“On est arrivé à mettre tout ce qu'on voulait”


 Tahiti, le 29 juin 2026 - Un protocole d’accord a été signe dimanche en début de soirée entre le gouvernement et la Fédération des interprofessionnels des services de la santé en Polynésie (Fissap). “C'était un peu chaud au départ” puis, après plusieurs heures de discussions, ils ont réussi à tomber d’accord. Pour le financement de toutes les revendications, la Fissap assure que “ce ne sera pas chacun pour soi (…) ce sera tout le monde ensemble (…) et selon la capacité des finances du Pays (…) et pas de taxes nouvelles ou de cotisations nouvelles”.
 
Dimanche matin, les membres de la Fédération des interprofessionnels des services de la santé en Polynésie (Fissap), leur ministre de tutelle, Raihei Ansquer, et la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, étaient encore à travailler sur la rédaction d’un protocole d’accord. Un préavis de grève, déposé le 23 juin, arrivait à échéance dimanche soir. Comme l’a souligné la secrétaire générale de la Fissap, le ministre du Budget, Warren Dexter, ainsi que le directeur de la santé, Francis Spaak, n’étaient pas présents à cette ultime réunion, dimanche matin.
 
Après cinq heures de discussion, ils ont tous décidé de faire une pause. Interrogée à la sortie des négociations, la secrétaire générale de la Fissap, Mireille Duval, assure que par rapport à leur réunion de vendredi dernier, “c'était un peu chaud au départ car il fallait qu'on repositionne fermement nos demandes (…) parce que nos revendications étaient claires sur le préavis”.
 
Rappelons que la Fissap avait deux revendications principales. La fédération syndicale demandait la “réforme urgente des cadres d’emplois et la revalorisation des parcours professionnels” et cela passe surtout par “la réforme structurelle des cadres d’emplois D, C et B de la filière santé, le reclassement des Anfa relevant des catégories professionnelles CC4, CC3 et CC2, la sécurisation budgétaire obligatoire et l’accompagnement par la formation”. La Fissap dénonçait également dans son préavis de grève le non-respect du protocole de fin de conflit relatif au préavis de grève illimitée déposé le 9 mars 2026.
 

“On est arrivé à mettre tout ce qu'on voulait”

En début de soirée, ils sont finalement tombés d’accord sur la rédaction d’un protocole d’accord et les syndicalistes étaient satisfaits : “On est arrivé à mettre tout ce qu'on voulait dedans. Les propositions de rédaction pour le projet du protocole d'accord, nous les avions transmises et rien n'a été modifié. Et mieux encore, on a même des dates, c'est ça qui est très bien (…). Les travaux vont débuter en août 2026. Ça, c'est nouveau.”
 
La première réunion de travail est fixée au 17 août prochain et des réunions mensuelles de 4 heures sont également prévues avec tous les représentants de chaque cadre d’emplois. “Ce qui est bien, c'est qu’on n'avait pas de date avant. On a même mis le détail des métiers à revoir”, souligne la secrétaire générale de la Fissap.
 
Cette dernière note également que pour le reclassement des Anfa, “on a trouvé une belle procédure”. Concernant le non-respect relatif au calendrier des travaux statutaires, “là, on a bien défini” les choses.
 
Le management a également été mis sur la table des discussions. Selon le syndicat, le CHPF et la Direction de la santé vont privilégier “le bien-être au travail”. Il sera également question “d'uniformiser ce qui existe à l'hôpital avec la santé publique. Ça, c'est nouveau. Donc, on voit quand même qu'on arrive à convenir pour qu'on marche dans la même direction”.

Pas “de taxes nouvelles ou de cotisations nouvelles”

La secrétaire générale de la Fissap rappelle que les revendications reposaient sur “deux maux” contre lesquels il faut lutter : le manque de reconnaissance des agents et le manque d'accompagnement. “Aujourd'hui, on se sent aussi seul, il faut nous accompagner et on invite aussi nos chers médecins à rester unis avec nous pour l'intérêt de nos patients”.
 
Pour ce qui relève du budget qui viendra abonder le financement des revendications du syndicat, Mireille Duval est claire : “Ce sera tout le monde ensemble (…) ça veut dire que les médecins ne pourront pas s'échapper. Ils devront se coller à nous parce que s'ils vont tenter le coup, on va leur dire non (…). Ce ne sera pas chacun pour soi”, insiste la syndicaliste.
 
Elle souligne d’ailleurs qu’ils se sont mis d’accord avec le gouvernement pour que cela se fasse “selon la capacité des finances du Pays. Donc ça veut dire qu’il n'y a pas un statut qui passera avant les autres statuts”.
 
Elle ajoute que la “capacité financière du Pays sera répartie de manière juste à toutes les catégories, et non pas uniquement à une catégorie, ou à un cadre d'emplois. Ça suffit, il faut qu'on montre qu'on est là pour le patient (…). Le ministre de l'Économie nous l’a bien dit, il n'ira pas chercher de taxes nouvelles ou de cotisations nouvelles”.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 29 Juin 2026 à 17:02 | Lu 475 fois