Paea repasse sous pavillon autonomiste : Tepuaraurii Teriitahi officiellement investie tāvana


Tahiti, le 20 mars 2026 - “Paea, mon amour, merci”. Élue largement dès le premier tour, Tepuaraurii Teriitahi a été installée ce vendredi matin à la tête de Paea avec 26 voix et sept bulletins blancs. Devant près de 300 personnes réunies à la salle Manuiti, la nouvelle tāvana a ouvert son discours sur le couac électoral ayant empêché Mike Chong Ayou de siéger, une situation appelée à être rapidement régularisée. En retrait, le maire sortant Antony Géros, président de l’assemblée, a salué avec respect la victoire d’une “guerrière”.
 

Sans surprise, mais avec une portée politique évidente. Ce vendredi matin, dans une salle Manuiti comble, Tepuaraurii Teriitahi a officiellement été élue tāvana de Paea par 26 voix, les sept élus de la liste d’Antony Géros ayant logiquement voté blanc. Une élection qui prolonge le verdict sans appel du premier tour des élections municipales et confirme la recomposition politique à Paea, où la candidate de l’union autonomiste s’est imposée avec 3 174 voix contre 2 311 au maire sortant.
 
Avant même d’entrer dans le cœur de son discours, la nouvelle tāvana a tenu à évoquer un point sensible : “Je voudrais aussi m’excuser auprès de M. Mike Chong Ayou, parce que suite à une erreur de PV le soir de l’élection, il n’a pas pu prendre sa place de conseiller municipal”, a-t-elle déclaré, assurant que la situation serait régularisée et qu’il rejoindrait prochainement le conseil. Sa liste, créditée de 6,1 % des voix au premier tour, doit en effet obtenir un siège au sein de l’assemblée communale.
 
Dans la foulée, la toute première femme à diriger la commune n’a évidemment pas manqué de rendre hommage à Jacquie Graffe, figure tutélaire de sa campagne, avant d’inscrire son élection dans une logique de responsabilité démocratique : “Ce n’est pas l’arrivée aujourd’hui, c’est la ligne de départ”, a insisté Tepuaraurii Teriitahi, avant de rappeler que “dans six ans, le pouvoir qui nous a été prêté par la population lui sera rendu et il lui reviendra de choisir à nouveau à qui le confier”.
 
Entre démonstration d’unité, transition maîtrisée et retour des autonomistes aux commandes, cette première séance du conseil municipal ouvre un nouveau chapitre pour la commune de Paea, désormais dirigée par sa première femme tāvana.

“Un passage de relais apaisé”

Portée par une large coalition autonomiste allant du Tapura à A here ia Porinetia, mais aussi nourrie de sensibilités issues du Tavini, elle a insisté sur l’unité comme clé de gouvernance : “Notre unité a fait notre force. Elle doit demeurer”, a-t-elle affirmé, comme un message en vue des prochaines échéances électorales, promettant de travailler “en bonne intelligence et avec bienveillance” avec l’ensemble des élus et le gouvernement.
 
Dans la salle, près de 300 personnes - habitants, militants et nombreuses figures politiques autonomistes - étaient présentes pour saluer la reconquête d’une commune tombée dans l’escarcelle du Tavini en 2020 : Édouard Fritch, Nicole Sanquer, Gaston et Pascale Flosse, Teva Rohfritsch, Moerani Frébault, mais aussi la présidente du Cesec Maïana Bambridge ainsi que plusieurs tavana élus dès le premier tour comme Damas Teuira, Teura Iriti ou Tearii Alpha.
 
De son côté, Tony Géros a tenu à relativiser les analyses sur sa défaite. “Elle a été élue démocratiquement”, a-t-il rappelé, évoquant “la suite logique des résultats” et un passage de relais désormais acté. Le président de l’assemblée a indiqué avoir déjà échangé avec la nouvelle tavana sur plusieurs dossiers sensibles, notamment liés au personnel communal, des sujets à traiter “avec beaucoup de parcimonie”. Balayant l’idée selon laquelle son mandat à Tarahoi l’aurait éloigné du terrain, il a défendu une fonction permettant au contraire de “garder les pieds enracinés dans les quartiers”.
 
Entre démonstration d’unité, transition maîtrisée et retour des autonomistes aux commandes, cette première séance du conseil municipal ouvre un nouveau chapitre pour Paea, désormais dirigée par sa première femme tavana.










Rédigé par Stéphanie Delorme le Vendredi 20 Mars 2026 à 12:05 | Lu 1364 fois