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Tahiti, le 30 juin 2026 – “C'est la fin du bubblegum.” La formule prête à sourire. Elle résume pourtant l'un des principaux changements qui entrent en vigueur ce mercredi avec la nouvelle réglementation sur le tabac et le vapotage. Cigarettes électroniques jetables interdites, arômes les plus gourmands supprimés, produits désormais cachés dans les commerces… Sans aller jusqu'à bannir totalement la vape, comme l'avait un temps tenté l'assemblée avant d'être retoquée par le Conseil d'État, le gouvernement durcit nettement les règles pour limiter l'entrée des plus jeunes dans le tabagisme.
À partir de ce mercredi, les habitudes des fumeurs et des vapoteurs vont changer. La loi du Pays sur le tabac, adoptée fin 2025 après plus d'un an de concertation, franchit en effet une nouvelle étape avec plusieurs mesures très concrètes pour les consommateurs comme pour les commerçants.
La plus visible est sans doute la disparition des puffs, ces cigarettes électroniques jetables particulièrement populaires chez les adolescents. Elles sont désormais interdites à la vente. Même sort pour les saveurs les plus gourmandes. “C'est la fin du bubblegum, de la piña colada ou des mélanges de fruits comme pomme-fraise”, résume Catherine Colombet, juriste au ministère de la Santé. Désormais, seules les saveurs correspondant à un fruit unique resteront autorisées. Mais au-delà des arômes, c'est toute l'attractivité de ces produits auprès des plus jeunes que le gouvernement entend réduire.
Dans les commerces aussi, la cigarette se fait plus discrète. Les paquets de tabac et les produits de vapotage ne pourront plus être exposés à la vue des clients. Ils devront être rangés derrière le comptoir ou dans un meuble fermé. Pour connaître les produits disponibles, les consommateurs devront désormais consulter un catalogue. Les boutiques spécialisées pourront conserver une présentation des produits, mais uniquement sous conditions très strictes, notamment en interdisant l'accès aux mineurs et en masquant totalement leurs vitrines.
L'exemple plutôt que l'interdiction
Si ces nouvelles règles ciblent particulièrement le vapotage, c'est parce que les professionnels de santé le considèrent comme une porte d'entrée vers la dépendance. “La nicotine est souvent la première substance consommée par les jeunes. C'est la première étape d'un parcours addictologique”, alerte le Dr Romain Bourdoncle, addictologue au Centre de prévention et de soins en addictologie (CPSA). Tout l'enjeu consiste donc à limiter l'attractivité de ces produits auprès des adolescents, tout en conservant la cigarette électronique comme un outil de sevrage pour les fumeurs qui souhaitent arrêter.
“Pourquoi ne pas tout simplement tout interdire immédiatement ?”, a d'ailleurs lancé la ministre de la Santé, Raihai Ansquer. Si l'assemblée avait un temps adopté un amendement interdisant totalement la cigarette électronique, finalement retoqué par le Conseil d'État, le texte défendu par le gouvernement a toujours privilégié un encadrement progressif du vapotage. Une interdiction brutale risquerait, selon la ministre, de favoriser “le développement d'un marché parallèle” ou le recours à d'autres substances.
La réforme prévoit également un système de licences pour les importateurs et les vendeurs, l'interdiction de vendre du tabac ou des produits de vapotage dans certains commerces – notamment les bars, restaurants ou magasins principalement destinés aux enfants – ainsi que l'extension progressive de l'interdiction de fumer sur les terrasses à partir du 1er janvier 2027, sauf dans des espaces spécifiquement aménagés. Les licences, a d'ailleurs tenu à rappeler Raihai Ansquer, seront délivrées gratuitement.
Réduire l'envie, pas culpabiliser
Si le gouvernement serre aujourd'hui la vis, c'est parce que les derniers chiffres inquiètent les professionnels de santé. Les premières données de l'enquête Steps montrent qu'environ 30 % des adultes fument aujourd'hui en Polynésie, tandis que près d'un jeune sur deux a déjà essayé la cigarette électronique. Plus préoccupant encore : neuf jeunes sur dix ayant expérimenté le tabac ou la vape disent avoir commencé avant l'âge de 16 ans.
Pour le directeur de la Santé, Francis Spaak, ces chiffres justifient pleinement ce nouveau tour de vis. En transposant les données françaises à la Polynésie, le médecin estime que le tabac serait responsable d'environ cinq décès par semaine sur le territoire. “Est-ce qu'on accepterait de rouler avec une voiture qui provoquerait cinq morts par semaine sur les routes du Fenua ? Non.” Une image volontairement frappante pour rappeler que le tabac reste, selon lui, l'une des principales causes évitables de décès.
Mais la réglementation ne suffira pas, préviennent les médecins. Au Centre hospitalier de Polynésie française, le pneumologue Éric Parrat souhaite d'ailleurs que les professionnels de santé “montrent l'exemple”, en faisant progressivement de l'hôpital un établissement sans tabac. Pour lui, l'exemple de la Nouvelle-Zélande est souvent mal compris. “Tout le monde dit qu'ils ont interdit. Ce n'est pas vrai.” Le pays a surtout développé un accompagnement adapté aux populations maories, faisant passer leur taux de tabagisme de près de 40 % à 16 %. “Imaginez si nous arrivions à réduire de moitié le tabagisme en Polynésie : ce seraient des économies de santé absolument phénoménales.”
Au-delà de la réglementation, les autorités insistent surtout sur l'accompagnement des fumeurs qui souhaitent arrêter. “Chaque tentative est une étape vers la réussite”, a rappelé Raihai Ansquer. Un message d'encouragement pour les fumeurs qui ont déjà à déplorer plusieurs échecs.
À partir de ce mercredi, les habitudes des fumeurs et des vapoteurs vont changer. La loi du Pays sur le tabac, adoptée fin 2025 après plus d'un an de concertation, franchit en effet une nouvelle étape avec plusieurs mesures très concrètes pour les consommateurs comme pour les commerçants.
La plus visible est sans doute la disparition des puffs, ces cigarettes électroniques jetables particulièrement populaires chez les adolescents. Elles sont désormais interdites à la vente. Même sort pour les saveurs les plus gourmandes. “C'est la fin du bubblegum, de la piña colada ou des mélanges de fruits comme pomme-fraise”, résume Catherine Colombet, juriste au ministère de la Santé. Désormais, seules les saveurs correspondant à un fruit unique resteront autorisées. Mais au-delà des arômes, c'est toute l'attractivité de ces produits auprès des plus jeunes que le gouvernement entend réduire.
Dans les commerces aussi, la cigarette se fait plus discrète. Les paquets de tabac et les produits de vapotage ne pourront plus être exposés à la vue des clients. Ils devront être rangés derrière le comptoir ou dans un meuble fermé. Pour connaître les produits disponibles, les consommateurs devront désormais consulter un catalogue. Les boutiques spécialisées pourront conserver une présentation des produits, mais uniquement sous conditions très strictes, notamment en interdisant l'accès aux mineurs et en masquant totalement leurs vitrines.
L'exemple plutôt que l'interdiction
Si ces nouvelles règles ciblent particulièrement le vapotage, c'est parce que les professionnels de santé le considèrent comme une porte d'entrée vers la dépendance. “La nicotine est souvent la première substance consommée par les jeunes. C'est la première étape d'un parcours addictologique”, alerte le Dr Romain Bourdoncle, addictologue au Centre de prévention et de soins en addictologie (CPSA). Tout l'enjeu consiste donc à limiter l'attractivité de ces produits auprès des adolescents, tout en conservant la cigarette électronique comme un outil de sevrage pour les fumeurs qui souhaitent arrêter.
“Pourquoi ne pas tout simplement tout interdire immédiatement ?”, a d'ailleurs lancé la ministre de la Santé, Raihai Ansquer. Si l'assemblée avait un temps adopté un amendement interdisant totalement la cigarette électronique, finalement retoqué par le Conseil d'État, le texte défendu par le gouvernement a toujours privilégié un encadrement progressif du vapotage. Une interdiction brutale risquerait, selon la ministre, de favoriser “le développement d'un marché parallèle” ou le recours à d'autres substances.
La réforme prévoit également un système de licences pour les importateurs et les vendeurs, l'interdiction de vendre du tabac ou des produits de vapotage dans certains commerces – notamment les bars, restaurants ou magasins principalement destinés aux enfants – ainsi que l'extension progressive de l'interdiction de fumer sur les terrasses à partir du 1er janvier 2027, sauf dans des espaces spécifiquement aménagés. Les licences, a d'ailleurs tenu à rappeler Raihai Ansquer, seront délivrées gratuitement.
Réduire l'envie, pas culpabiliser
Si le gouvernement serre aujourd'hui la vis, c'est parce que les derniers chiffres inquiètent les professionnels de santé. Les premières données de l'enquête Steps montrent qu'environ 30 % des adultes fument aujourd'hui en Polynésie, tandis que près d'un jeune sur deux a déjà essayé la cigarette électronique. Plus préoccupant encore : neuf jeunes sur dix ayant expérimenté le tabac ou la vape disent avoir commencé avant l'âge de 16 ans.
Pour le directeur de la Santé, Francis Spaak, ces chiffres justifient pleinement ce nouveau tour de vis. En transposant les données françaises à la Polynésie, le médecin estime que le tabac serait responsable d'environ cinq décès par semaine sur le territoire. “Est-ce qu'on accepterait de rouler avec une voiture qui provoquerait cinq morts par semaine sur les routes du Fenua ? Non.” Une image volontairement frappante pour rappeler que le tabac reste, selon lui, l'une des principales causes évitables de décès.
Mais la réglementation ne suffira pas, préviennent les médecins. Au Centre hospitalier de Polynésie française, le pneumologue Éric Parrat souhaite d'ailleurs que les professionnels de santé “montrent l'exemple”, en faisant progressivement de l'hôpital un établissement sans tabac. Pour lui, l'exemple de la Nouvelle-Zélande est souvent mal compris. “Tout le monde dit qu'ils ont interdit. Ce n'est pas vrai.” Le pays a surtout développé un accompagnement adapté aux populations maories, faisant passer leur taux de tabagisme de près de 40 % à 16 %. “Imaginez si nous arrivions à réduire de moitié le tabagisme en Polynésie : ce seraient des économies de santé absolument phénoménales.”
Au-delà de la réglementation, les autorités insistent surtout sur l'accompagnement des fumeurs qui souhaitent arrêter. “Chaque tentative est une étape vers la réussite”, a rappelé Raihai Ansquer. Un message d'encouragement pour les fumeurs qui ont déjà à déplorer plusieurs échecs.