Opeta Tahuaitu contre les inondations et la drogue à Teva i Uta


“Les secours interviennent, mais c’est ponctuel. Il faut régler le problème durablement”, estime Opeta Tahuaitu au sujet des inondations récurrentes (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 23 février 2026 - Actuel troisième adjoint, Opeta Tahuaitu se lance pour la première fois comme tête de liste aux élections municipales avec No oe Teva i Uta, déterminé à ce que “Papeari reprenne le flambeau à la tête de la commune”. Il souhaite notamment améliorer le réseau d’évacuation des eaux pluviales, mais aussi lutter contre les stupéfiants : pour y parvenir, il mise sur davantage de contrôles et des projets de jeunesse tournés vers le secteur primaire et la culture. 
 

Opeta Tahuaitu, 68 ans, a grandi à Papeari, dans le quartier qui porte le nom de sa famille. Retraité, il a fait carrière dans l’entretien des espaces verts du Musée de Tahiti et des îles, puis au sein du Service de l’équipement, avant de rejoindre le Service des parcs et jardins. Marié, père de deux enfants et grand-père de deux petits-enfants, il achève sa première mandature au conseil municipal de Teva i Uta, où il siège en tant que troisième adjoint.
 

Le troisième homme


En 2020, Opeta Tahuaitu était colistier de Tearii Alpha, maire sortant de Teva i Uta, et d’Alain Sangue, maire délégué de Papeari. Six ans plus tard, chacun bat campagne de son côté. “Des habitants de Papeari m’ont encouragé à me présenter. Ils me disent que rien n’est fait pour Papeari. Moi-même, je suis déçu : il faut aller frapper à toutes les portes quand on a besoin de moyens et ça finit par arriver, mais il faut toujours attendre. Le problème, c’est que ce sont les administrés qui écopent. Aujourd’hui, on se lève pour dire que ça suffit”, indique le candidat.
 
Avec No oe Teva i Uta (pour toi Teva i Uta), Opeta Tahuaitu endosse donc la fonction de tête de liste pour la première fois : “Nous sommes 33 colistiers âgés de 24 à 74 ans. Six représentants de Papeari sont issus du conseil municipal et il y a des gens de tous les quartiers, de toutes les confessions religieuses et de tous bords politiques avec comme objectif de soutenir les familles et les jeunes. Je n’ai pas de parti : ma préoccupation, c’est l’avenir de ma population. Il est temps que Papeari reprenne le flambeau à la tête de la commune.”
 

Sécurité et jeunesse


Parmi les priorités citées par Opeta Tahuaitu, on retrouve la lutte contre les inondations à Papeari, comme à Mataiea. “Il n’y a pas d’assainissement, et quand il y a des caniveaux, ils ne sont pas suffisamment entretenus. Ça concerne la route territoriale, mais aussi les quartiers en sachant qu’il faudra consulter les habitants. Le 14 décembre 2025, nous avons encore une fois été confrontés à de fortes pluies et à des inondations. Les secours interviennent, mais c’est ponctuel. Il faut régler le problème durablement. Je ne veux plus que nos enfants pataugent dans l’eau pour aller à l’école. Il faut organiser une table ronde avec la commune, Terehēamanu et le Pays pour améliorer la situation”, estime le candidat au sujet de l’évacuation des eaux pluviales.
 
Autre axe prioritaire : la lutte contre la drogue et les points de deal. “Il faut intervenir avec la police municipale et proposer autre chose à nos jeunes. Il y a beaucoup de sites propices à l’agriculture chez nous : il faut ramener nos enfants à la terre en les accompagnant. Je suis aussi favorable à l’accueil d’un centre pour assurer le suivi des personnes en parcours de soins qui souhaitent s’en sortir”, explique-t-il, marqué par une rencontre avec la Fédération citoyenne polynésienne de lutte contre les drogues et la toxicomanie et la paroisse adventiste au sujet de la prolifération de l’ice.
 
Le candidat, qui recueille les doléances des habitants sur le terrain depuis janvier, soutient également la création d’un parc avec une aire de jeux pour enfants, “qui manque dans notre commune”. Il mise aussi sur le potentiel du quai de Tatutu (Teonetea), évoquant un projet de marché pour promouvoir les producteurs locaux, tout en restant ouvert aux propositions des porteurs de projet. “Je travaille étape par étape”, affirme-t-il.
 

​E Flores, tête de liste à Mataiea


À Mataiea, il peut compter sur le soutien de E Flores, 55 ans, qui a œuvré dans plusieurs associations dans les domaines du foncier, de l’éducation et de la culture. Il a déjà fait campagne avec le Tavini – dont il est le nouveau vice-président du comité de Mataiea –, mais cette fois-ci, il se présente sans brandir la bannière du parti. Parmi les projets envisagés à Mataiea, il prône un retour à la culture et au secteur primaire autour d’un projet de “village ancestral” ou “centre culturel” dédié à la jeunesse, au-delà des “quelques semaines d’animations proposées pendant la période du Heiva”.
 
La profession de foi de No oe Teva i Uta sera présentée plus en détails prochainement. Quatre réunions publiques, deux à Papeari et deux à Mataiea, sont prévues entre le 5 et le 13 mars.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Lundi 23 Février 2026 à 16:32 | Lu 669 fois