Wallès Jr. Kotra, journaliste sourd et muet pour France Télévisions, présente son film “Nouvelle-Calédonie : un retour aux racines”, pour la 23ᵉ édition du Festival international du film documentaire océanien. Il participe pour la première fois au Festival aux côtés de son père, Wallès Kotra Senior, co-fondateur du Fifo.
Wallès n’oublie pas d’où il vient. Enfant de Nouvelle-Calédonie, il est né avec une différence qu’il a transformée en force. Un jour, son cousin lui dit “qu’en tant que Kanak au milieu des personnes blanches, il en apprenait beaucoup”, pour Wallès de la même manière, être sourd parmi les entendants lui permettait de découvrir, d’apprendre et de créer autrement.
Il connaît une enfance particulière, loin du Caillou et de sa famille. Une décision difficile pour ses parents, pour lui permettre de bénéficier d’une scolarité adaptée. Un changement brutal : un long voyage, le froid, les vêtements d’hiver, le brouillard, les feuilles mortes… “Tout était nouveau pour l’enfant que j’étais”. Sur son chemin, il rencontre des professionnels sourds, des enseignants, des éducateurs et des animateurs qui sont devenus ses modèles.
L’école était son soutien moral, il s’y sentait inclus : “J’avais le sentiment d’être à ma place, de pouvoir échanger librement et de vivre une enfance normale.” À son époque, les courriers manuscrits étaient d’usage, il fallait savoir être patient. “Les lire me faisait du bien, je me souviens même que ma mère envoyait parfois des fax au collège, au bureau de la directrice”, explique-t-il. Quand il y repense, ça le fait presque rire. Le temps, la distance et l’attente ont renforcé leur lien.
Wallès n’oublie pas d’où il vient. Enfant de Nouvelle-Calédonie, il est né avec une différence qu’il a transformée en force. Un jour, son cousin lui dit “qu’en tant que Kanak au milieu des personnes blanches, il en apprenait beaucoup”, pour Wallès de la même manière, être sourd parmi les entendants lui permettait de découvrir, d’apprendre et de créer autrement.
Il connaît une enfance particulière, loin du Caillou et de sa famille. Une décision difficile pour ses parents, pour lui permettre de bénéficier d’une scolarité adaptée. Un changement brutal : un long voyage, le froid, les vêtements d’hiver, le brouillard, les feuilles mortes… “Tout était nouveau pour l’enfant que j’étais”. Sur son chemin, il rencontre des professionnels sourds, des enseignants, des éducateurs et des animateurs qui sont devenus ses modèles.
L’école était son soutien moral, il s’y sentait inclus : “J’avais le sentiment d’être à ma place, de pouvoir échanger librement et de vivre une enfance normale.” À son époque, les courriers manuscrits étaient d’usage, il fallait savoir être patient. “Les lire me faisait du bien, je me souviens même que ma mère envoyait parfois des fax au collège, au bureau de la directrice”, explique-t-il. Quand il y repense, ça le fait presque rire. Le temps, la distance et l’attente ont renforcé leur lien.
“Ce n’est pas évident quand on est sourd”
Trouver sa place dans une société orale, où la parole est intimement liée à la terre, c’est comme ne pas connaître sa langue parmi ceux qui la parlent. En milieu insulaire, l’accès n’est pas toujours évident. La parole étant rattachée aux coutumes, donner une place à ceux qui sont différents reste encore difficile. Wallès n’a pas totalement trouvé sa place, mais il l’a construite en permanence. Fortement attaché à sa culture, il a toujours salué ces moments à sa façon, en observant à travers les regards et les gestes, en cherchant à comprendre comment les liens entre les familles et les clans se construisent par la parole. Il continue d’avancer encore avec des doutes mais jamais sans se sentir perdu : “Aujourd'hui, je sais que ma place existe, autrement, mais pleinement.”
Loin des yeux mais près du cœur
Les liens familiaux sont restés forts, l’éloignement n’a jamais effacé l’attachement. Famille Kotra rime avec respect et confiance, une histoire commune marqué par des choix importants : “Nous avons grandi différemment, mais nous restons profondément liés.” Enfant, il ne comprenait pas vraiment pourquoi il était si loin. Avec le temps, il a compris l’acte d’amour de ses parents et les responsabilités entreprises pour l’avenir de leur fils : “Aujourd'hui, je leur suis reconnaissant pour ce courage.”
Aujourd’hui, Wallès participe au Fifa aux côtés de son père, qui est le co-fondateur de ce festival rassemblant les voix de l’Océanie. Après avoir longtemps suivi le Festival de loin, il est heureux d’en faire partie et encore plus heureux de savoir qu’il ouvre ses portes à la langue des signes : “J'ai souvent dit à mon père que je pouvais apporter mon expérience, notamment sur les questions d’accessibilité et de langue des signes.” Père et fils partagent désormais la même aventure, c’est avec grande émotion qu’il vient pour partager son message : “L’accessibilité n’est pas un luxe, c’est une condition essentielle pour vivre ensemble.” Les personnes sourdes océaniennes ont aussi une langue, une culture et une place dans les sociétés insulaires.
Aujourd’hui, Wallès participe au Fifa aux côtés de son père, qui est le co-fondateur de ce festival rassemblant les voix de l’Océanie. Après avoir longtemps suivi le Festival de loin, il est heureux d’en faire partie et encore plus heureux de savoir qu’il ouvre ses portes à la langue des signes : “J'ai souvent dit à mon père que je pouvais apporter mon expérience, notamment sur les questions d’accessibilité et de langue des signes.” Père et fils partagent désormais la même aventure, c’est avec grande émotion qu’il vient pour partager son message : “L’accessibilité n’est pas un luxe, c’est une condition essentielle pour vivre ensemble.” Les personnes sourdes océaniennes ont aussi une langue, une culture et une place dans les sociétés insulaires.
Passer “l’info” par les signes
Après l’obtention de son baccalauréat, Wallès se penche sur une formation d’éducateur spécialisé sans s’y reconnaître vraiment. Sans hésitation, il se tourne vers le journalisme comme son père. Il débute pour le média Websourd, un média bilingue en français et en langue des signes. Curieux et avide de raconter des histoires, il trouve enfin son domaine : la communauté sourde le regardait, le suivait et lui faisait confiance.
Dans sa carrière, il rencontre Michel, un homme sourd devenu tétraplégique à 60 ans qui exprimait le désir de mourir. Fidèle de Websourd, il a accepté sans broncher que Wallès réalise un film sur lui à la condition que ce soit un documentaire pour l’Œil et la Main. C’est comme ça qu'a débuté son “métier” de réalisateur : “Le Dernier Voyage de Michel” est ainsi devenu son premier film documentaire.
Aujourd’hui, Wallès continue de transmettre des messages pour une place plus juste pour la communauté sourde. “En 2025, un ami kanak, sourd, m’a raconté qu’un autre sourd kanak venait en France. Certains pensaient qu’il s’agissait de vacances. En réalité, il venait pour garder ses nièces à la demande de sa sœur. Un geste simple et familial et pourtant, cela a fait sourire certains… Moi, non. Il avait 40 ans, des responsabilités, une place.” Il veut faire changer ce regard. Pour lui, inclure les personnes sourdes, ce n’est pas seulement traduire, mais reconnaître une langue, une culture et une manière d’être au monde. “Plus une société est inclusive, plus elle est riche.”
Dans sa carrière, il rencontre Michel, un homme sourd devenu tétraplégique à 60 ans qui exprimait le désir de mourir. Fidèle de Websourd, il a accepté sans broncher que Wallès réalise un film sur lui à la condition que ce soit un documentaire pour l’Œil et la Main. C’est comme ça qu'a débuté son “métier” de réalisateur : “Le Dernier Voyage de Michel” est ainsi devenu son premier film documentaire.
Aujourd’hui, Wallès continue de transmettre des messages pour une place plus juste pour la communauté sourde. “En 2025, un ami kanak, sourd, m’a raconté qu’un autre sourd kanak venait en France. Certains pensaient qu’il s’agissait de vacances. En réalité, il venait pour garder ses nièces à la demande de sa sœur. Un geste simple et familial et pourtant, cela a fait sourire certains… Moi, non. Il avait 40 ans, des responsabilités, une place.” Il veut faire changer ce regard. Pour lui, inclure les personnes sourdes, ce n’est pas seulement traduire, mais reconnaître une langue, une culture et une manière d’être au monde. “Plus une société est inclusive, plus elle est riche.”
Raconter pour inclure
Son plus grand rêve est de continuer à raconter des histoires donnant une place pleine et entière aux personnes sourdes et aux minorités. Son film, “Nouvelle-Calédonie : un retour aux racines”, est un hommage à cette communauté encore trop mise à l’écart mais surtout une ode à cette différence qui fait sa force.
Légendes (Crédit photo : Wallès Jr. Kotra)
“Nouvelle-Calédonie : un retour aux racines” sera projeté le :
- Mardi 10 février à 11h25 au Grand théâtre, avec à la suite une rencontre avec Wallès
- Mercredi 11 février à 19h10 au Petit théâtre