Deux journées portes ouvertes étaient également au programme (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 24 avril 2026 - Ce week-end, la Maison familiale rurale (MFR) de Taharu’u-Papara a ouvert ses portes au public pour partager ses ambitions et ses formations, mais aussi célébrer ses 45 ans avec ses partenaires et les anciens membres de la communauté éducative. Fondée en 1981, elle accompagne aujourd’hui une centaine d’élèves et travaille à la création d’un bac pro horticole pour la rentrée 2027.
“Offrir une réponse adaptée aux besoins de formation des jeunes au cœur de leur environnement, en valorisant les savoirs locaux et l’insertion professionnelle”, telle est la genèse des Maisons familiales rurales en Polynésie française, en commençant par Papara et Vairao dès 1981, sous l’impulsion des tāvana Michel Lehartel et Roger Doom, comme l’a souligné Linda Matehau, présidente de la fédération polynésienne des MFR. “Chaque jeune mérite une formation qui lui ressemble, qui respecte son identité et ses aspirations (...) en accord avec les réalités du pays”.
“Offrir une réponse adaptée aux besoins de formation des jeunes au cœur de leur environnement, en valorisant les savoirs locaux et l’insertion professionnelle”, telle est la genèse des Maisons familiales rurales en Polynésie française, en commençant par Papara et Vairao dès 1981, sous l’impulsion des tāvana Michel Lehartel et Roger Doom, comme l’a souligné Linda Matehau, présidente de la fédération polynésienne des MFR. “Chaque jeune mérite une formation qui lui ressemble, qui respecte son identité et ses aspirations (...) en accord avec les réalités du pays”.
Une “famille” et un “tremplin”
Un discours prononcé vendredi pour les 45 ans de la MFR de Taharu’u-Papara, célébrés à l’occasion de l’ouverture des journées portes ouvertes annuelles de l’établissement, qui se sont poursuivies samedi. L’inauguration de l’événement s’est tenue en présence de nombreux invités officiels et partenaires, dont le haut-commissaire, Alexandre Rochatte, et plusieurs représentants du ministère et de la direction de l’Agriculture, mais aussi de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL) et de la commune de Papara.
Plusieurs anciens membres de la communauté éducative sont venus partager de précieux souvenirs. C’est notamment le cas de Tony Teinaore, ancien élève venu témoigner du “tremplin” de la MFR qui lui a permis de surmonter ses difficultés pour devenir un agriculteur et un entrepreneur accompli : “Quand on vous respecte, vous avez envie de donner le meilleur. Quand on vous donne des responsabilités, vous avez envie de montrer que vous êtes à la hauteur. La MFR, ce n’est pas juste une école : c’est une famille où on apprend que faire est aussi important que savoir”. Ce voyage dans le temps s’est poursuivi à travers une exposition retraçant l’histoire de l’établissement avec de nombreuses images d’archive.
La grande famille de la MFR de Papara était réunie pour l’occasion.
Un bac pro horticole en 2027
Les MFR misent sur la pédagogie de l’alternance, entre théorie sur site et pratique auprès de maîtres de stage. En Polynésie, le “réseau dynamique et solidaire” des Maisons familiales rurales compte sept structures à Tahiti et dans les îles (Huahine, Taha’a, Hao, Rurutu). À Papara, plusieurs formations sont proposées de la 4e au CAP, en mettant l’accent sur l’agriculture, les services aux personnes et la vente en espace rural avec des projets de développement tournés vers l’avenir. “On souhaite ouvrir en 2027 un bac pro horticole en rythme approprié, qui sera le premier en Polynésie en MFR. On a ouvert le CAP Jardinier paysagiste l’année dernière et on s’est rendu compte que les fleuristes et pépiniéristes sont vieillissants. Ils sont à la recherche de jeunes pour venir les soutenir. C’est une filière d’avenir qui répond aux besoins du territoire”, souligne Cédric Techer, directeur de la MFR de Taharu’u-Papara. Un sujet développé lors d’une conférence sur l’avenir de l’horticulture florale, en sachant que l’établissement participe à un projet de redynamisation de la filière tiare Tahiti en fournissant des marcottes à des agriculteurs en partenariat avec Adopt Parfums et le Laboratoire de cosmétologie du Pacifique Sud.
Cette initiative était présentée lors des journées portes ouvertes qui ont permis aux familles intéressées de découvrir les formations en allant à la rencontre des élèves et des moniteurs, de visiter le site et ses zones d’exploitation, et d’apprécier les productions mises en vente. Les visiteurs ont également pu se familiariser avec les nouveaux aménagements de la cour intérieure imaginés et réalisés par les élèves, incluant un fare pōte’e, deux tables de ping-pong et des jeux d’échecs.
Georges (Tihoti) Otcenasek, premier directeur polynésien de la MFR de Papara : “Une très belle évolution”
“En sortant du lycée de Opunohu en 1980, j’ai été sollicité par l’ancien tāvana de Papara, Michel Lehartel, qui s’était déplacé avec Roger Doom en France où ils s’étaient intéressés au fonctionnement des MFR. J’ai été formé par un conseiller technique, Jean-Claude Berjon. Je suis devenu moniteur, puis moniteur qualifié, et j’ai pris la direction en 1983 pendant deux ans. Nous avions une trentaine d’élèves et nous étions trois employés. On avait récupéré les anciens locaux du CJA : le sol du réfectoire n’était pas cimenté et les matelas étaient posés par terre dans l’internat. Quand je vois le site et l’équipe aujourd’hui, on peut dire que la MFR a connu une très belle évolution ! Les élèves sont bien accueillis et entourés. Oui, on récupère des jeunes, mais c’est pour les aider à retrouver le chemin de la réussite.”
Les nouveaux aménagements imaginés par les élèves.
Une exposition retrace l’historique de l’établissement.