Plusieurs équipements "n’ont, à ce jour, jamais été réalisés”, les propriétaires de la résidence de Pamatai Hills montent au créneau


Tahiti, le 1er avril 2026 - Pas de gardiennage depuis un mois, route alternative reliant l’arrière de Tipaerui qui ne voit toujours pas le jour, lampadaires qui ne fonctionnent pas, manque d’entretien des espaces verts... À Pamatai Hills, plusieurs propriétaires montent au créneau. Un collectif s’est formé et a exposé ses griefs lors de l’assemblée générale du 31 mars à Faa’a.
 
 
Plusieurs propriétaires de la résidence Pamatai Hills dénoncent des équipements et aménagements promis lors de la commercialisation des lots qui, selon eux, “n’ont, à ce jour, jamais été réalisés”. Plusieurs points de manquement alimentent leur mécontentement. Pour porter ces problématiques, un collectif d’une trentaine de personnes s’est formé il y a un peu plus de deux ans. Une personne de ce collectif a pris la parole lors de l’assemblée générale annuelle organisée ce mardi soir à l’hôtel Intercontinental de Faaa.
 
Ce collectif affirme que la configuration du lotissement aurait évolué différemment de ce qui leur avait été annoncé à l’achat. “Plusieurs équipements et aménagements présentés comme arguments de vente lors de la commercialisation des lots, tels qu’un golf, un parc pour enfants ou encore une route reliant l’arrière de Tipaerui, n’ont, à ce jour, jamais été réalisés”, explique un membre de la copropriété qui a contacté la rédaction de Tahiti Infos par mail récemment.
 
La route vers Tipaerui, un vieux dossier
 
Concernant la route alternative censée relier Pamatai à la vallée de Tipaerui, le promoteur Fabrice Bohbote affirme que le projet date de 2004 : “C’est le Pays qui s’est approprié la construction de la route des Coteaux. C’est un projet de route nécessaire et nous allons les relancer prochainement puisque les élections sont passées”, souligne-t-il, avant de proposer un tracé alternatif : une route entre la côte Saint-Hilaire et Pamatai. “Ce sera une route beaucoup moins chère que la route territoriale des Coteaux qui représenterait 1 milliard de francs, là ce serait 250 millions. Ça permettrait aux camions-poubelles d’arriver plus vite à Pamatai, en plus”, décrit le promoteur de Pamatai Hills.
Plusieurs résidents regrettent également que les terrains initialement destinés à cette route aient laissé place à de nouveaux lots construits en hauteur, avec l’installation d’un portail restreignant l’accès entre certaines zones, alimentant “un sentiment d’injustice et d’incompréhension”.
 
Voirie, espaces verts : des manquements répétés
 
Une autre résidente, qui souhaite rester anonyme, juge “inadmissible que l'éclairage soit défaillant”. Selon elle, les lampadaires “ne fonctionnent pas et il y a des trous dans les routes”, alors même que “les charges incluent l'entretien”.
 
Sur le site internet de la résidence, celle-ci est pourtant présentée comme “un havre de paix sur les hauteurs de Pamatai”. Une description qui ne correspond plus à la réalité selon cette habitante : “C'est censé être une résidence de prestige, mais elle ne répond pas aux critères.”
 
L'assemblée générale, qui a duré près de cinq heures, a été marquée par de nombreuses remontées. Une propriétaire évoque un problème de végétation : “J'ai des arbustes qui ont poussé devant chez moi, et je ne vois plus du tout la mer depuis ma maison.” Le constat est partagé par tous : “Il y a un manque de réponses à nos demandes.”
 
D'après les chiffres communiqués, 600 lots ont déjà été vendus, et 73 supplémentaires l'ont été ces deux dernières années. Cent cinquante autres parcelles seraient encore en projet. Une situation que certains ne comprennent pas : “Il y a de plus en plus de lots vendus, donc plus d'argent qui entre, et pourtant on a encore plus à payer”, s’indigne un couple à propos des charges de copropriété.
 
Les membres du collectif soulignent également “de nombreuses problématiques rencontrées depuis plusieurs années” et s'alarment de l'état financier du lotissement : “La situation semble aujourd'hui préoccupante, notamment à cause d'un taux important d'impayés de charges. Cela pourrait entraîner la suppression du service de gardiennage, dont le coût annuel atteint environ 12 millions de francs.” Il reconnaît “les charges impayées de nombreux propriétaires” mais souhaite rassurer en ajoutant à ce point que les propriétaires qui ne sont pas à jour dans leurs charges seront poursuivis et un avocat “leur demandera de payer”.
 
Du côté du problème de gardiennage, Fabrice Bohbote explique que l'ancien prestataire en charge de la sécurité “a déposé le bilan il y a un mois” et qu'une nouvelle société est en cours de recherche.
 
Concernant le “fitness center” promis, une solution serait trouvée. “Il sera géré par un jeune, et nous mettrons en place un système d'abonnement, uniquement pour ceux qui le souhaitent, à des tarifs abordables”, promet Fabrice Bohbote.

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 1 Avril 2026 à 17:27 | Lu 2875 fois