Marc Lavoine : “Une écharpe peut changer une vie”


Tahiti, le 24 juin 2026 - Loin de Paris et de sa vie à 100 à l’heure, Marc Lavoine, chanteur, acteur, écrivain et jury de Miss Tahiti 2026, prend le temps de se poser. Poser son rythme pour laisser battre son cœur. Poser ses rêves d’enfant imaginant s’installer sur une île dans une petite maison en bois. Poser sa vie pour laisser entrer celles des candidates et finalement découvrir une Polynésie qu’il n’a plus envie de quitter.
 
 
Pourquoi avez-vous accepté de faire partie de ce jury de Miss Tahiti cette année ?
“J'avais envie de venir à Tahiti. Oui, ça faisait longtemps que je voulais venir ici. Depuis que je suis gosse. Et puis j'ai vu Brando dans le Bounty. J'ai toujours aimé. D'ailleurs, depuis que je suis là, je me sens bien. Je me sens apaisé. Le vent qui chante dans les arbres. Les vagues. Le calme, la gentillesse des gens. Les regards. Je suis heureux en ce moment. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé.”
 
On vous sent apaisé, zen ?
[Pensif] “Ben voilà. C'est que je suis rentré dans des yeux bleus [ceux d’Adriana Karembeu, NDLR], pour la première fois de ma vie. Ils sont comme les yeux de ma mère, c'est les mêmes. C'est le même bleu. Et c'est... J'espère que c'est pareil pour elle. En tout cas, je me sens bien. Quand on m’a proposé d’être membre du jury, j’ai dit oui, avec joie. Moi j'ai toujours rêvé ici. D'être là, sur cette plage. Je suis là en ce moment et je ne pense à rien d'autre qu'être là. Souvent on nous colle du temps. On a peur de le perdre. On ne sait pas où il va. On craint le prendre. J'ai l'impression d'être un enfant de 5, 6, 7 ans, allongé dans le gazon qui regarde le ciel. Je suis heureux de vivre.”
 
Vous avez été contacté alors que vous veniez de rencontrer Hinaupoko Devèze…
“Je l’ai rencontrée quelques jours plus tôt. Avec Fred, le président de Miss France. On s'était bien entendus. Elle est super cette fille. On a parlé de Tahiti. Les choses se sont enchainées, et hier, on rencontrait les candidates pour l’oral.”
 
Une première prise de contact qui s’est bien déroulée ?
“On a commencé à parler avec les jeunes candidates. C'est intéressant d'entendre la parole des gens. Parce que la place des femmes, aujourd'hui, est importante. Quelle est la place de la femme ? C'est l'entrée au monde. C'est le premier souffle. C'est elle qui nous porte. Qui donne la vie. Elle n'a pas envie de faire la guerre. Elle n'a pas envie de faire des bras de fer. Elle n'a pas envie de courir plus que l'autre. Elle a envie de construire une maison. Prolonger la vie. Être ici et parler avec ces jeunes filles était réellement intéressant. Intéressant de savoir pourquoi elles parlaient de la population. Pourquoi elles parlaient du peuple. Pourquoi elles soutenaient des causes. Quelle vie elles avaient traversé. Quand elles sortaient de leur sentier battu, de leur zone de confort, là on voyait d'abord une fille qui parle, qui sourit. Puis, une femme. C'était intéressant d'entendre leur intelligence, leur timidité, leur humour, leur délicatesse et la vision qu'elles ont d'être Miss.”
 
Comment vous prenez ce rôle de jury ?
“Je le prends comme elles le prennent. Il y a une candeur. Il y a une enfance qu'elles gardent et il y a une sorte de devenir. Pas de l'adulte mais de la femme. C'est un passage merveilleux.”
 
On a l'impression que vous recevez autant que vous donnez.
“Il faut faire comme ça. J'avais un professeur à l'école – ça a changé ma vie – qui m'a dit ‘J'ai des choses à vous apprendre, mais j'ai des choses à apprendre de vous.’ D'un coup j'ai eu 20 en lettres. Pendant toute l'année. J'ai été premier de ma classe. Il m'a dit ‘Tu peux construire ta vie autour des mots’. Donc si je peux leur apporter ma confiance… Mon jugement n'est pas très important. Mais je souhaite leur apporter ma bienveillance, comme le jury que j’ai été dans The Voice. J'ai écrit une chanson, dans mon prochain album, dans un duo avec Barbara Pravi : ‘Devient la Miss de la vertu’. Vertu, c'est un joli mot. C'est comme la Miss. Une Miss a une curiosité. Elle a un regard. [Longue pause] Quand je suis arrivé à l'Olympia à 16 ans [il était ouvreur, NDLR], j'ai rencontré la famille Coquatrix. Ce jour-là, ma vie a basculé. Je partais de chez moi. J'arrivais à Paris. Je portais un bleu de travail. J'étais à l'imprimerie, invisible, puis j’ai pris cette veste, qui appartenait à Jean-Pierre Bacry, et j’ai tracé mon chemin. Cette veste c'est l'équivalent de l'écharpe. Une écharpe peut changer une vie. Après vous êtes porté par une chance, par un destin. Si vous restez assis. Ça vous passe devant. Il faut se lever, il faut rêver. Et être Miss, c'est un rêve. Je leur souhaite vraiment de passer un bon moment. D'être heureuse là où elles sont aujourd'hui.”
 
Vous évoquez une chanson d’un nouvel album…
“Oui, c’est une exclu [rires]. Le single sort le 2 juillet. C'est un duo avec Patrick Fiori. J'ai réuni sur cet album des amis. Il y a Sam Sauvage, Clara Luciani, Louane, Kenji, Bernard Lavilliers, Gaëtan Roussel, Philippe Katerine et d'autres. Florent Pagny bien sûr. Et... Il y a des chansons qui sont des reprises de mes ancienne chansons. Et il y a des nouveautés. Ça va sortir au mois de novembre et ça s'appelle ‘Chers Amis’.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 24 Juin 2026 à 17:37 | Lu 756 fois