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Lycée Paul-Gauguin : "Sanitaires endommagés, fientes de pigeons", les lycéens exigent une commission de sécurité


Tahiti, le 7 octobre 2026. Bien déterminés, une petite vingtaine de jeunes ont bloqué l'entrée du lycée Paul Gauguin de Papeete, ce mercredi matin. Ils ont entre 16 et 18 ans. Ils réclament de meilleures conditions de travail : des sanitaires propres, la climatisation dans les salles de classe et des plafonds sécurisés.

Leur texte, que Peyo récite à voix haute avant de le lire devant les autres, va plus loin que la simple liste de doléances. "Nous entendons parfois que nos revendications seraient banales. Nous ne partageons pas cette appréciation", ont-ils écrit, avant d'énumérer des faits "que chacun peut constater" : sanitaires endommagés, problèmes d'assainissement dans certains espaces et dégradations de plusieurs bâtiments. Pour eux, quand ces conditions ne sont pas réunies, "il est légitime de demander des explications et des mesures correctives".

Selon les élèves, une commission de l'Assemblée de la Polynésie française s'est penchée sur le lycée en janvier, et "la situation de Paul-Gauguin y a été évoquée : vétusté des bâtiments, sanitaires, assainissement, fientes de pigeons". Mais "depuis janvier 2026, nous constatons que plusieurs de ces problèmes demeurent", déplorent les élèves, qui demandent la venue d'une "nouvelle commission de sécurité".

La dimension nationale du mouvement n'a pas échappé aux élèves. C'est en solidarité avec les mobilisations en France qu'Emma, 17 ans, est devant la grille de son lycée. Arrivée de métropole il y a un an, elle évoque sur ses pancartes les "mains arrachées, pertes de l'usage d'un œil, mâchoires scellées, plusieurs jeunes ont été grièvement blessés en France". Là où elle habitait, une brève connaissance a été touchée par un tir de flash-ball. Pourtant, elle confie, pancartes tournées vers le sol, qu'un membre de l'équipe pédagogique lui a dit : "ce qui est en France reste en France" et l'a incitée à ne plus brandir ses cartons.

À quelques encablures du groupe de manifestants, c'est une centaine de jeunes qui se sont attroupés. Nombreux sont ceux qui ne partagent pas l'élan. Dans le cortège, certains doutent : "on a l'air con", lâche l'un. Un autre juge qu'"ils font blocus parce que c'est stylé". Margaux, qui se destine à des études de droit, reconnaît qu'il faut soutenir la France, mais pointe ses propres soucis : manque de professeurs, suppression de l'APL. "Alors que chez nous, un prof absent est remplacé en une semaine", nuance-t-elle.

Informée du mouvement, la proviseure a demandé aux professeurs d'organiser ce matin, en classe, un temps de "discussion démocratique".


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Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 7 Octobre 2026 à 08:15 | Lu 992 fois