"Qu'ils viennent voir" : les chefs d'Etat sommés de constater la montée des eaux dans le Pacifique


Koror, Palaos, le 31 août 2026. Les dirigeants des principales économies mondiales devraient se rendre sur un atoll du Pacifique pour constater la réalité de la hausse record du niveau de la mer, a enjoint lundi une haute responsable de l’ONU aux Palaos, lors du 55e Forum des îles du Pacifique.


"Nous avons besoin qu'ils viennent voir", a également lancé le ministre de l'Environnement de cet archipel, Steven Victor, hôte jusqu'à jeudi du sommet du forum, composé de 18 pays membres.

Rappelant la crue meurtrière survenue au Népal, la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, a souligné que la montée des eaux dans le Pacifique était "l'autre facette de cette histoire". 

"Nous savons déjà qu'un climat qui se réchauffe modifie les glaces du monde entier à une vitesse extraordinaire, menaçant les populations situées en contrebas des glaciers, mais ajoutant aussi davantage d’eau à nos océans", a-t-elle déclaré à des journalistes. 

La question du climat est l'une des grandes priorités régionales dans le Pacifique.

Mme Mohammed a pressé les dirigeants du G20 à participer à la réunion organisée en octobre par le petit Etat de Tuvalu, avant la COP31 prévue en Turquie en novembre.

"Ils faudrait qu'ils viennent et s’engagent véritablement avec le reste du monde sur ce qu'ils doivent faire", a-t-elle dit, alors qu'il est possible que peu de dirigeants extérieurs au Pacifique fassent le déplacement. 

Tuvalu compte parmi les pays les plus vulnérables face à la crise climatique et se prépare à relocaliser sa population après que des scientifiques ont averti que la majeure partie de ses terres pourrait être submergée. 

Le Pacifique "ne quémande pas des aides" mais dispose de moins de ressources pour faire face à la montée des eaux menaçant ses populations, a aussi souligné Steven Victor, le ministre de l'Environnement des Palaos. 

Un rapport de l'ONU publié lundi montre une hausse du niveau de la mer à un rythme record, alimentée par le réchauffement des océans et la fonte des glaciers. 

Jusqu’à 1,2 milliard de personnes pourraient être déplacées d'ici 2050, les pays insulaires du Pacifique subissant une hausse du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale, indique le rapport. 

Les pays en développement ont besoin de 310 à 365 milliards de dollars pour s'adapter, mais ne disposaient en 2023 que de 26 milliards de dollars de financements pour cet effort d'adaptation, selon ce rapport.

Rédigé par AFP le Lundi 31 Aout 2026 à 11:37 | Lu 284 fois