Tahiti, le 28 avril 2026 - Coup de sifflet juridique pour la commune de Paea. Le tribunal administratif examinait ce mardi le recours de l’association Octofighting Club après l’annulation d’un gala de MMA en 2025. Le rapporteur public pointe une décision illégale et propose de condamner la commune à plus de 1,13 million de francs, loin des 4 millions réclamés par l’association. Décision attendue le 12 mai.
C’est un cadeau dont elle se serait bien passée. En annulant un événement sportif pourtant validé, l’ancien maire de Paea, Antony Géros, laisse à sa successeure, Tepuaraurii Teriitahi, une ardoise judiciaire qui pourrait bientôt devenir bien réelle.
À l’origine du litige : une demande de l’Octofighting Club pour organiser un gala de MMA dans la salle Manu Iti, avec près de 600 places prévues. Accord de principe, facture réglée, communication lancée… puis, à trois semaines de l’événement, volte-face de la commune, qui invoque une incompatibilité du MMA avec “la mission éducative et morale” de la municipalité. Un argument sèchement écarté par le rapporteur public.
Car en droit, le maire ne dispose pas d’un pouvoir discrétionnaire. “Le refus ne peut reposer que sur des motifs limitativement énumérés”, rappelle-t-il, soulignant que les considérations “éthiques et philosophiques” avancées ne relèvent pas de l’ordre public. Plus encore, l’accord initial constituait une décision créatrice de droits, dont le retrait tardif est illégal. Même rejet du côté de l’argument tiré de la dignité humaine. “Le MMA est une discipline sportive encadrée (…) qui ne saurait être assimilée à un traitement dégradant”, insiste le rapporteur.
Une facture revue à la baisse
Sur le terrain indemnitaire, en revanche, le couperet est plus nuancé. Si la faute de la commune est clairement retenue, tous les préjudices invoqués ne passent pas le filtre du lien de causalité. Le rapporteur propose notamment d’indemniser partiellement la perte d’un partenariat commercial, ainsi que certains frais directement liés au changement de salle, comme la location de matériel ou des coûts logistiques avérés.
À l’inverse, plusieurs postes sont écartés : manque à gagner sur la billetterie, dépenses de communication ou dispositifs de sécurité, jugés insuffisamment justifiés ou trop indirectement liés à la décision litigieuse. Au final, la facture est ramenée à un peu plus de 1,13 million de francs. Une somme loin des prétentions initiales, mais qui consacre clairement l’illégalité de la décision municipale.
Le tribunal administratif rendra sa décision le 12 mai prochain. Sauf inflexion peu probable, il devrait suivre les conclusions du rapporteur public. À la clé, une condamnation qui, sans atteindre les montants réclamés, laisse à la nouvelle équipe municipale le soin de solder une ardoise héritée, et malgré tout salée.
C’est un cadeau dont elle se serait bien passée. En annulant un événement sportif pourtant validé, l’ancien maire de Paea, Antony Géros, laisse à sa successeure, Tepuaraurii Teriitahi, une ardoise judiciaire qui pourrait bientôt devenir bien réelle.
À l’origine du litige : une demande de l’Octofighting Club pour organiser un gala de MMA dans la salle Manu Iti, avec près de 600 places prévues. Accord de principe, facture réglée, communication lancée… puis, à trois semaines de l’événement, volte-face de la commune, qui invoque une incompatibilité du MMA avec “la mission éducative et morale” de la municipalité. Un argument sèchement écarté par le rapporteur public.
Car en droit, le maire ne dispose pas d’un pouvoir discrétionnaire. “Le refus ne peut reposer que sur des motifs limitativement énumérés”, rappelle-t-il, soulignant que les considérations “éthiques et philosophiques” avancées ne relèvent pas de l’ordre public. Plus encore, l’accord initial constituait une décision créatrice de droits, dont le retrait tardif est illégal. Même rejet du côté de l’argument tiré de la dignité humaine. “Le MMA est une discipline sportive encadrée (…) qui ne saurait être assimilée à un traitement dégradant”, insiste le rapporteur.
Une facture revue à la baisse
Sur le terrain indemnitaire, en revanche, le couperet est plus nuancé. Si la faute de la commune est clairement retenue, tous les préjudices invoqués ne passent pas le filtre du lien de causalité. Le rapporteur propose notamment d’indemniser partiellement la perte d’un partenariat commercial, ainsi que certains frais directement liés au changement de salle, comme la location de matériel ou des coûts logistiques avérés.
À l’inverse, plusieurs postes sont écartés : manque à gagner sur la billetterie, dépenses de communication ou dispositifs de sécurité, jugés insuffisamment justifiés ou trop indirectement liés à la décision litigieuse. Au final, la facture est ramenée à un peu plus de 1,13 million de francs. Une somme loin des prétentions initiales, mais qui consacre clairement l’illégalité de la décision municipale.
Le tribunal administratif rendra sa décision le 12 mai prochain. Sauf inflexion peu probable, il devrait suivre les conclusions du rapporteur public. À la clé, une condamnation qui, sans atteindre les montants réclamés, laisse à la nouvelle équipe municipale le soin de solder une ardoise héritée, et malgré tout salée.