Mondial-2026: le Jour J approche, les tensions géopolitiques persistent


Tahiti le 8 juin 2026. La planète foot retient son souffle à l'approche du coup d'envoi du Mondial-2026, compétition hors normes à 48 participants et à l'organisation inédite dans trois pays (Etats-Unis, Mexique, Canada), dans un contexte de tensions géopolitiques et de guerre en Iran qui affectent les préparatifs du tournoi. 


La 23e édition de ce rendez-vous quadriennal démarrera jeudi par le match d'ouverture entre le Mexique et l'Afrique du sud dans le mythique stade Aztèque de Mexico. La partie sera précédée d'un spectacle d'une quinzaine de minutes avec notamment une prestation de la superstar colombienne Shakira qui interprétera avec le chanteur nigérian Burna Boy l'hymne de la Coupe du monde "Dai Dai".

Chaque hôte aura ainsi droit à sa cérémonie, Toronto prenant le relais dès le lendemain avant Canada-Bosnie, suivi par Los Angeles le 13 juin en prélude de la rencontre entre les Etats-Unis et le Paraguay.

Un avant-goût d'une épreuve placée par la Fifa sous le signe du spectacle et du divertissement, le président de l'instance Gianni Infantino ayant promis "104 Super Bowls" pour faire de chaque rencontre un évènement mêlant sport, strass et paillettes, dans la grande tradition de l'"entertainment" à l'américaine. 

La finale, qui désignera le successeur de l'Argentine de Lionel Messi, le 19 juillet au MetLife stadium d'East Rutherford (New Jersey), en constituera la point d'orgue avec un show à la mi-temps, une grande première pour un Mondial. 

Coupe du monde de tous les records et de tous les superlatifs où les Etats-Unis de Donald Trump vont se tailler la part du lion (78 matches sur 104), le tournoi devrait permettre à la Fifa d'engranger des recettes faramineuses (8,9 milliards de dollars pour la seule année 2026, 13 milliards de dollars sur son cycle 2023-2026). 

Reste à connaître le succès populaire de la compétition. En pleine polémique sur le prix exorbitant des billets, moins de 30% des adultes américains se disent intéressés par le Mondial, selon un sondage publié le 2 juin.

En attendant que le ballon ne roule sur les pelouses jeudi à partir de 21h (heure française) au stade Aztèque puis dans les 15 autre stades de la compétition (11 aux Etats-Unis, 3 au Mexique, 2 au Canada), les équipes commencent à prendre possession de leurs camps de base et procèdent à d'ultimes réglages lors des rencontres de préparation. L'attention se focalise essentiellement sur l'Iran dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février par des attaques américano-israéliennes. 

Le flou règne toujours sur les conditions d'accès aux Etats-Unis de la Team Melli, déjà contrainte de s'établir à Tijuana au Mexique au lieu de Tucson (Arizona) comme initialement prévu, en raison du refus des autorités américaines de délivrer des visas de longue durée.   

L'équipe nationale iranienne, qui a atterri à Tijuana dimanche, doit disputer ses trois matches du premier tour aux Etats-Unis (Los Angeles et Seattle), avec qui la République islamique n'entretient pas de relations diplomatiques depuis la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran en 1980. Or, si les joueurs et l'encadrement ont bien reçu leurs visas, une quinzaine d'accompagnants n'ont pas obtenu le précieux sésame, dont le président de la fédération iranienne Mehdi Taj, qui a servi au sein des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme terroriste par Washington. 

L'Irak a également connu des tracas administratifs à son arrivée aux Etats-Unis et se voit affecté par le conflit au Moyen-Orient et la politique sécuritaire et anti-immigration de l'administration Trump. Selon le Guardian, l'attaquant vedette des Lions de la Mésopotamie Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à son arrivée à Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s'est vu refuser l'entrée sur le territoire malgré un visa valide.
 

Rédigé par AFP le Lundi 8 Juin 2026 à 10:00 | Lu 245 fois