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Les taote libéraux du fenua remettent une couche sur le "médecin traitant"



Michel Galtier et Didier Bondoux ont représenté le syndicat des médecins libéraux de Polynésie française.
Michel Galtier et Didier Bondoux ont représenté le syndicat des médecins libéraux de Polynésie française.
Tahiti, le 21 février 2020 – Le syndicat des médecins libéraux de Polynésie française s’est enflammé vendredi dernier, après la notification par la Caisse de prévoyance sociale (CPS) du renouvellement de l’avenant tarifaire venant fixer les tarifs des consultations. L’occasion pour le syndicat de rebondir sur la déclaration du médecin traitant rendue obligatoire depuis le 1er janvier dernier. Pour le syndicat,  cette déclaration « peut être un problème ».

Comme chaque année à cette période, le syndicat des médecins libéraux se retrouve « obligé de signer un avenant tarifaire imposé par la CPS [caisse de prévoyance sociale, ndlr] », selon son président, Didier Bondoux. Cet avenant vient définir les tarifs pratiqués pour une consultation avec un taote. Cette année, après la mise en vigueur du médecin traitant, du parcours de soins et du panier de soins qu’il avait tant fustigés, le syndicat tape du poing sur la table. « Certains de nos confrères médecins libéraux n’ouvriront pas leurs cabinets pour signifier leur mécontentement »¸ détaille le président du syndicat. La nouvelle « obligation » de confirmer la mise en place de tarifs « qui n’ont pas changé depuis 10 ans » et le mécontentement face aux nouvelles mesures ont mis le feu aux poudres.

Le médecin traitant : « un problème »

Selon Didier Bondoux, « le principe du médecin traitant est bon ». C’est-à-dire que centraliser les données médicales d’un patient avec un médecin est, en soi, une bonne chose. Cependant, le président du syndicat met en cause « la mise en place compliquée ». Il met en relief le fait que les habitudes polynésiennes ne concordent pas avec la nomination d’un unique médecin traitant. En effet, si un patient vit à la Presqu’île, mais qu’il se déplace tous les jours sur le centre-ville, le choix d’un médecin traitant sera forcément compliqué. S’il choisit un médecin à la Presqu’île, il en sera éloigné pendant la journée de travail. S’il en choisit un sur le centre-ville, il en sera éloigné une fois de retour chez lui. Par ailleurs, le président dénonce une publicité « mensongère » au sujet du médecin traitant. « Quand on écoute le spot publicitaire, on dit qu’il faut déclarer son médecin traitant pour être mieux remboursé. Et c’est là que l’on voit que c’est de la communication ! Parce que la vérité, c’est que les patients sont remboursés pareil. Le seul changement, c’est, qu’effectivement, s’ils ne déclarent pas leur médecin traitant, alors ils seront moins bien remboursés ». Moins bien remboursé, plus précisément, cela signifie que pour une consultation à 3 600 Fcfp, le patient est remboursé à hauteur de 70%, soit 2 520 Fcfp. Cependant, si le patient consulte un médecin autre que son médecin traitant, il ne sera remboursé qu’à hauteur de 50%, soit 1800 Fcfp.

Et le patient n’est pas le seul désavantagé par cette situation, selon Didier Bondoux, « pour les médecins, c’est une tâche administrative énorme ». Michel Galtier, cardiologue à la clinique Cardella, explique : « Au final, au lieu de soigner les gens, la moitié de notre temps va être utilisée pour faire des papiers ». Les médecins doivent donc redoubler d’attention pour vérifier s’ils sont bien les médecins traitants des patients qui les consultent. « On a soulevé avec les médecins de la CPS, des problématiques concernant les médecins traitants et on n’a eu que des réponses évasives. Il y a toujours une case à cocher pour contourner le système, soit la case « urgence », soit la case « hors résidence habituelle ». Donc si on peut s’échapper de ce système aussi facilement, autant ne pas le faire ! »

Le syndicat dénonce une volonté claire de « dérembourser » les patients à des fins « d’économies ». « Maintenant, la CPS va faire des économies sur votre dos, notamment avec la mise en place du parcours de soins ». Le médecin explique cela avec une anecdote : « La collègue d’une amie est allée voir un ORL sans passer par un médecin traitant, et moins 50% de remboursement, et les médicaments, aussi ! »

Des tarifs figés depuis « une dizaine d’année »

L’avenant tarifaire a fixé le prix des consultations à 3 600 Fcfp depuis « près d’une dizaine d’année », explique le taote syndicaliste. La semaine prochaine, les médecins libéraux devront signer cet avenant tarifaire. Dans le cas contraire, ils ne seront pas conventionnés avec la CPS. « On a déjà vécu ça et on n’en veut plus. Mais certains médecins en ont tellement eu marre qu’ils sont restés déconventionnés. » L’effet ne se fait pas sentir directement chez le médecin en question. La patientèle, en revanche, sera remboursée sur un tarif « d’autorité ». C’est-à-dire que le patient sera remboursé sur une base de 1 560 Fcfp, au lieu de 3 600 Fcfp. Très concrètement, pour une consultation que le médecin libéral déconventionné fera payer 3 600 Fcfp, un patient sera remboursé à hauteur de 70% du tarif d’autorité, soit 1 092 Fcfp au lieu des 2 520 Fcfp du tarif habituel, a expliqué le président du syndicat.

INTERVIEW : Didier Bondoux Directeur du syndicat des médecins libéraux de Polynésie française

 « On souhaite rencontrer le CPS, l’Arass et pourquoi pas le ministère »

Vous voyez la création d’une convention collective comme la panacée. Pourquoi ?
« Cela fait partie des solutions, puisque ça nous permettra de nous rencontrer avec la CPS et de parler, de moderniser, d’enlever ce qui ne va pas dans la convention actuelle, d’y associer certains actes médicaux qui sont en place en métropole et dans d’autres DOM-TOM et qui sont complètement oubliés ici, et qui permettraient de revaloriser le travail de médecine générale. On nous dit que la loi est là pour mettre au centre le médecin généraliste et on attend que ça. Cela dit, les tarifs n’ont pas évolué depuis 10 ans… Et là, ça suffit. »
 
Quelles sont vos revendications aujourd’hui ?
« On souhaite rencontrer le CPS, l’Arass [Agence de régulation de l’action sanitaire, ndlr] et pourquoi pas le ministère pour qu’on se mette autour d’une table pour mettre en place une nouvelle convention collective et un nouvel avenant tarifaire pour l’année à venir parce que tout ce qu’on décidera maintenant, ce sera pour 2021. »

Rédigé par Ariitaimai Amary le Vendredi 21 Février 2020 à 19:18 | Lu 5297 fois





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