Pas de mise en examen pour Oscar Temaru après ses propos sur "l'invasion du pays"


Tahiti le 10 octobre 2025. Après que les deux juges d'instruction en charge de l'information judiciaire ouverte pour provocation publique à la discrimination aient refusé de mettre Oscar Temaru en examen, le parquet avait fait appel de cette décision. La chambre de l'instruction a rendu sa décision hier a appris Radio 1 et confirmé le statut d’Oscar Temaru.
 

En juin dernier, le parquet avait rendu un réquisitoire supplétif dans le cadre de l'information judiciaire ouverte suite aux différents propos tenus par le leader indépendantiste, Oscar Temaru, l'ancien pasteur Mitema Tapati et Ronny Teriipaia. Alors que les deux magistrats instructeurs en charge du dossier, Guillemette Saillard et Thierry Fragnoli, avaient placé Oscar Temaru sous le statut de témoin assisté, le parquet avait requis la mise en examen de ce dernier, au même titre que l’ont été Tapati Mitema et le ministre de l’Education. La demande ayant été rejetée par les deux juges d'instruction, le parquet avait fait appel devant la chambre de l'instruction

Dans ce dossier, le parquet reproche à Oscar Temaru, suite à un signalement d’Edouard Fritch, d'avoir tenu publiquement, le 24 octobre 2023 à Tarahoi, des propos faisant état d’une “invasion” de personnes en provenance de métropole. Le maire de Faa'a avait alors précisé : “Moi, je vous le dis franchement, je n'ai pas peur du changement climatique (…). J'aurais plutôt peur d'un changement démographique (…). Qu'est-ce qu'on fait pour arrêter ça ? C'est l'invasion de notre pays que je crains.”

"Ces propos sont à examiner sous l’angle politique", a expliqué la présidente de la cour dans une décision rapporté par Radio 1. "Or, même si Oscar Temaru, maire en exercice, est bien chargé d’une mission de service public, il représente également un parti indépendantiste."

Elle considère de plus, toujours selon la décision rapportée par nos confrères de la radio que "même si les propos retenus à son encontre (…) sont totalement inappropriés et plutôt excessifs, ils ne sont pas injurieux ou violents à l’encontre d’un groupe de personnes déterminé. (…) Ils ne contiennent d’ailleurs pas d’allusion aux ‘popaa’ ou ‘farani’ (…)."


 

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 14 Octobre 2025 à 18:11 | Lu 2738 fois