“On les forme à être opérationnels”


Tahiti, le 16 avril 2026 – En BTS Service de prestation du secteur sanitaire et social au lycée Diadème Te Tara o Maiao, Manon Atiu et Miya Maihuri Moeterauri ont invité des femmes “inspirantes” du Fenua pour échanger avec elles de leurs parcours et faire la démonstration aux jeunes qu’on peut réussir “malgré les difficultés de la vie”.
 
Manon Atiu et Miya Maihuri Moeterauri, toutes deux étudiantes en BTS Service de prestation du secteur sanitaire et social (SP3S) 1ère année au lycée Tara o Maiao, ont depuis plusieurs mois préparé une rencontre entre les élèves du lycée et des “femmes inspirantes” du Fenua. Ces dernières ont été notamment invitées à parler de leur parcours personnel et professionnels et aussi pour “expliquer quelles difficultés elles ont enduré dans leur vie, s'il y avait des lacunes durant leur vie professionnelle, jusqu'à ce qu'elles soient, maintenant, des femmes qui ont une certaine notoriété au Fenua et pour montrer qu'on peut réussir malgré les difficultés de la vie”, expliquent les deux jeunes filles.

“Prêts à entrer dans la vie active”

Le lycée Tara no Maiao dispose d’un référent “Égalité hommes-femmes” depuis quelques années. Dans le cadre de leur parcours scolaires les élèves en BTS SP3S doivent monter des projets sur différents thèmes tels que les violences faites aux femmes, le cyber-harcèlement, ou encore à l'orientation genrée. “Ce sont les étudiants de première année du BTS SP3S, qui ont, par petits groupes, tous mené, construit, réalisé l'action du début à la fin”, explique la professeure Naima Khadraoui
 
Comme l’explique l’enseignante, cet événement a “vocation à les préparer, en tant que futurs professionnels, à construire et mener des projets. On les met dans la réalité, c'est-à-dire qu'ils sont de futurs professionnels du domaine sanitaire et social, qui doivent mener des actions, mener des projets. Ils sont réellement en posture professionnelle”. Dane ce contexte, précise-t-elle l’équipe pédagogique est là pour “les accompagner sur les outils, sur la mise en œuvre, mais l'idée émergente, elle vient d'eux. Nous on supervise et on leur vient en aide s'il y a besoin, mais tout a été construit par les étudiants”. Elle insiste sur le fait qu’après l'obtention de leur BTS, ces étudiants sont “prêts à entrer directement dans la vie active car on les forme à être opérationnels”.
 
Elle se réjouit d’avoir vu Manon Atiu et Miya Maihuri Moeterauri prendre de plus en plus d’assurance au fil des mois. “Elles ont pris confiance et aujourd’hui elles ont montré qu'elles étaient capables de s'adapter, qu'elles maîtrisaient leur sujet, ce qui est très important pour un professionnel, surtout dans le domaine sanitaire et social”.
 
Elle a également assisté sur l’intervention de certaines “femmes inspirantes” et affirme que “des messages forts ont été donnés, ont été entendus par les élèves qui ont participé aux différentes tables rondes, et je trouve que c'est un vrai succès”.

“Les femmes peuvent aussi réussir dans la vie”

Miya Maihuri Moeterauri assure que l‘organisation de cet événement n’a pas toujours été facile et ce jusqu’au dernier moment : “il y avait, par exemple, des intervenants qui ne sont pas là car ils ne pouvaient plus venir. Et d'autres qui n'avaient pas confirmé, et qui sont venus. C’est cela qui a été un peu plus difficile à gérer.” Mais cela n’a pas découragé Manon Atiu et Miya Maihuri Moeterauri qui savent maintenant ce qu’il faudra améliorer la prochaine fois.
  
Pour le choix des intervenantes, elles ont choisi les femmes politiques, des cheffes de services, des entrepreneures ou encore des présidentes d’associations telles que la Ligue contre le cancer ou encore l’association Amazones.
 
Manon Atiu l’explique : “On a pris des femmes célèbres de la Polynésie” même si “cela n’a pas été facile de prendre contact avec elles, surtout le politique. On devait passer par le secrétariat, c'était assez compliqué (…). Heureusement lorsque l'événement se rapprochait le contact était direct parce qu’avant c’était le stress.”
 
Ces deux étudiantes ont même dû changer la date de leur événement : “On n'était pas prêtes. Ça devait se dérouler pendant la semaine de la journée internationale des droits des femmes. Et du coup, c'est pour ça qu'on voulait inviter les femmes inspirantes. C'est pour montrer aux jeunes filles, aux élèves, aux garçons que les femmes peuvent aussi réussir dans la vie.”

Vaite Tino, entrepreneure et gérante de Vaite Tino Art “Il faut être persévérant et avoir confiance en soi”

“C’est une très belle initiative pour aider notre jeunesse qui est un peu perdue aujourd'hui. Peut-être qu'entendre parler de nos parcours, ça peut les orienter, les aider à y voir un peu plus clair sur ce qu'ils veulent dans leur vie. J'espère sincèrement avoir été une source d'inspiration (…). J'espère que notre intervention à toutes aidera cette jeunesse à se relever, à ouvrir les yeux parce que la vie n'est pas facile et on est là malgré toutes les difficultés. J'expliquais que si Nathalie Salmon Hudry, par exemple, qui est une figure de courage et de persévérance, a pu arriver à la présidence, pourquoi pas eux, qui ont le soutien moral et financier de leurs parents, et qui ont tous ces profs qui sont là pour eux (…).
 
Je pense que si on commence ces interventions dès le collège ça peut grandement aider notre population et nos jeunes car comme j'expliquais, la vie n’est pas facile. Aujourd'hui, on est chez papa et maman, ils payent le mā’a, le linge, les factures. La vie, elle est compliquée et pour pouvoir la traverser, il faut être persévérant et surtout avoir confiance en soi.”

Natacha Helme, présidente de la Ligue contre le cancer en Polynésie “Le travail, la persévérance fait que vous deviendrez ce que vous aurez décidé”

“C’est une très bonne initiative parce qu'il nous faut absolument motiver nos jeunes – en tout cas les jeunes filles – à avoir de très grands rêves (…) ; mais il faut s’en donner les moyens. Toutes les intervenantes ont des parcours complètement différents. Mais au final, une chose nous rassemble, c’est le travail, les sacrifices, la persévérance, rien ne nous a été servi sur un plateau. On s'est battues pour en arriver là. Et je pense qu'ils avaient besoin d'entendre que c'était possible. On vient d'un milieu modeste, avec une éducation modeste, avec des moyens vraiment modestes ; et on a réussi.
J'espère sincèrement que nos expériences, aussi différentes qu'elles soient, vont impacter leur avenir, parce que moi, je m'inquiète pour cette société qui est en perdition, qui malheureusement fait face à des fléaux qu’on n’avait pas à notre époque (…). J'espère que nos expériences vont leur donner confiance en eux et surtout vont éveiller chez eux cette conscience de faire les bons choix dans la vie. Et comme je leur dis, en tant que femme, si vous voulez être respecté, il faut d'abord que vous vous respectiez vous-même. Et pour vous respecter vous-même, c'est des valeurs qu'on cultive, mais c'est surtout le travail, la persévérance qui fait que vous deviendrez ce que vous aurez décidé d'être.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 16 Avril 2026 à 17:39 | Lu 439 fois