Fred TANNEAU / AFP
Paris, France | AFP | mercredi 25/03/2026 - La multiplication de vidéos de maires sortants battus hués, insultés, bousculés, empêchés de s'exprimer a provoqué l'indignation d'une partie de la classe politique et témoigne d'une brutalisation de la vie politique, accentuée par les réseaux sociaux.
Les scènes houleuses ont notamment été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche à Creil (Oise), Vaulx-en-Velin (Rhône), au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ou à Mantes-La-Jolie (Yvelines).
Des maires battus ont dit avoir dû être escortés par les forces de l'ordre, comme Raphaël Cognet (divers droite) à Mantes-La-Jolie, prise par une liste citoyenne rejointe par La France insoumise.
A Vaulx-en-Velin, une vidéo publiée initialement sur TikTok montre la maire socialiste sortante, Hélène Geoffroy, se faire insulter. "Allez sors de là, arrache ta mère" ou encore "Dégage de là, tire toi", lui lancent des personnes.
A Creil, l'ex-maire PS Jean-Claude Villemain - qui avait laissé la main en 2024 à son ex-première adjointe - est suivi par une femme qui lui lance neuf fois "Au revoir Jean-Claude" puis "Rappelez-vous tout le mal que vous avez fait".
Ces vidéos de scènes de tensions, largement reprises par des comptes d'extrême droite ou proches de l'extrême droite et les médias de l'empire Bolloré, ont provoqué l'indignation de nombreux responsables politiques.
"La campagne a parfois été très dure, très difficile et nous enregistrons au ministère de l'Intérieur, à date, plus de 120 faits judiciarisés (...) beaucoup plus que les autres années", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à l'Assemblée nationale, qui avait qualifié auparavant de "totalement inacceptables" les huées visant les maires.
"Plusieurs dizaines de permanences de LFI, après la mort de Quentin Deranque, ont été dégradées. Des meetings du RN ont donné lieu à des contre-manifestations, avec des militants d'ultra-gauche qui ont tenté d'y pénétrer", a-t-il également reconnu dans un entretien à la revue L'Hémicycle, évoquant un "climat vraiment nauséabond".
- "Hooliganisation" -
"C'est honteux, c'est même un scandale démocratique", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, se disant contre "toute forme de hooliganisation de la vie politique".
"J'ai déjà vu des passations parfois houleuses, (…) mais des choses où l'on menace physiquement (...) c'est un truc qui est inacceptable", a réagi Marc Fesneau, chef du groupe centriste à l'Assemblée nationale, fustigeant les villes dirigées par LFI.
En réponse, la présidente des députés insoumis Mathilde Panot a dressé sur X une liste de violences commises contre des militants communistes ou insoumis, faisant état du "tabassage" de militants communistes vendredi à Nîmes "par des soutiens du candidat LR Franck Proust".
A Biarritz, au soir du premier tour, la maire sortante LR Maider Arosteguy a été sifflée par une partie des soutiens de l'ex-légende du rugby Serge Blanco.
"C'est inédit et symptomatique d'une atmosphère malsaine", a-t-elle déclaré au quotidien Sud-Ouest, évoquant des personnes "animées par une forme de haine".
Interrogé par l'AFP, le politologue Romain Pasquier juge que si la violence en politique n'est "pas nouvelle", celle qui vise des "maires battus" participe "d'évolutions sociopolitiques récentes", à l'instar de la multiplication des agressions contre des maires.
"La montée en puissance des radicalités en politique et la montée en puissance de la défiance institutionnelle, avec un plus fort taux d'abstention, montrent qu'on ne fait plus confiance à l'autorité de ceux qui nous représentent, ce qui alimente les comportements antirépublicains", ajoute-t-il.
Le politologue y voit aussi la traduction de campagnes parfois marquées par des invectives entre candidats, ce qui libère selon lui "des pulsions chez les militants".
Selon Martial Foucault, professeur des universités à Sciences Po Paris, ces violences ne sont pas "tout à fait nouvelles". Il cite notamment des passages de relais houleux entre gauche et droite ou lorsque les mairies de Vitrolles et Toulon sont tombées dans le giron du Front national dans les années 1990.
Mais il reconnaît avoir "rarement assisté à des scènes aussi violentes" comme aujourd'hui.
"On a une surmédiatisation qui amplifie aussi le phénomène", nuance-t-il toutefois, évoquant une "onde de propagation dont on n'aurait pas parlé il y a 30 ans".
Les scènes houleuses ont notamment été filmées dans plusieurs mairies de banlieue remportées par des candidats LFI ou divers gauche à Creil (Oise), Vaulx-en-Velin (Rhône), au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ou à Mantes-La-Jolie (Yvelines).
Des maires battus ont dit avoir dû être escortés par les forces de l'ordre, comme Raphaël Cognet (divers droite) à Mantes-La-Jolie, prise par une liste citoyenne rejointe par La France insoumise.
A Vaulx-en-Velin, une vidéo publiée initialement sur TikTok montre la maire socialiste sortante, Hélène Geoffroy, se faire insulter. "Allez sors de là, arrache ta mère" ou encore "Dégage de là, tire toi", lui lancent des personnes.
A Creil, l'ex-maire PS Jean-Claude Villemain - qui avait laissé la main en 2024 à son ex-première adjointe - est suivi par une femme qui lui lance neuf fois "Au revoir Jean-Claude" puis "Rappelez-vous tout le mal que vous avez fait".
Ces vidéos de scènes de tensions, largement reprises par des comptes d'extrême droite ou proches de l'extrême droite et les médias de l'empire Bolloré, ont provoqué l'indignation de nombreux responsables politiques.
"La campagne a parfois été très dure, très difficile et nous enregistrons au ministère de l'Intérieur, à date, plus de 120 faits judiciarisés (...) beaucoup plus que les autres années", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à l'Assemblée nationale, qui avait qualifié auparavant de "totalement inacceptables" les huées visant les maires.
"Plusieurs dizaines de permanences de LFI, après la mort de Quentin Deranque, ont été dégradées. Des meetings du RN ont donné lieu à des contre-manifestations, avec des militants d'ultra-gauche qui ont tenté d'y pénétrer", a-t-il également reconnu dans un entretien à la revue L'Hémicycle, évoquant un "climat vraiment nauséabond".
- "Hooliganisation" -
"C'est honteux, c'est même un scandale démocratique", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, se disant contre "toute forme de hooliganisation de la vie politique".
"J'ai déjà vu des passations parfois houleuses, (…) mais des choses où l'on menace physiquement (...) c'est un truc qui est inacceptable", a réagi Marc Fesneau, chef du groupe centriste à l'Assemblée nationale, fustigeant les villes dirigées par LFI.
En réponse, la présidente des députés insoumis Mathilde Panot a dressé sur X une liste de violences commises contre des militants communistes ou insoumis, faisant état du "tabassage" de militants communistes vendredi à Nîmes "par des soutiens du candidat LR Franck Proust".
A Biarritz, au soir du premier tour, la maire sortante LR Maider Arosteguy a été sifflée par une partie des soutiens de l'ex-légende du rugby Serge Blanco.
"C'est inédit et symptomatique d'une atmosphère malsaine", a-t-elle déclaré au quotidien Sud-Ouest, évoquant des personnes "animées par une forme de haine".
Interrogé par l'AFP, le politologue Romain Pasquier juge que si la violence en politique n'est "pas nouvelle", celle qui vise des "maires battus" participe "d'évolutions sociopolitiques récentes", à l'instar de la multiplication des agressions contre des maires.
"La montée en puissance des radicalités en politique et la montée en puissance de la défiance institutionnelle, avec un plus fort taux d'abstention, montrent qu'on ne fait plus confiance à l'autorité de ceux qui nous représentent, ce qui alimente les comportements antirépublicains", ajoute-t-il.
Le politologue y voit aussi la traduction de campagnes parfois marquées par des invectives entre candidats, ce qui libère selon lui "des pulsions chez les militants".
Selon Martial Foucault, professeur des universités à Sciences Po Paris, ces violences ne sont pas "tout à fait nouvelles". Il cite notamment des passages de relais houleux entre gauche et droite ou lorsque les mairies de Vitrolles et Toulon sont tombées dans le giron du Front national dans les années 1990.
Mais il reconnaît avoir "rarement assisté à des scènes aussi violentes" comme aujourd'hui.
"On a une surmédiatisation qui amplifie aussi le phénomène", nuance-t-il toutefois, évoquant une "onde de propagation dont on n'aurait pas parlé il y a 30 ans".