Tahiti le 7 mars 2026. La tension ne descend toujours pas entre les salariés d’Air Tahiti et le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson. Malgré une réunion la semaine passée au cours de laquelle, la présidence a communiqué sur sa bonne tenue, les avancées proposées et l’intérêt annoncé "qu’il n’y a absolument aucun intérêt que la compagnie se porte mal", les salariés restent vigilants et ne partagent pas le même optimisme que celui de la caserne Bruat.
Dans un communiqué envoyé aux rédactions ce samedi, l’intersyndicale, qui avait déjà communiqué sur ses craintes concernant l’avenir de la compagnie et le manque d’intérêt potentiel du gouvernement, remet une salve.
"Cette réunion ne nous a aucunement convaincus, bien au contraire", écrivent les syndicalistes. "Le Président dit ne pas vouloir de mal à Air Tahiti et que la concurrence doit être équitable. Toutefois, les actions du Pays permettent franchement d’en douter."
Les syndicalistes listent une somme de questions qui restent toujours sans réponses ou avec des éléments partiels. Pourquoi le Pays a cautionné à hauteur de 5 milliards de francs Air Moana, le concurrent d’Air Tahiti, qui ne dessert que 7 îles, alors qu’Air Tahiti, depuis 68 ans, n’a bénéficié de l’a défiscalisation locale pour un seul appareil, que le Pays ne s’est jamais porté garant dans le cadre d’un emprunt bancaire. "Le président dit ne pas vouloir de mal à Air Tahiti, mais avec tout cela, nous avons perdu près de 6 milliards de francs et nous ne sommes pas aidés", explique la compagnie sur qui la crise Covid et la concurrence nouvelle pèse toujours.
Dans un communiqué envoyé aux rédactions ce samedi, l’intersyndicale, qui avait déjà communiqué sur ses craintes concernant l’avenir de la compagnie et le manque d’intérêt potentiel du gouvernement, remet une salve.
"Cette réunion ne nous a aucunement convaincus, bien au contraire", écrivent les syndicalistes. "Le Président dit ne pas vouloir de mal à Air Tahiti et que la concurrence doit être équitable. Toutefois, les actions du Pays permettent franchement d’en douter."
Les syndicalistes listent une somme de questions qui restent toujours sans réponses ou avec des éléments partiels. Pourquoi le Pays a cautionné à hauteur de 5 milliards de francs Air Moana, le concurrent d’Air Tahiti, qui ne dessert que 7 îles, alors qu’Air Tahiti, depuis 68 ans, n’a bénéficié de l’a défiscalisation locale pour un seul appareil, que le Pays ne s’est jamais porté garant dans le cadre d’un emprunt bancaire. "Le président dit ne pas vouloir de mal à Air Tahiti, mais avec tout cela, nous avons perdu près de 6 milliards de francs et nous ne sommes pas aidés", explique la compagnie sur qui la crise Covid et la concurrence nouvelle pèse toujours.
Les faux semblant de Brotherson
La Délégation de service publique délivrée à Air Tahiti est toujours dans les discussions. Annoncée prolongée pour un an, elle n’a toujours pas été signée. Or, selon le président du Pays, cela n’empêcherait pas le compagnie de commercialiser des vols au delà de juillet prochain. "Faux", lui répondent les syndicats en vertu de l’article 45 de la convention qui lie le Pays et la compagnie et qui stipule que "toute vente réalisée au-delà de la période contractuelle – soit après le 30 juin 2026 pour la DSP 32 iles et après le 14 juillet pour la DSP des Marquises – engage la responsabilité financière et juridique d’Air Tahiti en cas de non-reconduction ou de modification des termes du contrat, sauf à ce que le Pays confirme par écrit à Air Tahiti la poursuite des ventes."
Cela fait peser sur la compagnie un flou. "Si Air Tahiti rouvre les ventes pour un an mais que le Pays décide par exemple de réduire le nombre de vols sur une île ou de prolonger uniquement sur 6 mois, c’est Air Tahiti et non le Pays qui devra rembourser et dédommager le client, pour tous les frais que le Client pourrait avoir. Dans ces conditions, il apparaît évident qu’Air Tahiti ne peut ouvrir les ventes de billets au-delà de la période contractuelle sans garanties écrites claires et solides du Pays", explique l’intersyndicale.
Enfin, les salariés pointent toujours du doigt la double casquette du directeur d’Air Moana, Lionel Guérin, nommé il y a peu par Moetai Brotherson en qualité de Directeur général d’Air Tahiti Nui. "Enfin, des interrogations subsistent concernant la conduite du schéma directeur du transport aérien, confiée à la société Aerogestion. Or cette société travaille pour Air Moana, sur certains dossiers. Cette situation alimente des doutes légitimes sur la neutralité des orientations à venir."
"Dans ce contexte incertain et aux regards des actions du Pays que nous ne pouvons que constater, la perspective d’un plan social à Air Tahiti n’est toujours pas écartée. Ce plan social sera la conséquence des actions que ce gouvernement prend aujourd’hui et pour la ou les prochaines DSP. La casse économique est déjà visible, puisque tous les transporteurs aériens (et maritimes) sont aujourd’hui déficitaires", concluent les salariés.
Bertrand Prévost
Cela fait peser sur la compagnie un flou. "Si Air Tahiti rouvre les ventes pour un an mais que le Pays décide par exemple de réduire le nombre de vols sur une île ou de prolonger uniquement sur 6 mois, c’est Air Tahiti et non le Pays qui devra rembourser et dédommager le client, pour tous les frais que le Client pourrait avoir. Dans ces conditions, il apparaît évident qu’Air Tahiti ne peut ouvrir les ventes de billets au-delà de la période contractuelle sans garanties écrites claires et solides du Pays", explique l’intersyndicale.
Enfin, les salariés pointent toujours du doigt la double casquette du directeur d’Air Moana, Lionel Guérin, nommé il y a peu par Moetai Brotherson en qualité de Directeur général d’Air Tahiti Nui. "Enfin, des interrogations subsistent concernant la conduite du schéma directeur du transport aérien, confiée à la société Aerogestion. Or cette société travaille pour Air Moana, sur certains dossiers. Cette situation alimente des doutes légitimes sur la neutralité des orientations à venir."
"Dans ce contexte incertain et aux regards des actions du Pays que nous ne pouvons que constater, la perspective d’un plan social à Air Tahiti n’est toujours pas écartée. Ce plan social sera la conséquence des actions que ce gouvernement prend aujourd’hui et pour la ou les prochaines DSP. La casse économique est déjà visible, puisque tous les transporteurs aériens (et maritimes) sont aujourd’hui déficitaires", concluent les salariés.
Bertrand Prévost