Sur l’exploitation de Ken Lin à Taravao, les citronniers, aubergines et salades ont été passés à la loupe (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 12 août 2026 - Entre conseils techniques et expérience de labellisation, l’association Repair de Nouvelle-Calédonie a visité trois exploitations du sud de Tahiti à l’invitation du Syndicat des agriculteurs de Polynésie. Pour “réarmer” l’agriculture locale, ce dernier reste opposé à la loi sur les pesticides tout en souhaitant remettre en avant l’idée d’un cahier des charges pour “rassurer” les consommateurs.
Quoi de mieux que des visites sur le terrain pour appréhender les enjeux agricoles ? Ce mercredi, trois exploitations de la Presqu’île ont été passées à la loupe par deux représentants de l’association Repair (Réseau professionnel pour une agriculture innovante et responsable) de Nouvelle-Calédonie, à l’invitation du Syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP). Venus participer au salon Tech & Bio Pacifique à Moorea, ils ont assisté aux échanges et partagé leur expérience au sujet de l’aménagement des pentes et des atouts de la lutte biologique face aux ravageurs.
Des échanges qui ne manquent pas d’inspirer le jeune syndicat. “L’objectif général de notre réseau, c’est le progrès technique et environnemental en agriculture à travers l’accompagnement personnalisé de proximité sur les exploitations agricoles, mais aussi collectif, et l’accompagnement vers le label ‘agriculture responsable’, qui est un label officiel en Nouvelle-Calédonie qui permet de mettre en valeur les pratiques respectueuses de l’environnement en agriculture. C’est un label qui ne remplace pas l’agriculture biologique, mais qui permet de valoriser des modes de production qui sont dans une démarche d’amélioration continue en faveur de l’environnement”, explique Julie Deffieux, directrice de l’association Repair NC, accompagnée de François Coupry, conseiller technique en agroécologie.
Quoi de mieux que des visites sur le terrain pour appréhender les enjeux agricoles ? Ce mercredi, trois exploitations de la Presqu’île ont été passées à la loupe par deux représentants de l’association Repair (Réseau professionnel pour une agriculture innovante et responsable) de Nouvelle-Calédonie, à l’invitation du Syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP). Venus participer au salon Tech & Bio Pacifique à Moorea, ils ont assisté aux échanges et partagé leur expérience au sujet de l’aménagement des pentes et des atouts de la lutte biologique face aux ravageurs.
Des échanges qui ne manquent pas d’inspirer le jeune syndicat. “L’objectif général de notre réseau, c’est le progrès technique et environnemental en agriculture à travers l’accompagnement personnalisé de proximité sur les exploitations agricoles, mais aussi collectif, et l’accompagnement vers le label ‘agriculture responsable’, qui est un label officiel en Nouvelle-Calédonie qui permet de mettre en valeur les pratiques respectueuses de l’environnement en agriculture. C’est un label qui ne remplace pas l’agriculture biologique, mais qui permet de valoriser des modes de production qui sont dans une démarche d’amélioration continue en faveur de l’environnement”, explique Julie Deffieux, directrice de l’association Repair NC, accompagnée de François Coupry, conseiller technique en agroécologie.
Des équilibres écologiques
L’accompagnement était au cœur des échanges pour “évaluer et rétablir les équilibres écologiques” dans le système de production des exploitations. Une démarche qui a convaincu Ken Lin, agriculteur de Taravao de 31 ans, qui fait face à des rendements en baisse sur l’exploitation familiale de 13 hectares. “Je suis agréablement surpris par leur professionnalisme : ils m’ont apporté beaucoup de soutien technique en une seule fois. C’est très intéressant ! On a surtout parlé des traitements et des cycles de reproduction des insectes nuisibles. Ce sont des problèmes que je rencontre principalement sur les légumes-fruits et certains arbres fruitiers. Pour les aubergines, par exemple, on est aux alentours de 250 kg par cueillette, soit 500 kg la semaine, et là on se retrouve à produire à peine 40 ou 50 kg”, constate le jeune maraîcher, qui impute ce fléchissement à un manque de soutien technique et au changement climatique. “À l’époque, mon grand-père produisait à peu près cinq fois plus qu’aujourd’hui. On voit une nette différence. On a beaucoup plus de difficultés.”
Face aux menaces qui pèsent sur l’agriculture locale, le SAP évoque la nécessité d’un “réarmement”. La récente interdiction de certains pesticides reste au cœur du débat. “On n’a plus les mêmes armes comparé aux exportateurs de Nouvelle-Zélande, d’Australie et des États-Unis. On a un effondrement de la production notamment sur les choux, la vanille, les agrumes, les pastèques ou les melons. Il n’y a pas d’alternative actuellement, c’est pour ça qu’on a demandé le moratoire. Le projet de loi pesticides va passer le 18 août à l’assemblée de la Polynésie, mais il ne résout pas du tout les problématiques soulevées lors du séminaire, puisqu’il y a un grand besoin de support technique et de formation”, précise Gilles Yau, membre du syndicat au nom d’Agritech.
Vers un label ?
En parallèle, la perspective d’une labellisation propre à l’agriculture raisonnée en Polynésie française refait surface, inspirée par l’expérience calédonienne. “Il faut ressortir ce dossier qui a déjà été initié il y a dix ans avec la DAG sur un cahier des charges, c’est-à-dire la définition de ce qu’est un label ou une marque, et comment la développer pour rassurer les consommateurs vis-à-vis des produits locaux qui sont beaucoup plus naturels que les produits importés”, poursuit Gilles Yau. Le SAP souhaite aller de l’avant sur le sujet avec les services concernés du Pays “pour voir l’avenir de façon plus sereine”, en sachant que le vieillissement des agriculteurs et la pression foncière s’ajoutent à la liste des défis à relever. L’appel à des fonds nationaux, comme France 2030, voire européens, serait également envisagé.
Malgré certaines divergences d’approche, la directrice de Repair NC perçoit un élan positif : “Les agriculteurs s’organisent et se réunissent pour échanger. On a aussi rencontré un groupement de producteurs en agriculture biologique. (...) Le partage d’expérience, c’est déjà un premier levier de progrès technique. Ce qu’on promeut en Nouvelle-Calédonie, c’est justement que les organisations professionnelles soient soutenues par les pouvoirs publics, parce que c’est la structuration de la profession qui va permettre le développement du secteur agricole.”
Un testeur de sol pour mesurer les besoins des cultures.