Louis Provost : “Si on veut gagner les Jeux, on a besoin de la population”


Louis Provost dans son bureau au Comité olympique de la Polynésie française.

Tahiti, le 23 juillet 2026 - Le président du Comité olympique de la Polynésie française, Louis Provost, a fait le point sur la préparation des Jeux du Pacifique qui se dérouleront dans un an à Tahiti, Moorea et Raiatea. Avancée des travaux, ambition sportive, contexte politique… Le dirigeant a évoqué tous les dossiers brûlants et appelé au soutien des habitants du Fenua.

 

Où en sommes-nous à un an du début des Jeux ?  

“Alors, en matière d'infrastructure, les travaux avancent. C'est vrai qu'on a eu, à un moment donné, un doute, parce que ça patinait un petit peu. Mais aujourd'hui, je pense que les entreprises font le nécessaire pour que les infrastructures soient effectivement au rendez-vous. Je ne me fais pas d’inquiétude concernant les travaux.”  

 

Pour la piscine, à quel moment auront lieu les travaux ? 

“Cela doit débuter pendant la présence du Pacific Games Council (PGC) sur place, c'est-à-dire le 3 ou 4 août, puisqu'ils ont tenu à être présents pour l'installation de la première pierre. Ils veulent constater que la piscine sera bien installée. On aura une piscine qui permettra de pouvoir organiser des compétitions conformes aux règlements internationaux.” 

Ce n'est plus du tout un sujet d'inquiétude ? 

“Non. On a un lieu, on a une piscine, on a des bonnes commandes qui ont été faites, mais je laisse le soin à la ministre [Vanina Pommier, NDLR] d'annoncer la chose.” 

 

Est-ce qu'il y a des disciplines pour lesquelles c'est un petit peu plus compliqué ? 

“Je n'ai pas eu de remontée particulière. On va profiter de la visite du PGC pour faire le tour des installations.” 


“On ne va pas louper le coche !”

Concernant le tennis, Punaauia n’est plus le site choisi. Vous travaillerez bien avec l’AS Dragon ? 

“C'est effectivement acté. L’AS Dragon va récupérer l'organisation d'une partie de la compétition de tennis tandis que Phénix n’est plus dans la course.” 

 
Vous organisez vendredi une petite journée symbolique à un an des Jeux… 

“On aura une journée dédiée mise en œuvre par le Comité organisateur des Jeux du Pacifique (COJ). Donc, ils ont prévu toute une journée d’activités, vendredi, au Tombeau du Roi, pour célébrer cette échéance.” 

 

C’est l’occasion aussi pour le grand public de s'approprier un peu ces Jeux et de se sentir pleinement associé… 

“Tout à fait. C'est aussi le but de ce genre de manifestations. Au fur et à mesure que l'on avance, il y aura des événements de ce type car, pour gagner les Jeux, on a besoin de la population. Il ne faut pas se leurrer. Il faut associer les sportifs, les entraîneurs, mais également les personnes du Fenua pour soutenir les athlètes polynésiens. C'est un renfort supplémentaire et on compte sur notre population pour y arriver.” 

 

On constate que vous n’êtes pas du tout découragé. 

“Personne ne baisse les bras. C'est la consigne qui a été divulguée à tout le monde. On a des Jeux qui doivent se passer en 2027. C'est chez nous ! On n'a pas à être embrumé par tout l'environnement. On prépare les Jeux. On y va. Moi, j'y crois. Je crois en mon pays. J’ai confiance aussi aux gens de ce pays, aux Polynésiens, qui à un moment donné vont tomber dans le raisonnable parce que c'est un événement particulier que l'on ne vit pas tous les jours. Ça fait 32 ans qu'on n'a pas organisé les Jeux. Vous imaginez, on aura attendu 32 ans. On ne va pas louper le coche ! Si je n’y crois pas, qui va y croire ? Donc, il faut bien que j'anime la machine.” 


“Si ça doit arriver (l’annulation des Jeux), ça arrivera”

L’organisation des Jeux va-t-elle perdurer peu importe le contexte politique ?  

“Pour moi, oui. Je n'ai pas à m’en soucier. Je n'ai pas à me faire du mauvais sang tous les matins au réveil en me demandant si la politique va nous permettre de… Si ça doit arriver [l’annulation des Jeux], ça arrivera. Mais ce n'est pas, je dirais, l'élément perturbateur qui va nous empêcher d'avancer.” 

 

Tahiti n’a jamais remporté les Jeux, comment on va faire pour gagner l’an prochain ?  

“En 1995 [lors des derniers Jeux à domicile, NDLR], nous avons loupé la première place de six médailles (derrière la Nouvelle-Calédonie). Depuis mon arrivée en 2017, on a conçu un programme et on a mis en place des personnes à travers de nombreux postes. Tout le monde sait où est-ce qu'on doit aller et quels sont les moyens qui sont mis en œuvre. 

 

On a également un budget spécifique alloué à la préparation des Jeux – Ambition 2027 –, mais ce n’est pas la finalité car cela doit continuer après pour donner un élan aux prochaines compétitions. Mais aujourd'hui, la première marche, c'est 2027. Au travers de ce financement supplémentaire, les préparations ont des moyens. On n'en a jamais assez, il faut être clair. Mais au moins, on a quelque chose d'affecté à la préparation. Cela doit permettre aux Fédérations de se préparer au mieux pour cette échéance.” 

 

À combien s’élève le budget d’Ambition 2027 ?  

“On est à peu près entre 2 et 4 millions par sport en fonction des Fédérations.” 

 

Visez-vous un nombre de médailles précis ?  

“Pour gagner les Jeux, il faut obtenir 80 médailles. Sauf que là, on est en train de revoir un petit peu la redistribution, parce qu'on vient de s'apercevoir que l'Australie va venir en force ce qui fera peut-être des médailles en moins notamment dans les sports de combats (taekwondo, lutte, judo). Mais on ne sera pas les seuls à être perturbés.” 

 

Qui seront nos principaux concurrents ?  

“Tout d’abord la Nouvelle-Calédonie qui est le grand champion des Jeux du Pacifique. Ils ont gagné à de nombreuses reprises (14 fois lors des 17 éditions). Il y a donc aussi l’Australie et il ne faut pas oublier la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou encore les Fidji. Ceux-là seront les principaux concurrents de Tahiti l’année prochaine.” 


Rédigé par Valentin Fleury le Jeudi 23 Juillet 2026 à 16:19 | Lu 378 fois