Tahiti, le 23 janvier 2026 – L’élu paumotu Odette Homai n’a pas voulu être “hypocrite” et attendre l’issue des municipales pour prendre ses distances avec le Tavini Huiraatira. Sa démission est une décision “mûrement réfléchie” comme elle s'en est expliquée en conférence de presse vendredi. L'élue paumotu n'est pas tendre avec les instances dirigeantes du parti bleu ciel.
L’élue Tavini Odette Homai a, lors de la conférence de presse de ce vendredi matin, expliqué que ce sont “les décisions qui sont prises en interne” qui l’ont poussée à démissionner du groupe Tavini à l’assemblée.
La décolonisation, l'exploitation des terres rares, ou encore le soutien à certaines listes pour les municipales sont quelques-uns des sujets que l’élue a énumérés pour leur incohérence, sans compter que “dans notre programme, il était prévu une décolonisation, mais préparée, pas tout de suite. Aujourd'hui, on nous impose (…) et ça je ne l'ai pas choisi”.
L’élue rappelle aussi que pour l’exploitation des fonds marins le Tavini Huiraatira se disait “fermement contre” parce que “environnementalement ce n'est pas possible”. Odette Homai regrette que le parti veuille aujourd’hui leur “imposer” ses décisions. “Mais est-ce que c’est totalement réfléchi ?”
Odette Homai regrette que le Tavini Huiraatira qui voulait mettre en avant la jeunesse et qui la considérait comme le “nouveau souffle de vie” constate que “aujourd'hui, on les évince. Il faut les laisser continuer”.
“Je suis née, mon pito a été coupé au sein du Tavini huiraatira”
Odette Homai n’est pas une néophyte au sein du Tavini, elle est même “née”, dit-elle, dans ce parti : “J'avais à peine six ans lorsque je manifestais avec mes grands-parents, mes parents.” Elle a grandi à Faa’a notamment à Tavararo “le fief du Tavini”. En 1995 elle décide d’aller vivre aux Tuamotu où Henri Mapakoy, membre fondateur du parti bleu ciel, la prend sous son aile. “Il a fait grandir mon enseignement au sein du Tavini huiraatira et c'était ma famille politique.”
Alors envoyer sa lettre de démission jeudi n’a pas été chose facile pour elle. “Ce n'est pas simple, vu l'histoire que j'ai au sein du Tavini huiraatira. Mais aujourd'hui, il faut prendre son courage à deux mains, et dire ‘Non, ça suffit !’. À un moment donné, on avait cette politique-là de mettre les jeunes en avant. Qu'on essaie aujourd’hui de les écarter, je ne peux plus être en cohérence avec cette façon d'agir.”
Elle assure que les propos tenus mercredi soir par le leader indépendantiste Oscar Temaru, annonçant le soutien du parti à la liste conduite par Tauhiti Nena pour les municipales à Papeete l’ont poussé à la démission. En avril dernier, lors du congrès du Tavini ce soutien était en principe acquis à Tematai Le Gayic. “C'est la goutte d'eau. Je ne vais pas continuer à cautionner des choses comme ça. Il faut que je me sente bien avec moi-même aussi pour continuer mes travaux à l'assemblée. Ce sont des paroles qui ont été dites au Congrès, ce sont des annonces qui ont été faites officiellement, qui sont ensuite remises en question par ces mêmes dirigeants. Et puis après il y a des manières de débarquer les gens. On leur doit le respect.”
Odette Homai rappelle que sur la profession de foi ou encore sur les bulletins de vote du Tavini il est écrit “Te Atua Ta’u Fatu, ce qui amène à faatura les gens. Si on a cette conviction religieuse que le Seigneur guide nos pas, qu'on respecte aussi l'humain. Moi, c'est ça qui m'a forgé l'esprit, c'est l'humain, l'humain au centre de la politique, et aujourd'hui, ce n'est plus ce qui se passe.”
Odette Homai déclare n’avoir pas fait part de tous ces problèmes aux dirigeants du parti mais que ce n’est pas faute d’avoir essayé : “On devait avoir des comités de majorité (…) ça a toujours été repoussé. Ces problèmes-là, on a voulu les débattre (…) mais à quel moment on va discuter de tout ça ?”
L’élue pa’umotu dénonce aussi le fait qu’au niveau du secrétariat général du parti les décisions sont prises sans concertation avec les élus. “On n'est même pas pris en considération. On nous impose des choses.”
“Une décision mûrement réfléchie”
À la question de savoir si d’autres élus vont également démissionner, vendredi Odette Homai a simplement répondu : “Je ne vais pas parler pour eux. Je vais les laisser s'exprimer au bon moment (…). Moi j'ai pris mes responsabilités, donc c'est à chacun de prendre les siennes. Je ne peux pas parler pour eux. Aujourd'hui, je me sens capable de me lever et de dire non, stop, ça suffit, il faut que j'avance mais sereinement.”
L’élue pa’umotu va désormais siéger en tant que non-inscrite avec sa collègue Hinamoeura Cross-Morgant. “Je ne serai pas seule”, dit-elle. Et elle a bien l’intention de continuer à travailler pour la population : “C'est vrai que les gens appréhendent le fait que je sois seule. Mais il ne faut pas oublier que quand tu es une élue, il faut quand même avoir un certain dynamisme et caractère pour porter tes projets (…). Ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais fermé ma bouche en ce qui concerne les Tuamotu.”
L’ex-représentante Tavini assure que sa démission est “une décision qui a été mûrement réfléchie” et qu’il n’y aura pas de retour en arrière. Elle précise donc qu’elle se présentera sans le soutien du parti bleu ciel aux municipales à Takaroa. “Lorsqu'on n'est plus en phase avec ce qui se passe, il ne faut pas attendre non plus. Il faut y aller, parce que moi, ça me paraît aussi un peu hypocrite, d'aller aux municipales alors que je ne suis plus non plus en phase avec mon parti. Donc, peu importe que ce soit aujourd'hui ou après les municipales : j'ai décidé de le faire.”
L’élue Tavini Odette Homai a, lors de la conférence de presse de ce vendredi matin, expliqué que ce sont “les décisions qui sont prises en interne” qui l’ont poussée à démissionner du groupe Tavini à l’assemblée.
La décolonisation, l'exploitation des terres rares, ou encore le soutien à certaines listes pour les municipales sont quelques-uns des sujets que l’élue a énumérés pour leur incohérence, sans compter que “dans notre programme, il était prévu une décolonisation, mais préparée, pas tout de suite. Aujourd'hui, on nous impose (…) et ça je ne l'ai pas choisi”.
L’élue rappelle aussi que pour l’exploitation des fonds marins le Tavini Huiraatira se disait “fermement contre” parce que “environnementalement ce n'est pas possible”. Odette Homai regrette que le parti veuille aujourd’hui leur “imposer” ses décisions. “Mais est-ce que c’est totalement réfléchi ?”
Odette Homai regrette que le Tavini Huiraatira qui voulait mettre en avant la jeunesse et qui la considérait comme le “nouveau souffle de vie” constate que “aujourd'hui, on les évince. Il faut les laisser continuer”.
“Je suis née, mon pito a été coupé au sein du Tavini huiraatira”
Odette Homai n’est pas une néophyte au sein du Tavini, elle est même “née”, dit-elle, dans ce parti : “J'avais à peine six ans lorsque je manifestais avec mes grands-parents, mes parents.” Elle a grandi à Faa’a notamment à Tavararo “le fief du Tavini”. En 1995 elle décide d’aller vivre aux Tuamotu où Henri Mapakoy, membre fondateur du parti bleu ciel, la prend sous son aile. “Il a fait grandir mon enseignement au sein du Tavini huiraatira et c'était ma famille politique.”
Alors envoyer sa lettre de démission jeudi n’a pas été chose facile pour elle. “Ce n'est pas simple, vu l'histoire que j'ai au sein du Tavini huiraatira. Mais aujourd'hui, il faut prendre son courage à deux mains, et dire ‘Non, ça suffit !’. À un moment donné, on avait cette politique-là de mettre les jeunes en avant. Qu'on essaie aujourd’hui de les écarter, je ne peux plus être en cohérence avec cette façon d'agir.”
Elle assure que les propos tenus mercredi soir par le leader indépendantiste Oscar Temaru, annonçant le soutien du parti à la liste conduite par Tauhiti Nena pour les municipales à Papeete l’ont poussé à la démission. En avril dernier, lors du congrès du Tavini ce soutien était en principe acquis à Tematai Le Gayic. “C'est la goutte d'eau. Je ne vais pas continuer à cautionner des choses comme ça. Il faut que je me sente bien avec moi-même aussi pour continuer mes travaux à l'assemblée. Ce sont des paroles qui ont été dites au Congrès, ce sont des annonces qui ont été faites officiellement, qui sont ensuite remises en question par ces mêmes dirigeants. Et puis après il y a des manières de débarquer les gens. On leur doit le respect.”
Odette Homai rappelle que sur la profession de foi ou encore sur les bulletins de vote du Tavini il est écrit “Te Atua Ta’u Fatu, ce qui amène à faatura les gens. Si on a cette conviction religieuse que le Seigneur guide nos pas, qu'on respecte aussi l'humain. Moi, c'est ça qui m'a forgé l'esprit, c'est l'humain, l'humain au centre de la politique, et aujourd'hui, ce n'est plus ce qui se passe.”
Odette Homai déclare n’avoir pas fait part de tous ces problèmes aux dirigeants du parti mais que ce n’est pas faute d’avoir essayé : “On devait avoir des comités de majorité (…) ça a toujours été repoussé. Ces problèmes-là, on a voulu les débattre (…) mais à quel moment on va discuter de tout ça ?”
L’élue pa’umotu dénonce aussi le fait qu’au niveau du secrétariat général du parti les décisions sont prises sans concertation avec les élus. “On n'est même pas pris en considération. On nous impose des choses.”
“Une décision mûrement réfléchie”
À la question de savoir si d’autres élus vont également démissionner, vendredi Odette Homai a simplement répondu : “Je ne vais pas parler pour eux. Je vais les laisser s'exprimer au bon moment (…). Moi j'ai pris mes responsabilités, donc c'est à chacun de prendre les siennes. Je ne peux pas parler pour eux. Aujourd'hui, je me sens capable de me lever et de dire non, stop, ça suffit, il faut que j'avance mais sereinement.”
L’élue pa’umotu va désormais siéger en tant que non-inscrite avec sa collègue Hinamoeura Cross-Morgant. “Je ne serai pas seule”, dit-elle. Et elle a bien l’intention de continuer à travailler pour la population : “C'est vrai que les gens appréhendent le fait que je sois seule. Mais il ne faut pas oublier que quand tu es une élue, il faut quand même avoir un certain dynamisme et caractère pour porter tes projets (…). Ne vous inquiétez pas, je n'ai jamais fermé ma bouche en ce qui concerne les Tuamotu.”
L’ex-représentante Tavini assure que sa démission est “une décision qui a été mûrement réfléchie” et qu’il n’y aura pas de retour en arrière. Elle précise donc qu’elle se présentera sans le soutien du parti bleu ciel aux municipales à Takaroa. “Lorsqu'on n'est plus en phase avec ce qui se passe, il ne faut pas attendre non plus. Il faut y aller, parce que moi, ça me paraît aussi un peu hypocrite, d'aller aux municipales alors que je ne suis plus non plus en phase avec mon parti. Donc, peu importe que ce soit aujourd'hui ou après les municipales : j'ai décidé de le faire.”