Tahiti, le 30 juin 2025 – Le ministre Taivini Teai a toujours prôné la “restructuration” de l'Épic Vanille (EVT) plutôt que sa fermeture pure et simple comme le préconisait la CTC. C'est pourquoi un plan de départs volontaires a été soumis aux salariés de l'EVT, sur la base de 30 % du salaire mensuel par année d'ancienneté et un mois de préavis. Sur les 42 salariés, 22 y sont “favorables” mais pas dans ces proportions. Le président du Pays a renvoyé les délégués syndicaux vers les élus de l'assemblée qui votent les budgets et qui peuvent donc décider d'octroyer à l'Épic une enveloppe supplémentaire.
C'est à l'occasion de l'examen des comptes administratifs du Pays pour 2024 que le sujet a été évoqué jeudi dernier en séance plénière à l'assemblée. Quid de l'Épic Vanille (EVT) et surtout de ses agents à qui le gouvernement a proposé un plan de départs volontaires ? Rappelons d'abord qu'un rapport de la Chambre territoriale des comptes (CTC) recommandait en février dernier – c'était d'ailleurs sa seule recommandation – la fermeture pure et simple de cet établissement public budgétivore qui vit sous perfusion du Pays, alors que son statut d'Épic devrait au contraire l'“obliger à une réelle autonomie financière”.
Si de nombreux élus du Tavini s'étaient prononcés eux aussi en faveur de cette fermeture, dénonçant notamment un problème de management à la tête de l'Épic, le ministre de l'Agriculture, Taivini Teai, avait préféré tempérer les choses en privilégiant une “restructuration” plutôt qu'une fermeture. L'idée étant de transférer certaines missions de l'EVT, notamment en ce qui concerne le financement des ombrières, à la Direction de l'agriculture ou à la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), afin de “recentrer les missions de l'établissement sur la production des gousses de vanille et son extraction”. En ciblant ainsi, le ministre espère “générer des dividendes qui permettront à l'assemblée et au Pays de réduire l'enveloppe financière dédiée à cet Épic”.
“C'est là où ça coince en effet”
Mais qui dit restructuration avec un redéploiement des missions, dit forcément licenciement ou plan de départs volontaires avec un mois de préavis. Et c'est cette dernière option qui a été retenue, comme nous l'a confirmé le ministre, jeudi, en marge de la séance à l’assemblée, après avoir évoqué le sujet en comité de majorité. “D'abord, il faut savoir qu'en tant qu'Épic, il n'y a pas d'obligation statutaire de replacer les agents dans la fonction publique territoriale. On pourrait faire un licenciement pur et simple. Ça n'a pas été la volonté du gouvernement et de la direction de l'Épic Vanille”, a d'emblée tenu à préciser le ministre qui explique avoir proposé ce plan de départs volontaires au conseil d'administration qui l'a validé, sur “une enveloppe globale de 50 millions qui correspond à 30 % du salaire mensuel payé par année d'ancienneté”.
C'est à l'occasion de l'examen des comptes administratifs du Pays pour 2024 que le sujet a été évoqué jeudi dernier en séance plénière à l'assemblée. Quid de l'Épic Vanille (EVT) et surtout de ses agents à qui le gouvernement a proposé un plan de départs volontaires ? Rappelons d'abord qu'un rapport de la Chambre territoriale des comptes (CTC) recommandait en février dernier – c'était d'ailleurs sa seule recommandation – la fermeture pure et simple de cet établissement public budgétivore qui vit sous perfusion du Pays, alors que son statut d'Épic devrait au contraire l'“obliger à une réelle autonomie financière”.
Si de nombreux élus du Tavini s'étaient prononcés eux aussi en faveur de cette fermeture, dénonçant notamment un problème de management à la tête de l'Épic, le ministre de l'Agriculture, Taivini Teai, avait préféré tempérer les choses en privilégiant une “restructuration” plutôt qu'une fermeture. L'idée étant de transférer certaines missions de l'EVT, notamment en ce qui concerne le financement des ombrières, à la Direction de l'agriculture ou à la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), afin de “recentrer les missions de l'établissement sur la production des gousses de vanille et son extraction”. En ciblant ainsi, le ministre espère “générer des dividendes qui permettront à l'assemblée et au Pays de réduire l'enveloppe financière dédiée à cet Épic”.
“C'est là où ça coince en effet”
Mais qui dit restructuration avec un redéploiement des missions, dit forcément licenciement ou plan de départs volontaires avec un mois de préavis. Et c'est cette dernière option qui a été retenue, comme nous l'a confirmé le ministre, jeudi, en marge de la séance à l’assemblée, après avoir évoqué le sujet en comité de majorité. “D'abord, il faut savoir qu'en tant qu'Épic, il n'y a pas d'obligation statutaire de replacer les agents dans la fonction publique territoriale. On pourrait faire un licenciement pur et simple. Ça n'a pas été la volonté du gouvernement et de la direction de l'Épic Vanille”, a d'emblée tenu à préciser le ministre qui explique avoir proposé ce plan de départs volontaires au conseil d'administration qui l'a validé, sur “une enveloppe globale de 50 millions qui correspond à 30 % du salaire mensuel payé par année d'ancienneté”.
Sur les 42 agents de l'Épic, “plus de la moitié, soit 22 agents, y a été favorable, mais certains d'entre eux ont sollicité une augmentation”. Sauf que selon le ministre, cela gonflerait l'enveloppe inscrite au budget 2025 du Pays “d'une centaine de millions de francs”. Et “c'est là où ça coince en effet”, admet-il, et c'est pourquoi le gouvernement leur a demandé de couper la poire en deux. C'est ainsi qu'ils ont fini par proposer une solution médiane, “à savoir de rajouter 48 millions”, correspondant à 80 % du salaire mensuel par année d'ancienneté, avec un renoncement au mois de préavis.
La difficulté de se réinsérer
En séance plénière, les élues du Tapura Lana Tetuanui et Tepuaraurii Teriitahi sont montées au créneau, estimant que ces indemnités de départ étaient insuffisantes pour permettre aux agents qui en bénéficieraient de pouvoir se reconvertir. “Quand on fait la moyenne d'âge de l'Épic Vanille, il y en a qui n'ont que 45 ans, et retrouver un emploi à cet âge-là, ce n'est pas évident. Et en ayant une spécialisation, ils n'ont pas beaucoup le choix si ce n'est celui de se mettre à leur compte pour travailler dans le même domaine. Mais pour ça, il leur faut des moyens”, s'est inquiétée Tepuaraurii Teriitahi, se basant sur le calcul proposé à hauteur de 30 % du salaire mensuel par année d'ancienneté : “Pour certains qui ont plus de 20 ans d'ancienneté, qui sont des petites mains, cela les fait partir avec 1,7 million de francs. Comment on peut se réinsérer ou relancer une activité avec ça ?”, a ainsi plaidé l'élue du Tapura qui n'a pas manqué de faire la comparaison avec les sommes allouées par le Pays à Air Tahiti Nui : “Si on accepte les fameux 80 % qu'ils demandent, ça ferait pour cette même personne 3,8 millions (...) et on me parle d'une somme de 46 millions, est-ce qu'on ne peut pas trouver 46 millions ?”
C'est le président du Pays qui lui a répondu reprenant d'abord les arguments développés plus haut par son ministre concernant le recentrage et le redéploiement des missions avec une réduction de la masse salariale. “Je ne sais plus si c'est 46 ou 48 millions mais c'est dans ces eaux-là. Ce qu'il faut savoir, c'est que la proposition qui est aujourd'hui sur la table et qui a été actée par le conseil d'administration de l'Épic, est une solution qui peut être mise en œuvre puisque ce sont des fonds dont l'Épic dispose dans ses caisses aujourd'hui. Dès lors qu'on veut donner plus que ça, il faut donner plus d'argent à l'Épic et changer les conditions de ce plan de départs volontaires. C'est pour ça que nous avons conseillé aux délégués syndicaux de venir à votre rencontre pour voter un tel abondement”, a déclaré Moetai Brotherson, renvoyant ainsi la balle aux élus de Tarahoi.
La difficulté de se réinsérer
En séance plénière, les élues du Tapura Lana Tetuanui et Tepuaraurii Teriitahi sont montées au créneau, estimant que ces indemnités de départ étaient insuffisantes pour permettre aux agents qui en bénéficieraient de pouvoir se reconvertir. “Quand on fait la moyenne d'âge de l'Épic Vanille, il y en a qui n'ont que 45 ans, et retrouver un emploi à cet âge-là, ce n'est pas évident. Et en ayant une spécialisation, ils n'ont pas beaucoup le choix si ce n'est celui de se mettre à leur compte pour travailler dans le même domaine. Mais pour ça, il leur faut des moyens”, s'est inquiétée Tepuaraurii Teriitahi, se basant sur le calcul proposé à hauteur de 30 % du salaire mensuel par année d'ancienneté : “Pour certains qui ont plus de 20 ans d'ancienneté, qui sont des petites mains, cela les fait partir avec 1,7 million de francs. Comment on peut se réinsérer ou relancer une activité avec ça ?”, a ainsi plaidé l'élue du Tapura qui n'a pas manqué de faire la comparaison avec les sommes allouées par le Pays à Air Tahiti Nui : “Si on accepte les fameux 80 % qu'ils demandent, ça ferait pour cette même personne 3,8 millions (...) et on me parle d'une somme de 46 millions, est-ce qu'on ne peut pas trouver 46 millions ?”
C'est le président du Pays qui lui a répondu reprenant d'abord les arguments développés plus haut par son ministre concernant le recentrage et le redéploiement des missions avec une réduction de la masse salariale. “Je ne sais plus si c'est 46 ou 48 millions mais c'est dans ces eaux-là. Ce qu'il faut savoir, c'est que la proposition qui est aujourd'hui sur la table et qui a été actée par le conseil d'administration de l'Épic, est une solution qui peut être mise en œuvre puisque ce sont des fonds dont l'Épic dispose dans ses caisses aujourd'hui. Dès lors qu'on veut donner plus que ça, il faut donner plus d'argent à l'Épic et changer les conditions de ce plan de départs volontaires. C'est pour ça que nous avons conseillé aux délégués syndicaux de venir à votre rencontre pour voter un tel abondement”, a déclaré Moetai Brotherson, renvoyant ainsi la balle aux élus de Tarahoi.