Lorsque la DTPN brave les interdictions…


Tahiti, le 19 janvier 2026 - Un arrêté mis à jour en 2023 précise que “le brûlage (…) des déchets en tout genre est strictement interdit” à Papeete, mais des “autorisations expresses” peuvent être demandées à la commune. Sauf qu’un commandant de la Direction territoriale de la police nationale est passé outre cet arrêté et a brûlé du paka dans la cour de la DTPN qui a “enfumé tout le quartier”.
 
Il y a plusieurs semaines, l’un des commandants de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) a brûlé plusieurs pieds de pakalolo dans un fût dans la cour arrière de la DTPN.
 
Et pourtant, un arrêté datant de 1934 et remis à jour le 13 juillet 2023 règlemente “les feux ou le brûlage de résidus ou déchets dans la ville de Papeete”. Le brûlage est même “strictement interdit sur le territoire de la commune”.  
 
D’ailleurs plusieurs services et directions de l’État ont été destinataires de cet arrêté, dont notamment la Direction de la police nationale.
 
Il est également écrit dans cet arrêté que des “dérogations peuvent être exceptionnellement accordées pour les déchets végétaux (…), sous réserve du respect des conditions fixées à l’article 3”. Il s’agit notamment de faire une demande écrite au tāvana en précisant “l’objet, les déchets concernés et leur qualité, le lieu de brûlage et les motifs exacts justifiant sa demande”.
 
Selon nos informations, aucune demande expresse émanant de la DTPN n’a été faite auprès de la commune de Papeete pour procéder au brûlage des pieds de paka.
 
Au dernier article de cet arrêté, il est même souligné que “le Directeur territorial de la police nationale et tous les agents de la force publique sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera inscrit au recueil des actes administratifs de la ville de Papeete et publié où besoin sera”.   

“La procédure classique est d’utiliser un incinérateur”
 
Contacté, le haut-commissariat a d’abord rappelé que “toutes les drogues saisies lors des opérations sont placées sous scellés puis entreposées dans des coffres sécurisés avant leur destruction”.
 
L’État a ensuite reconnu que la DTPN a bien “procédé à la destruction de paka” en procédant à leur brûlage. Il a également précisé que “cette opération s’est déroulée en présence d’équipes de la DTPN, chargées d’assurer la sécurité du dispositif et de constater la destruction complète des produits”. Le haut-commissariat de préciser ensuite que “la procédure classique” est l’utilisation d’un incinérateur et “c’est bien selon cette modalité que les produits seront détruits désormais”.
 
Sauf que selon nos informations, des notes de service, émanant de la DTPN même, ont été prises par le passé rappelant à ses agents l’interdiction stricte de brûlage dans l’enceinte même de la DTPN. De leur côté, plusieurs agents de la DTPN assurent que ce commandant a “fait du zèle et qu’en plus, il a enfumé tout le quartier avec son paka”.
 
Cet arrêté a d’ailleurs été pris pour éviter “les nuisances ou désagréments susceptibles d’être provoqués par les feux de déchets en tous genres que les personnes peuvent allumer en plein air” mais également pour éviter les “dangers sur la santé que peut causer le brûlage de certains déchets”
 
Le non-respect de cet arrêté peut vous valoir une amende qui peut se monter jusqu’à 15 000 francs. 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Lundi 19 Janvier 2026 à 18:14 | Lu 2206 fois