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Oscar Temaru, réduit au constat


Tahiti, le 26 septembre 2026 - Un communiqué du Tavini, publié le lendemain du vote de la résolution sur l’autodétermination, met encore un peu plus à la marge son président fondateur, Oscar Temaru.  

 

Le Tavini est passé maître dans l’art de faire passer les désaccords en son sein pour une expression majeure de la liberté de parole. Rapidement, après des territoriales victorieuses en 2023, les divergences de points de vue entre Moetai Brotherson et Tony Géros sont rapidement survenues. Pendant deux ans, la presse qui observait les tensions fissurer irrémédiablement le parti, a eu le discours de cette liberté de parole “saine” au sein du parti. Jusqu’à ce que la langue de bois ne finisse par accoucher d’un budget tronqué, d’un sabotage en règle de l’action gouvernementale puis finalement de l’explosion du groupe Tavini à l’assemblée avec la naissance de A Fano Ti’a. 

Mais aujourd’hui, plus de faux-semblants. Et quand Oscar Temaru est obligé de sortir de sa retraite pour venir dans un hémicycle qu’il a déserté depuis 6 mois, c’est pour signifier aux membres du parti qu’il a créé, fait grandir, et porté au pouvoir, que le Tavini, c’est lui, tant que Dieu lui prête vie. La résolution signée et votée à la quasi-unanimité pour débuter des discussions avec l’État et l’ONU sur l’autodétermination ne lui plaît pas, tout comme l’affront de voir ce texte, pourtant inspiré de la pétition qu’il compte lancer prochainement, arriver à l’assemblée et y être amendé, sans même avoir été consulté.  

24 heures plus tard, pour ceux qui douteraient encore du fait que le Tavini a définitivement échappé à son créateur, le parti indépendantiste publiait vendredi un communiqué pour vanter la démarche à l’assemblée de la Polynésie française. Parlant d’un “moment historique”. Le parti explique “porter cette vision progressiste du débat public, avec toutes celles et ceux qui veulent proposer un horizon politique apaisé à notre nuna’a pour les années à venir, dans le cadre posé de cette résolution”. 

Une déclaration du parti qui est autant un affront à son leader, qu’un appel du pied à Moetai Brotherson, reprenant son vocabulaire (“progressiste”), pour peut-être lancer un mouvement de co-construction d’une plateforme à l’approche d’échéances électorales essentielles (législatives, territoriales).  

Le communiqué du Tavini se conclut en ces termes : “À notre nuna’a, le Tavini veut dire ceci : Ce qui s’est passé jeudi ne vous enlève rien et ne vous impose rien. Cela vous rend, au contraire, ce qui vous appartient depuis toujours : le droit de savoir, le droit de choisir, le droit de décider.” 

Et à Oscar Temaru, dans un parti qu’il préside toujours, ne reste que le droit de constater. 


Rédigé par Bertrand PREVOST le Dimanche 27 Septembre 2026 à 19:11 | Lu 911 fois