La direction de Newrest a réagi ce lundi aux déclarations de la commune de Papara (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 22 juin 2026 – Une semaine après le début de la grève à la cuisine centrale de Papara, la direction de Newrest a accepté de s’exprimer. L’entreprise se défend et affirme être “ouverte à la négociation” et avoir “multiplié les propositions”. Elle ne remet pas en cause le préavis de la CSIP : elle s’interroge davantage sur la “stratégie” de la commune.
Ce lundi matin, le piquet de grève mené par la CSIP était toujours d’actualité à la cuisine centrale de Newrest, à Papara. Une quinzaine de personnes étaient mobilisées sur place. Tandis que l’échéance contractuelle du 30 juin s’approche, les négociations sont au point mort et les salariés prennent leur mal en patience. “Nous, ce qu’on veut, c’est continuer de travailler sur le site de Papara. Quand je vois les autres communes alimentées par une cuisine centrale sur place, je souhaite que nos enfants puissent eux aussi continuer à profiter de repas faits au jour le jour, ce qui ne sera pas le cas si on délocalise sur Faa’a”, confie un membre de l’équipe depuis 2006 et résident de Papara.
Ce lundi matin, le piquet de grève mené par la CSIP était toujours d’actualité à la cuisine centrale de Newrest, à Papara. Une quinzaine de personnes étaient mobilisées sur place. Tandis que l’échéance contractuelle du 30 juin s’approche, les négociations sont au point mort et les salariés prennent leur mal en patience. “Nous, ce qu’on veut, c’est continuer de travailler sur le site de Papara. Quand je vois les autres communes alimentées par une cuisine centrale sur place, je souhaite que nos enfants puissent eux aussi continuer à profiter de repas faits au jour le jour, ce qui ne sera pas le cas si on délocalise sur Faa’a”, confie un membre de l’équipe depuis 2006 et résident de Papara.
Le point de vue de la municipalité
Dans son dernier communiqué en date du 17 juin, la commune de Papara indique ne pas vouloir “interférer dans un conflit social qui ne la concerne pas” et dénonce une prise “en otage des enfants”. En l’absence de livraison des repas à destination des écoles de Papara, c’est la cuisine centrale de Teva i Uta qui continue à ce jour d’approvisionner les élèves demi-pensionnaires. “Depuis le 15 avril 2026, la commune de Papara dispose d’un projet de contrat permettant de sécuriser le sort des salariés qui souhaitent continuer à travailler pour la société Newrest”, est-il mentionné par la municipalité, qui précise que la société “refuse de signer cet accord après avoir formulé de nouvelles exigences inacceptables en droit pour la commune de Papara”. Le maire restait prêt à “reprendre les discussions”.
Newrest sort de sa réserve
Une semaine après le début de la grève, la direction de Newrest en Polynésie a accepté de sortir de sa réserve et de s’exprimer, ce lundi. Elle dénonce à son tour “une instrumentalisation regrettable”, estimant que ce sont les salariés “qui sont aussi des administrés de Papara, qui se retrouvent pris en otage dans un conflit qui les dépasse”. “La commune choisit de focaliser l’attention sur les repas scolaires, alors que les difficultés trouvent leur origine dans des désaccords contractuels anciens et connus”, remarque l’entreprise, qui affirme être “ouverte à la négociation” et avoir “multiplié les propositions”.
C’est un “document confidentiel porté à notre connaissance par erreur” qui aurait changé la tournure des échanges : pour la direction de Newrest, ce document juridique met en avant “une volonté manifeste de la commune de conduire au blocage” malgré l’engagement de l’entreprise dans le second appel à manifestation d’intérêt (AMI2) à “reprendre définitivement” les 18 postes hérités de la délégation de service public de Sodexo, à injecter 50 millions de francs dans la cuisine centrale et à s’acquitter d’une redevance annuelle de 15 millions de francs. “La commune nous a demandé de signer en urgence des documents relatifs à la reprise du personnel, tout en préparant simultanément une stratégie sur les conditions d’occupation de la cuisine qui auraient placé Newrest en situation de risque”, analyse la direction. Quant aux documents comptables sollicités par la commune, Newrest assure avoir tenu ses engagements entre la transmission des rapports annuels, la production des comptes certifiés et le maintien de la qualité de service et d’entretien des installations.
La direction invite la commune “à revenir à la table des négociations pour une signature concomitante des trois projets de contrat (...) dans un esprit d’apaisement et de responsabilité”. Si aucun accord ne devait être conclu dans les prochains jours, Newrest se prépare au transfert logistique de sa production de Papara vers Faa’a pour garantir la continuité de service.
Les grévistes attendent depuis une semaine d’être fixés sur leur sort.