Paris, France, 20 octobre 2026. La tenue d'un premier procès décortiquant l'attribution du Mondial 2022 au Qatar se concrétise. Plongée dans les réquisitions du parquet national financier, qui estime avoir mis au jour un schéma corruptif visant à "neutraliser" un "vote défavorable" à l'émirat.
Le PNF a requis le 27 août le renvoi de quatre personnes, dont Mohammed Bin Hammam, ancien patron de la Confédération asiatique de football et protagoniste central de la candidature qatarie au Mondial, et Reynald Temarii, ancien vice-président de la Confédération océanienne de football (OFC).
D'après les réquisitions dont l'AFP a eu connaissance, le premier, visé par un mandat d'arrêt international depuis 2023, est corrupteur; le second, corrompu.
L'affaire commence en 2010. Alors qu'il doit participer aux votes départageant les pays candidats aux Coupes du monde 2018 et 2022, M. Temarii, représentant l'Océanie, est suspendu un an par la Fifa pour infraction au code éthique.
Selon les statuts de la Fifa, si M. Temarii fait appel, aucun remplaçant de l'OFC ne pourra voter le 2 décembre. Si au contraire il accepte, l'OFC pourra le remplacer. Plusieurs sources proches du dossier dénoncent, à l'époque et aujourd'hui encore, "un chantage" de la Fifa.
M. Temarii a d'abord accepté sa sanction, mais il a fait appel la veille du scrutin. Pourquoi ?
Le PNF a requis le 27 août le renvoi de quatre personnes, dont Mohammed Bin Hammam, ancien patron de la Confédération asiatique de football et protagoniste central de la candidature qatarie au Mondial, et Reynald Temarii, ancien vice-président de la Confédération océanienne de football (OFC).
D'après les réquisitions dont l'AFP a eu connaissance, le premier, visé par un mandat d'arrêt international depuis 2023, est corrupteur; le second, corrompu.
L'affaire commence en 2010. Alors qu'il doit participer aux votes départageant les pays candidats aux Coupes du monde 2018 et 2022, M. Temarii, représentant l'Océanie, est suspendu un an par la Fifa pour infraction au code éthique.
Selon les statuts de la Fifa, si M. Temarii fait appel, aucun remplaçant de l'OFC ne pourra voter le 2 décembre. Si au contraire il accepte, l'OFC pourra le remplacer. Plusieurs sources proches du dossier dénoncent, à l'époque et aujourd'hui encore, "un chantage" de la Fifa.
M. Temarii a d'abord accepté sa sanction, mais il a fait appel la veille du scrutin. Pourquoi ?
"Opportuniste bienfaiteur"
Pour le PNF, le Qatari Mohammed Bin Hammam a poussé M. Temarii à contester sa sanction, afin de s'assurer que l'OFC ne puisse voter en faveur de l'Australie ou des Etats-Unis, comme l'Océanie l'avait annoncé.
Une semaine avant le vote, M. Temarii et sa compagne ont été invités à Kuala Lumpur, par M. Bin Hammam. Le Qatari a alors "une conscience aiguë des enjeux", estime le PNF. Sur place, il "a offert l'assistance de ses avocats ou la prise en charge de ses frais d'avocats".
Après la désignation du Qatar comme pays hôte, M. Bin Hammam et M. Temarii s'écrivent des courriels de soutien, relève le ministère public.
Début 2011, des virements dépassant 300.000 euros, via deux sociétés, sont réalisés, par M. Bin Hammam, selon l'accusation. "En acceptant" l'argent, M. Temarii a "nécessairement mêlé" son action d'appel "à celle entreprise frauduleusement par son opportuniste bienfaiteur pour fausser le jeu du vote", selon l'accusation.
L'avocat de M. Temarii n'a pas donné suite à l'AFP.
M. Bin Hammam n'a pu être joint. L'homme d'affaires a été banni à vie des instances du football à la suite d'accusations de corruption et de conflits d'intérêts.
Une semaine avant le vote, M. Temarii et sa compagne ont été invités à Kuala Lumpur, par M. Bin Hammam. Le Qatari a alors "une conscience aiguë des enjeux", estime le PNF. Sur place, il "a offert l'assistance de ses avocats ou la prise en charge de ses frais d'avocats".
Après la désignation du Qatar comme pays hôte, M. Bin Hammam et M. Temarii s'écrivent des courriels de soutien, relève le ministère public.
Début 2011, des virements dépassant 300.000 euros, via deux sociétés, sont réalisés, par M. Bin Hammam, selon l'accusation. "En acceptant" l'argent, M. Temarii a "nécessairement mêlé" son action d'appel "à celle entreprise frauduleusement par son opportuniste bienfaiteur pour fausser le jeu du vote", selon l'accusation.
L'avocat de M. Temarii n'a pas donné suite à l'AFP.
M. Bin Hammam n'a pu être joint. L'homme d'affaires a été banni à vie des instances du football à la suite d'accusations de corruption et de conflits d'intérêts.
Avocate et expert
Deux autres personnes sont menacées d'un procès: Géraldine Lesieur, l'ex-avocate de M. Temarii, ainsi que Jean-Charles Brisard, consultant et ex-époux de Me Lesieur.
Le PNF soupçonne Me Lesieur d'avoir exercé "une pression" sur son client pour qu'il fasse appel. Ces poursuites constituent "une atteinte grave à la profession d'avocat", s'est indigné auprès de l'AFP le conseil de Géraldine Lesieur, Pascal Garbarini. Sa cliente a seulement "conseillé M. Temarii en lui disant de relever appel", quand M. Temarii "ne connaissait pas les motivations" de la Fifa pour le sanctionner, note-t-il.
Le PNF s'appuie notamment sur un email, adressé à M. Bin Hammam le 30 novembre 2010, où l'avocate écrit: "Reynald Temarii avait pris hier la décision de renoncer. Je lui ai demandé de proroger sa décision de 24h (...)".
Lors de ces 24h, Jean-Charles Brisard, présenté à M. Temarii comme un expert renommé, est accusé de lui avoir envoyé une note avec un "contenu volontairement mensonger pour dramatiser la situation".
"On reproche à M. Brisard d'avoir expliqué à M. Temarii que renoncer à son droit d'appel le mettrait en difficulté en cas de poursuites pénales, ce qui est pourtant une évidence", a fait valoir auprès de l'AFP son avocate, Julia Minkowski. "Rien dans la fameuse note ne peut s'assimiler à des manœuvres frauduleuses", a-t-elle insisté.
Un juge d'instruction doit désormais trancher sur un éventuel procès.
Pour Anticor, partie civile, cette audience est "essentielle". "Leur ancienneté n'atténue en aucun cas leur gravité", a insisté l'association anticorruption mentionnant "l'influence tentaculaire" des instances sportives internationales.
Des investigations se poursuivent sur un autre volet, portant sur un déjeuner à l'Elysée en novembre 2010 avec, notamment, l'ancien président Nicolas Sarkozy et l'ex-patron de l'UEFA Michel Platini.
Le PNF soupçonne Me Lesieur d'avoir exercé "une pression" sur son client pour qu'il fasse appel. Ces poursuites constituent "une atteinte grave à la profession d'avocat", s'est indigné auprès de l'AFP le conseil de Géraldine Lesieur, Pascal Garbarini. Sa cliente a seulement "conseillé M. Temarii en lui disant de relever appel", quand M. Temarii "ne connaissait pas les motivations" de la Fifa pour le sanctionner, note-t-il.
Le PNF s'appuie notamment sur un email, adressé à M. Bin Hammam le 30 novembre 2010, où l'avocate écrit: "Reynald Temarii avait pris hier la décision de renoncer. Je lui ai demandé de proroger sa décision de 24h (...)".
Lors de ces 24h, Jean-Charles Brisard, présenté à M. Temarii comme un expert renommé, est accusé de lui avoir envoyé une note avec un "contenu volontairement mensonger pour dramatiser la situation".
"On reproche à M. Brisard d'avoir expliqué à M. Temarii que renoncer à son droit d'appel le mettrait en difficulté en cas de poursuites pénales, ce qui est pourtant une évidence", a fait valoir auprès de l'AFP son avocate, Julia Minkowski. "Rien dans la fameuse note ne peut s'assimiler à des manœuvres frauduleuses", a-t-elle insisté.
Un juge d'instruction doit désormais trancher sur un éventuel procès.
Pour Anticor, partie civile, cette audience est "essentielle". "Leur ancienneté n'atténue en aucun cas leur gravité", a insisté l'association anticorruption mentionnant "l'influence tentaculaire" des instances sportives internationales.
Des investigations se poursuivent sur un autre volet, portant sur un déjeuner à l'Elysée en novembre 2010 avec, notamment, l'ancien président Nicolas Sarkozy et l'ex-patron de l'UEFA Michel Platini.