Mort de Mathis à Lille: la famille réclame un encadrement strict du protoxyde d'azote


Sameer Al-DOUMY / AFP
Lille, France | AFP | jeudi 11/12/2025 - La famille de Mathis, 19 ans, mortellement percuté le 1er novembre à Lille par un automobiliste ayant consommé du protoxyde d'azote, a demandé jeudi aux ministres de la Justice et de l'Intérieur d'encadrer strictement l'accès à cette substance.

Les proches réclament notamment que le gouvernement réserve la vente et l'achat de protoxyde d'azote "aux seuls professionnels autorisés par décret, sur présentation de justificatifs, par des revendeurs spécialisés", selon un communiqué de l'avocat des parents, Me Antoine Régley.

Il s'exprimait après une rencontre réunissant la mère de la victime, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez au ministère de l'Intérieur.

Il a aussi été proposé de "sanctionner sévèrement la détention non autorisée de protoxyde d'azote" notamment au moyen de peines liées au permis de conduire: suspension, perte de points, annulation et confiscation immédiate et définitive du véhicule dans lequel serait retrouvé du produit. 

Utilisé en médecine ou cuisine, sa vente est en théorie interdite aux mineurs et dans certains lieux depuis 2021, mais sauf arrêtés locaux, elle reste légale.

La "criminalisation des homicides les plus graves", qui pourraient alors être jugés en cour d'assises, a également été évoquée afin que ces infractions "soient jugées par le peuple, suivant des peine répondant davantage à la perte d'une vie humaine". 

Le Sénat a voté en mars la pénalisation de l'usage détourné du protoxyde d'azote, sans aller toutefois jusqu'à interdire totalement sa vente aux particuliers, comme l'avaient fait auparavant les députés. L'avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres. 

Le 1er novembre, Mathis a été tué sur l'un des principaux boulevards lillois par un conducteur qui avait consommé du protoxyde d'azote et tentait de fuir la police.

Le protoxyde d'azote, surnommé "gaz hilarant", a notamment pour effet secondaire la perte de contrôle de ses consommateurs. 

Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes parue en octobre (sur 2.256 personnes), un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et la moitié d'entre eux l'ont déjà fait en conduisant. D'après cette étude, 10% des 16-24 ans pensent qu'en inhaler au volant n'est pas risqué.

le Jeudi 11 Décembre 2025 à 05:34 | Lu 282 fois