Paris, France, le 21 juillet 2026. L'interdiction du téléphone portable au lycée, adoptée mardi par le Parlement, doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine, une échéance jugée particulièrement serrée pour une mesure loin de faire l'unanimité sur le terrain.
Le texte qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans étend également au lycée l'interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur de la maternelle au collège depuis 2018. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement, notamment pour les élèves en situation de handicap ou les étudiants.
"Limiter l'exposition aux écrans, c'est préserver les capacités cognitives des élèves, donc leur avenir", s'est félicité sur X le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray.
Addiction aux réseaux sociaux, problèmes de sommeil, multiplication des fraudes lors des examens... "Il y a un vrai sujet sur l'utilisation de l'outil, mais ce n'est pas parce qu'on l'interdit au lycée qu'on va résoudre tous les problèmes", prévient Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissements.
- Calendrier serré -
"L'idée sur le fond, on peut souscrire. Mais sur la forme, ça ne va pas du tout", critique la cheffe d'établissement qui pointe un calendrier trop serré.
Une circulaire publiée le 2 juillet, assortie d'un vademecum, demandait aux lycées de se préparer à l'entrée en vigueur de la mesure dès septembre.
"C'était trop tard", juge Mme Kauffmann. Pour appliquer l'interdiction, les établissements doivent en effet modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d'administration.
"C'est encore une fois la preuve d'une déconnexion totale avec la réalité des établissements scolaires", dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré.
"Le ministère nous engage à rentrer dans une démarche alors que l'année est terminée", regrette de son côté Agnès Andersen, du syndicat de chefs d'établissement ID-FO, qui parle de "devoirs de vacances des personnels de direction."
Selon elle, le ministre a toutefois promis une certaine souplesse afin de laisser le temps aux lycées d'engager le dialogue nécessaire.
- Quelles sanctions ? -
Comme certains autres chefs d'établissements, Christelle Kauffmann avait anticipé la mesure en intégrant, à la fin de l'année scolaire, l'interdiction du téléphone portable.
Dans son lycée, le portable sera interdit à la rentrée dans les couloirs et les bâtiments, mais autorisé dans les espaces extérieurs.
Selon elle, il faudra probablement près d'un an avant une mise en œuvre pleinement effective dans l'ensemble des lycées. "C'est très difficile pour une communauté scolaire d'imposer une nouvelle règle aux jeunes. Même si la loi est censée s'imposer, ce n'est pas aussi simple. On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque lycéen", souligne-t-elle.
Le vademecum transmis aux établissements prévoit une réponse "graduée, personnalisée et proportionnée" en cas d'infraction, "comme tout manquement à une règle au sein de l'établissement".
Les sanctions pourront aller de la punition à la confiscation de l'appareil, voire à une procédure disciplinaire dans les cas les plus graves.
- Injonctions contradictoires -
Les lycéens consultent régulièrement Pronote sur leur smartphone pour suivre les changements d'emploi du temps ou de salle. Certains enseignants y recourent aussi ponctuellement en classe, pour des recherches, des exercices ou le partage de documents.
Dans son vademecum, le ministère autorise notamment des dérogations à l'interdiction du téléphone pour des "usages pédagogiques" ou des "usages nécessaires au bon fonctionnement de l'établissement".
"Peut-être qu'il aurait été bon que le ministère s'interroge sur la place du numérique dans l'enseignement", souligne Agnès Andersen. "C'est quand même un peu paradoxal", abonde Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE, opposé à cette interdiction.
"Il faut plutôt sensibiliser à l'usage du téléphone portable parce que ça fait partie du quotidien", avance de son côté Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), qui dénonce une mesure "démagogique".
"Aujourd'hui, ils font le choix d'interdire, de faire de la répression au lieu de faire de la prévention", regrette-t-il. Or, "on sait très bien qu'à chaque fois qu'on fait de la répression au lieu de faire de la prévention, ça ne fonctionne pas."
Le texte qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans étend également au lycée l'interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur de la maternelle au collège depuis 2018. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement, notamment pour les élèves en situation de handicap ou les étudiants.
"Limiter l'exposition aux écrans, c'est préserver les capacités cognitives des élèves, donc leur avenir", s'est félicité sur X le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray.
Addiction aux réseaux sociaux, problèmes de sommeil, multiplication des fraudes lors des examens... "Il y a un vrai sujet sur l'utilisation de l'outil, mais ce n'est pas parce qu'on l'interdit au lycée qu'on va résoudre tous les problèmes", prévient Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissements.
- Calendrier serré -
"L'idée sur le fond, on peut souscrire. Mais sur la forme, ça ne va pas du tout", critique la cheffe d'établissement qui pointe un calendrier trop serré.
Une circulaire publiée le 2 juillet, assortie d'un vademecum, demandait aux lycées de se préparer à l'entrée en vigueur de la mesure dès septembre.
"C'était trop tard", juge Mme Kauffmann. Pour appliquer l'interdiction, les établissements doivent en effet modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d'administration.
"C'est encore une fois la preuve d'une déconnexion totale avec la réalité des établissements scolaires", dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré.
"Le ministère nous engage à rentrer dans une démarche alors que l'année est terminée", regrette de son côté Agnès Andersen, du syndicat de chefs d'établissement ID-FO, qui parle de "devoirs de vacances des personnels de direction."
Selon elle, le ministre a toutefois promis une certaine souplesse afin de laisser le temps aux lycées d'engager le dialogue nécessaire.
- Quelles sanctions ? -
Comme certains autres chefs d'établissements, Christelle Kauffmann avait anticipé la mesure en intégrant, à la fin de l'année scolaire, l'interdiction du téléphone portable.
Dans son lycée, le portable sera interdit à la rentrée dans les couloirs et les bâtiments, mais autorisé dans les espaces extérieurs.
Selon elle, il faudra probablement près d'un an avant une mise en œuvre pleinement effective dans l'ensemble des lycées. "C'est très difficile pour une communauté scolaire d'imposer une nouvelle règle aux jeunes. Même si la loi est censée s'imposer, ce n'est pas aussi simple. On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque lycéen", souligne-t-elle.
Le vademecum transmis aux établissements prévoit une réponse "graduée, personnalisée et proportionnée" en cas d'infraction, "comme tout manquement à une règle au sein de l'établissement".
Les sanctions pourront aller de la punition à la confiscation de l'appareil, voire à une procédure disciplinaire dans les cas les plus graves.
- Injonctions contradictoires -
Les lycéens consultent régulièrement Pronote sur leur smartphone pour suivre les changements d'emploi du temps ou de salle. Certains enseignants y recourent aussi ponctuellement en classe, pour des recherches, des exercices ou le partage de documents.
Dans son vademecum, le ministère autorise notamment des dérogations à l'interdiction du téléphone pour des "usages pédagogiques" ou des "usages nécessaires au bon fonctionnement de l'établissement".
"Peut-être qu'il aurait été bon que le ministère s'interroge sur la place du numérique dans l'enseignement", souligne Agnès Andersen. "C'est quand même un peu paradoxal", abonde Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE, opposé à cette interdiction.
"Il faut plutôt sensibiliser à l'usage du téléphone portable parce que ça fait partie du quotidien", avance de son côté Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), qui dénonce une mesure "démagogique".
"Aujourd'hui, ils font le choix d'interdire, de faire de la répression au lieu de faire de la prévention", regrette-t-il. Or, "on sait très bien qu'à chaque fois qu'on fait de la répression au lieu de faire de la prévention, ça ne fonctionne pas."