Tahiti, le 4 janvier 2026 – Lors de la Saint-Sylvestre, les différentes personnalités du Fenua ont adressé leurs vœux à la population. Des vœux différents qu’ils soient diffusés sur Polynésie La 1ère ou TNTV, rendant le côté solennel assez diffus.
À l’heure de mettre les dernières décorations en place pour les préparatifs de la Saint-Sylvestre, les chaînes de télévision locales diffusaient les vœux des personnalités du Fenua. Haut-commissaire, président de la Polynésie française, présidente du Conseil économique, social, environnemental et économique ainsi que confessions religieuses ou président de l’assemblée de la Polynésie française.
Des vœux différents qu’ils soient diffusés sur Polynésie La 1ère ou TNTV, rendant le côté solennel assez diffus. Le président de l’assemblée, Tony Géros, étant diffusé sur la chaîne de l’État mais pas celle du Pays, les confessions religieuses étant diffusées sur la chaîne de La Mission mais pas celle de Pamatai.
Tous sont revenus sur les grands événements de l’année écoulée, de la Conférence des Nations unies sur les océans, organisée à Nice, à la visite de l’ancien ministre des Outre-mer, Manuel Valls. Une actualité plus douloureuse aussi avec la mémoire des huit victimes du drame de Afaahiti.
Pour tous, 2026 sera l’année du grand combat contre les stupéfiants et plus précisément l’ice. “L’État continuera à s’engager de manière très ferme contre le trafic et la consommation de stupéfiants. Car la drogue détruit des vies, des familles, et fait peser une vraie menace sur le vivre-ensemble si cher ici”, a réaffirmé le haut-commissaire Alexandre Rochatte dans un seul discours récité face aux deux télévisions.
Même propos pour le président du Pays au sujet de “ce poison qui s’immisce dans nos foyers et détruit notre tissus social”, sur TNTV.
Dans ses vœux, le haut-commissaire revient notamment sur les préparatifs des Jeux du Pacifique, que la Polynésie française accueillera à l’été 2027. “En capitalisant sur le succès des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, nous ferons tout pour que cette compétition mette à l’honneur la jeunesse, l’excellence sportive et l’hospitalité bien connue du territoire”, a-t-il assuré. “L’État sera aux côtés du Pays qui investira dans les infrastructures sportives et logistiques, et accompagnera la montée en puissance de l’organisation.”
Le président du Pays, Moetai Brotherson, quant à lui, aura des propos plus généraux, souhaitant pour 2026 sur TNTV “une année de santé, de protection pour nos familles et de réussite pour notre pays”.
“Pas le droit de décevoir”
Enfin, alors qu’on pourrait s’attendre à une union des discours de la part de l’exécutif et du législatif, Tony Géros, président de l’assemblée de la Polynésie française, a une nouvelle fois tenu à marquer sa singularité. Sur Polynésie La 1ère, il a souhaité parler “avec le cœur” sur notre “résilience et notre capacité à tenir bon” qui ont été “mises à l’épreuve”. “2025 a laissé des traces. Des familles ont perdu un être cher, des parents se sont inquiétés pour l’avenir de leurs enfants, des jeunes se sont sentis seuls, incompris, parfois happés par la drogue et la violence, des foyers ont vacillé sous le poids de la difficulté.”
Des propos contrebalancés par les gestes du quotidien des familles, des associations, mais pas un mot sur l’action du gouvernement. “Nous n’avons pas le droit de décevoir ce peuple”, a-t-il expliqué à l’antenne.
2026 contre la vie chère en outre-mer
Pas de budget de l’État, ministre depuis à peine deux mois, on a senti Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer, à court de propos pour ses premiers vœux.
“La vie est chère. Les inégalités restent fortes. Les chocs climatiques se répètent. Et pour beaucoup de jeunes, l’avenir paraît encore trop incertain”, explique la ministre comme une évidence de la situation subie par les anciennes dépendances françaises. “Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs ont pris des décisions. Certaines ont produit des effets. D’autres n’ont pas suffi. Et parfois, il faut le dire clairement, ça n’a pas été assez vite. Ou pas assez loin”, explique la ministre qui ouvre alors le chapitre des propositions à venir.
Premièrement, la loi contre la vie chère en Outre-mer en 2026, une loi attendue de longue date qui n’a pour l’heure apporté aucune satisfaction dans ses premières moutures.
Ensuite, la sécurisation des investissements. Un vaste dossier à l’heure des économies d’État.
En conclusion de sa courte allocution, la ministre aura un mot pour Mayotte, un autre pour la Nouvelle-Calédonie, pour conclure par la tournure du moment du côté du gouvernement : “L’année qui s’ouvre doit être une année utile”. Une formule qui ne veut rien dire, mais qui sonne bien.