Moorea, le 13 janvier 2026 - La commune de Moorea recherche ses 2 700 administrés non répertoriés pour le ramassage et le traitement des déchets mais qui bénéficient quand même de ces services en déposant leurs déchets à la déchetterie sans rien payer. Un des moyens d’y parvenir, c’est la mise en place d’une carte d’accès à la déchetterie qui permettra de diminuer la “perte de recettes pour la commune” et de réduire ainsi le déficit budgétaire des déchets.
Depuis le 1er janvier dernier, l’accès à la déchetterie de Moorea est uniquement accordé sur présentation d’une carte. Une décision prise par la commune car celle-ci a recensé plus de 7 000 abonnés pour l’eau alors qu’elle n’en compte que 4 300 pour le ramassage des déchets. 2 700 sont donc dans la nature.
Il faut savoir qu’à Moorea, le ramassage des ordures ménagères ne s’effectue pas sur toute l’île car certaines vallées et servitudes sont techniquement inaccessibles. Et ce sont ces administrés-là qui ne sont finalement pas répertoriés dans le listing de la commune et qui pourtant déposent leurs déchets à la déchetterie sans que cela ne leur soit facturé.
“ C'est pour ça qu'on voulait mieux contrôler l'accès à la déchetterie. Cela incite les non-abonnés à venir se déclarer et à ouvrir un abonnement. Nous en avons presque 3 000 à aller chercher. C'est une perte de recettes pour la commune”, précise le responsable de la gestion et valorisation des déchets, Watson Poroi.
“Si on devait ramener la redevance au coût réel, on serait à plus de 60 000 francs”
Le budget annuel de la commune pour le traitement des déchets en 2025 s'est élevé à plus de 400 millions de francs, répartis pour le fonctionnement et l'investissement, comme le renouvellement des camions. “On en aura des neufs, d’où la nécessité de faire participer tout le monde.”
Moorea n’est pas un cas isolé, dans la majorité des communes de Tahiti, le budget de l’eau et celui de la collecte et du traitement des déchets sont toujours déficitaires. L’île Sœur, elle, accuse un déficit de près de 180 millions de francs par an. Et Moorea ne déroge pas à la règle, comme pour toutes les autres communes, le budget principal vient équilibrer le budget de l’eau et celui des déchets. “La volonté avec cette carte, c'est d'augmenter nos recettes en allant chercher ces nouveaux abonnés. On a eu beaucoup de nouveaux abonnés depuis décembre, on en est à plus de 200 nouveaux abonnements. Donc, ça porte ses fruits, mais on est encore loin des 7 000 abonnés.”
Le responsable de la gestion et valorisation des déchets ajoute que l’établissement de cette carte afin d’engendrer de nouveaux abonnements est “nécessaire pour augmenter nos recettes parce qu'on est loin de l'équilibre. Aujourd'hui, la redevance est à 19 200 francs. Si on devait la ramener au coût réel, on serait à plus de 60 000 francs. Voilà le fossé qu'il y a entre ce qui est appliqué et ce qui devrait être appliqué pour arriver à un équilibre du service. Ce déficit est financé par le budget général et c'est un budget qui ne va pas dans l'entretien des écoles ou dans l'entretien des routes.”
“ Il n'y aura plus d'échappatoire”
Pour ceux qui n’auraient pas encore leur carte, “on vous laissera passer une dernière fois à la déchetterie, mais il faudra venir vous déclarer pour faire la carte”, assure Watson Poroi. La première carte est gratuite et si vous la perdez, il vous en coûtera 1 000 francs pour la refaire. Cette carte permettra également l'ouverture d'un abonnement pour ceux qui n’en avaient pas.
“Il n'y aura plus d'échappatoire”, affirme le responsable de la gestion et valorisation des déchets à Moorea qui rappelle que “pour les zones collectées, la redevance s’élève à 19 200 francs l'année et pour toutes les zones non collectées, il faut faire un dépôt en déchetterie. C’est 9 600 francs l'année et cela couvre le traitement des déchets et le transfert sur Tahiti et cela coûte de plus en plus cher.”
Le traitement et le transfert des déchets “pèsent de plus en plus sur le budget de la commune. Heureusement qu'on bénéficie d'une péréquation, donc toutes les communes participent à une caisse.
La facture pourrait être encore plus salée si on n'avait pas cette péréquation-là.” Rien que le transfert des déchets à Tahiti coûte plus de 200 millions par an à la commune pour 4 800 tonnes de déchets en 2025.
Watson Poroi compte bien retrouver ces 2 700 administrés qui sont la nature puisque comme il le précise, ce travail a débuté en 2022 avec le contrôle des professionnels. Il y aura ensuite l’adressage. “On pourra s'aider de cet adressage-là pour venir augmenter notre nombre d'abonnés, ça se fera sur plusieurs années.”
Rappelons que lors d’un conseil des ministres délocalisé, le Tavini avait même annoncé que le traitement des déchets serait repris par le Pays.
Depuis le 1er janvier dernier, l’accès à la déchetterie de Moorea est uniquement accordé sur présentation d’une carte. Une décision prise par la commune car celle-ci a recensé plus de 7 000 abonnés pour l’eau alors qu’elle n’en compte que 4 300 pour le ramassage des déchets. 2 700 sont donc dans la nature.
Il faut savoir qu’à Moorea, le ramassage des ordures ménagères ne s’effectue pas sur toute l’île car certaines vallées et servitudes sont techniquement inaccessibles. Et ce sont ces administrés-là qui ne sont finalement pas répertoriés dans le listing de la commune et qui pourtant déposent leurs déchets à la déchetterie sans que cela ne leur soit facturé.
“ C'est pour ça qu'on voulait mieux contrôler l'accès à la déchetterie. Cela incite les non-abonnés à venir se déclarer et à ouvrir un abonnement. Nous en avons presque 3 000 à aller chercher. C'est une perte de recettes pour la commune”, précise le responsable de la gestion et valorisation des déchets, Watson Poroi.
“Si on devait ramener la redevance au coût réel, on serait à plus de 60 000 francs”
Le budget annuel de la commune pour le traitement des déchets en 2025 s'est élevé à plus de 400 millions de francs, répartis pour le fonctionnement et l'investissement, comme le renouvellement des camions. “On en aura des neufs, d’où la nécessité de faire participer tout le monde.”
Moorea n’est pas un cas isolé, dans la majorité des communes de Tahiti, le budget de l’eau et celui de la collecte et du traitement des déchets sont toujours déficitaires. L’île Sœur, elle, accuse un déficit de près de 180 millions de francs par an. Et Moorea ne déroge pas à la règle, comme pour toutes les autres communes, le budget principal vient équilibrer le budget de l’eau et celui des déchets. “La volonté avec cette carte, c'est d'augmenter nos recettes en allant chercher ces nouveaux abonnés. On a eu beaucoup de nouveaux abonnés depuis décembre, on en est à plus de 200 nouveaux abonnements. Donc, ça porte ses fruits, mais on est encore loin des 7 000 abonnés.”
Le responsable de la gestion et valorisation des déchets ajoute que l’établissement de cette carte afin d’engendrer de nouveaux abonnements est “nécessaire pour augmenter nos recettes parce qu'on est loin de l'équilibre. Aujourd'hui, la redevance est à 19 200 francs. Si on devait la ramener au coût réel, on serait à plus de 60 000 francs. Voilà le fossé qu'il y a entre ce qui est appliqué et ce qui devrait être appliqué pour arriver à un équilibre du service. Ce déficit est financé par le budget général et c'est un budget qui ne va pas dans l'entretien des écoles ou dans l'entretien des routes.”
“ Il n'y aura plus d'échappatoire”
Pour ceux qui n’auraient pas encore leur carte, “on vous laissera passer une dernière fois à la déchetterie, mais il faudra venir vous déclarer pour faire la carte”, assure Watson Poroi. La première carte est gratuite et si vous la perdez, il vous en coûtera 1 000 francs pour la refaire. Cette carte permettra également l'ouverture d'un abonnement pour ceux qui n’en avaient pas.
“Il n'y aura plus d'échappatoire”, affirme le responsable de la gestion et valorisation des déchets à Moorea qui rappelle que “pour les zones collectées, la redevance s’élève à 19 200 francs l'année et pour toutes les zones non collectées, il faut faire un dépôt en déchetterie. C’est 9 600 francs l'année et cela couvre le traitement des déchets et le transfert sur Tahiti et cela coûte de plus en plus cher.”
Le traitement et le transfert des déchets “pèsent de plus en plus sur le budget de la commune. Heureusement qu'on bénéficie d'une péréquation, donc toutes les communes participent à une caisse.
La facture pourrait être encore plus salée si on n'avait pas cette péréquation-là.” Rien que le transfert des déchets à Tahiti coûte plus de 200 millions par an à la commune pour 4 800 tonnes de déchets en 2025.
Watson Poroi compte bien retrouver ces 2 700 administrés qui sont la nature puisque comme il le précise, ce travail a débuté en 2022 avec le contrôle des professionnels. Il y aura ensuite l’adressage. “On pourra s'aider de cet adressage-là pour venir augmenter notre nombre d'abonnés, ça se fera sur plusieurs années.”
Rappelons que lors d’un conseil des ministres délocalisé, le Tavini avait même annoncé que le traitement des déchets serait repris par le Pays.
Une ressourcerie et un broyeur à verre “pour diminuer au maximum les déchets”
Une ressourcerie devrait bientôt voir le jour à Moorea, juste à côté de la déchetterie de Tema’e. Le local est en construction. “L'objectif, c'est de diminuer au maximum les déchets qu'on envoie sur Papeete en les revalorisant au mieux. On va récupérer les meubles et l'électro-ménager qu'on peut facilement réparer et qu’on pourra redonner à des familles nécessiteuses, et aussi récupérer du linge”, explique Watson Poroi qui ajoute que “cela pourra bénéficier à de nombreuses familles”.
La commune a également fait l'acquisition d’un broyeur à verre. Elle compte utiliser le sable récolté pour les chantiers de construction de la commune. “Vu qu’on achète du sable, ça nous fera faire des économies”, assure le responsable de la gestion et valorisation des déchets. Plus de 200 tonnes de verre sont expédiées à Tahiti chaque année. “On peut revaloriser ce verre chez nous et réduire ainsi le coût du transfert et du traitement sur Tahiti.”
L’objectif, insiste Watson Poroi, est de “réduire au maximum les déchets que nous transférons sur Tahiti et revaloriser tout ce qui peut être revalorisé pour participer à la diminution de l'impact environnemental”.
La commune a également fait l'acquisition d’un broyeur à verre. Elle compte utiliser le sable récolté pour les chantiers de construction de la commune. “Vu qu’on achète du sable, ça nous fera faire des économies”, assure le responsable de la gestion et valorisation des déchets. Plus de 200 tonnes de verre sont expédiées à Tahiti chaque année. “On peut revaloriser ce verre chez nous et réduire ainsi le coût du transfert et du traitement sur Tahiti.”
L’objectif, insiste Watson Poroi, est de “réduire au maximum les déchets que nous transférons sur Tahiti et revaloriser tout ce qui peut être revalorisé pour participer à la diminution de l'impact environnemental”.
Des dépôts sauvages sanctionnés
Le responsable de la gestion et valorisation des déchets Watson Poroi rappelle les textes en vigueur relatifs au code de l’environnement qui stipulent que “le fait d'abandonner, déposer, jeter, déverser ou rejeter des ordures, déchets, matériaux ou tout autre objet de quelque nature que ce soit, à l'aide d'un véhicule ou d'une embarcation” est passible d’une amende de troisième classe, soit 59 699 francs maximum.
Une brigade verte a également été mise en place à Moorea “et dès qu'on nous signale un abandon de déchets, on essaie d'enquêter, voir si on trouve des indices (…). On demande aux administrés, s'ils sont témoins de ces actes-là, de très vite nous les signaler, juste en nous envoyant un mail, avec des photos. Cela reste anonyme. Après, c'est entre nous et les propriétaires de ces déchets-là que cela se passe.” Si la commune met la main sur les contrevenants, ils sont convoqués et ont un mois pour retirer leurs déchets faute de quoi une plainte est déposée auprès du procureur.
Une brigade verte a également été mise en place à Moorea “et dès qu'on nous signale un abandon de déchets, on essaie d'enquêter, voir si on trouve des indices (…). On demande aux administrés, s'ils sont témoins de ces actes-là, de très vite nous les signaler, juste en nous envoyant un mail, avec des photos. Cela reste anonyme. Après, c'est entre nous et les propriétaires de ces déchets-là que cela se passe.” Si la commune met la main sur les contrevenants, ils sont convoqués et ont un mois pour retirer leurs déchets faute de quoi une plainte est déposée auprès du procureur.