Tahiti, le 1er août 2025 – Déjà condamné à deux reprises pour des violences conjugales, un jeune homme de 21 ans a de nouveau été jugé jeudi en comparution immédiate pour répondre de coups portés à sa nouvelle compagne. L'individu, que le représentant du ministère public a qualifié d'“inquiétant”, a été condamné à 18 mois de prison dont neuf avec sursis.
De l'aveu même de la compagne de l'homme jugé pour violences conjugales jeudi en comparution immédiate, leur histoire avait bien commencé. “Au début, tout se passait bien” et comme souvent, ce n'est qu'au bout de quelques mois que l'individu avait commencé à devenir “jaloux” et “possessif”, à mettre des “baffes” à sa concubine qui est passée d'un caractère “joyeux” à une humeur plus triste. Ce jusqu'au 28 juillet dernier où le prévenu, âgé de 21 ans, a tiré les cheveux de la jeune femme, l'a traînée au sol et lui a mis plusieurs coups de poing.
C'est donc pour répondre de ces violences que le jeune homme, déjà condamné à cinq reprises dont déjà deux pour des violences conjugales, a été présenté devant le tribunal correctionnel jeudi. Interrogé par la présidente qui lui faisait remarquer que “Madame n'est pas un punching-ball”, le jeune homme a reconnu sa violence et son désir de contrôler la victime. Alors que la magistrate lui expliquait qu'il était invraisemblable que sa compagne ait besoin de son autorisation pour se déplacer, le récidiviste lui a opposé que c'était tout de même “mieux”. “Tout est à reprendre, cette audience ne suffira pas”, a finalement conclu la présidente face à l'apparente absence de prise de conscience de l'intéressé.
“Schéma de pensée”
Alors qu'il avait initialement demandé une “peine mixte”, le procureur de la République a finalement requis neuf mois de prison ferme à l'encontre du jeune homme au “discours très inquiétant”. “Il est authentique et sincère et c'est cela qui est le plus dramatique”, a-t-il affirmé avant de s'adresser à la victime en lui expliquant que son compagnon ne “changera pas”. Durant l'audience, la jeune femme avait expliqué qu'elle “aime” son compagnon et qu'elle “attendra” donc sa sortie de prison.
Un comportement qui a ensuite fait dire à l'avocat du mis en cause, Me John Tefan, que les deux jeunes gens s'aiment et que “l'amour est difficile à comprendre”. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à 18 mois de prison dont neuf avec sursis probatoire pendant deux ans, et à l'obligation de se soigner afin qu'il “change son schéma de pensée ”. Le maintien en détention a également été ordonné.