Papara : Mike Teissier s’engage pour son “mata’eina’a”


Mike Teissier, de chef de groupe à tête de liste avec Papara te Hono ti’a (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 16 février 2026 - Après trois campagnes en tant que colistier, Mike Teissier, professeur de hīmene et chef de groupe, se lance pour la première fois comme tête de liste aux élections municipales avec Papara te Hono ti’a. Pour “faire rayonner Papara”, il priorise l’amélioration de la distribution en eau et la “performance” des services publics, mais aussi la jeunesse et le “dynamisme entrepreneurial” à travers l’élaboration d’un calendrier événementiel.

 
Mike Teissier, 38 ans, a officialisé sa candidature aux élections municipales de Papara la semaine dernière à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Une déclaration qui peut sembler tardive par rapport aux autres candidats, “mais nous étions les premiers à prendre rendez-vous au haut-commissariat, dès l’ouverture”, remarque-t-il. Natif du quartier Lucky, Mike Teissier est marié et père d’une petite fille. Titulaire d’une licence en littérature, langues et civilisations régionales et cadre de la fonction publique, il est professeur de chants polyphoniques au Conservatoire artistique de la Polynésie française depuis une dizaine d’années. Il est aussi connu en tant que chef du groupe de chant Reo Papara, lauréat du dernier Heiva i Tahiti.
 

​“Ne pas rester spectateur”


Aujourd’hui, “je ne veux plus porter Papara qu’au niveau culturel, je veux travailler pour mon mata’eina’a dans son ensemble”, confie-t-il. Un engagement politique communal qui remonte à ses années étudiantes, en tant que colistier de l’ancien maire Bruno Sandras, et plus tard avec Christelle Lehartel, puis Béatrice Peyrissaguet. Pour sa quatrième participation aux élections municipales, il mène pour la première fois sa propre liste : “Il est temps. Je ne veux pas rester spectateur. Je me lance avec des jeunes de ma génération, mais aussi des personnes plus âgées, toutes rassemblées avec cette même idée de redonner ses lettres de noblesse à notre commune, qui en a grand besoin”.
 
Avec Papara te Hono ti’a, Mike Teissier veut “travailler dans l’unité avec transparence, efficacité et droiture pour faire rayonner Papara”. Sans étiquette politique, la liste a choisi pour symboles la montagne Mou’a Tamaiti et le ‘autī de Opuhara, ancien chef de Papara, bordés par 33 triangles, un pour chaque colistier. “Les rumeurs qui courent, c’est que nous sommes une liste d’enseignants. Je vais rétablir la vérité : nous sommes six enseignants, pas 33, avec différentes spécialités et niveaux, sensibles aux questions d’éducation et donc de bons relais dans ce domaine. Nous sommes une liste alternative, jeune et dynamique avec des personnes issues de différents secteurs, comme l’administration, le secteur primaire, la gestion financière, etc.”. Deux conseillères municipales, déçues par la mandature de la maire sortante, Sonia Taae, ont également rejoint l’équipe.
 

​“Des priorités faisables”


Mike Teissier préfère parler de “priorités” que de projets. Pour améliorer la distribution en eau potable, il évoque trois étapes : “À court terme, la réorganisation humaine et technique, à moyen terme, l’augmentation de la capacité de stockage, et à plus long terme, la rénovation du réseau hydraulique en plusieurs phases. On ne manque pas d’eau, donc c’est désolant de ne pas avoir un service optimum avec des coupures, des baisses de pression et un goût de chlore parfois prononcé”, remarque-t-il, évoquant aussi des enjeux au niveau de l’alimentation en eau de la zone agricole par le réseau du Pays.
 
Concernant la “performance” du service public, il soutien la création d’un guichet unique “pour apporter des réponses aux administrés et suivre les demandes”, le renforcement de la communication (page Facebook, installation de panneaux d’information lumineux) et la mise en œuvre de l’adressage. Sans oublier les chantiers de réhabilitation des écoles et des complexes sportifs : “Malgré la défaillance des infrastructures, des clubs et des associations subsistent, donc il faut les rénover et les remettre aux normes pour leur donner les moyens d’exceller”.
 
L’entretien des voiries et des ponts, l’accompagnement des car-bass face aux nuisances sonores et l’optimisation de la collecte des déchets verts et encombrants figurent aussi dans son programme, mais il entend se distinguer autrement. “En matière d’emploi, on a des propositions concrètes pour dynamiser l’entrepreneuriat à travers un calendrier événementiel avec des rendez-vous mensuels et hebdomadaires attractifs pour la vente de produits et services, qu’on va dévoiler pendant la campagne”, annonce-t-il, inspiré par ses expériences à l’étranger.
 
“Je n’ai pas de projets pharamineux, je ne veux pas vendre du rêve : ce sont des choses faisables rapidement et dans les six ans qui arrivent”, conclut-il. Papara te Hono ti’a tiendra des réunions publiques dans les six quartiers de la commune au mois de mars.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Lundi 16 Février 2026 à 17:04 | Lu 1012 fois