’ai débuté à 18 ans, je ne pouvais pas viser plus haut que le National… Donc j’ai eu envie de tenter une expérience à l’étranger car cela pouvait m’ouvrir des portes”.
Après avoir regardé un peu en Europe, le créateur de contenu tombe “par hasard” sur Tahiti au cours de ses recherches. “J’ai toujours rêvé de découvrir le football sur un autre continent et de m’immerger dans une autre culture.” En novembre 2025, le natif de la région parisienne décide donc de faire ses bagages vers la Polynésie et toque directement à son arrivée à la porte de la Fédération tahitienne de football.
Une adaptation compliquée à l’image d’un de ses premiers matchs arbitrés au Fenua où il a commis une erreur sur l’attribution d’un carton rouge lors d’une rencontre opposant Dragon à Pirae. “Ça a été dur au début avec la pression. Le championnat n’est pas simple à manier d’autant que le niveau est supérieur à celui auquel j’officiais en France. J’ai aussi dû gérer l’éloignement avec ma famille alors que j’ai toujours vécu chez mes parents.”
Bien installé désormais à Tahiti, il est entré sur la liste des arbitres de l’OFC. Il a ainsi pu être aux commandes de certaines rencontres des qualifications à la Coupe du monde U17 masculine et féminine respectivement en Papouasie Nouvelle-Guinée et aux îles Salomon. Une opportunité “folle” après “toutes les galères” traversées par l’ancien ailier au début de sa carrière.
Rayan Herry a maintenant le badge d’arbitre Fifa dans un coin de sa tête. Un statut inatteignable avant l’âge de 25 ans et impératif s’il souhaite pouvoir diriger des affiches de l’OFC Pro League par exemple où figure notamment Tahiti United.