Tahiti, le 27 mai 2026 - À Makatea, les tensions sont toujours aussi vives après la décision du tribunal de remettre Julien Mai comme tāvana de l’île. Ce mercredi, la première adjointe au maire de Rangiroa s’est rendue sur place accompagnée de mūto’i et de gendarmes, ils ont été accueillis par une manifestation devant la mairie de l’île. Les habitants ont même demandé à Julien Mai de démissionner de son poste.
Le tribunal administratif a suivi les conclusions du rapporteur public, mardi, et a procédé à la “rectification des résultats des opérations électorales” à Rangiroa. Ainsi, l’élection du jeune tāvana de la commune associée de Makatea, Alpha Ioane, expert-comptable âgé de 26 ans et candidat sur la liste Na motu e maha, est annulée et le tribunal a proclamé à sa place Julien Mai qui était candidat de la liste Tapura amui no Rairoa nui. Le tribunal administratif a également rejeté la demande d’organiser un “nouveau vote” à Makatea.
Après les résultats du scrutin, plusieurs recours avaient été déposés en raison de la présence d’une électrice de Rangiroa comme candidate sur deux listes concurrentes : Te Reo Api No Mihiroa menée par Eléana Herlemme et Na Motu E Maha menée par Hiria Teheiura, “ce qui est irrégulier au regard du code électoral”, a précisé le tribunal.
Et ce dernier de préciser : “La liste Na Motu E Maha a obtenu notamment un siège dans la section de Makatea alors que cette même liste n’aurait pas dû participer à l’élection municipale en litige” puisqu’elle n’a pas atteint “le seuil légal de 5 % autorisant la répartition des sièges à pourvoir entre toutes les listes après une première phase d’attribution de sièges à la liste qui a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés”.
Le tribunal administratif a suivi les conclusions du rapporteur public, mardi, et a procédé à la “rectification des résultats des opérations électorales” à Rangiroa. Ainsi, l’élection du jeune tāvana de la commune associée de Makatea, Alpha Ioane, expert-comptable âgé de 26 ans et candidat sur la liste Na motu e maha, est annulée et le tribunal a proclamé à sa place Julien Mai qui était candidat de la liste Tapura amui no Rairoa nui. Le tribunal administratif a également rejeté la demande d’organiser un “nouveau vote” à Makatea.
Après les résultats du scrutin, plusieurs recours avaient été déposés en raison de la présence d’une électrice de Rangiroa comme candidate sur deux listes concurrentes : Te Reo Api No Mihiroa menée par Eléana Herlemme et Na Motu E Maha menée par Hiria Teheiura, “ce qui est irrégulier au regard du code électoral”, a précisé le tribunal.
Et ce dernier de préciser : “La liste Na Motu E Maha a obtenu notamment un siège dans la section de Makatea alors que cette même liste n’aurait pas dû participer à l’élection municipale en litige” puisqu’elle n’a pas atteint “le seuil légal de 5 % autorisant la répartition des sièges à pourvoir entre toutes les listes après une première phase d’attribution de sièges à la liste qui a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés”.
“Ça a été chaud lors de la réunion”
La première adjointe au maire de Rangiroa, Martine Tetua, s’est rendue à Makatea ce mercredi matin et était accompagnée, selon nos informations, de deux gendarmes et de deux mūto’i. Ces derniers ont d’ailleurs été accueillis par des électeurs qui manifestaient devant la mairie de Makatea. “Depuis 7 h 30, on était devant mairie avec des pancartes car on a entendu dire qu'il y avait des gendarmes qui arrivaient pour l'officialisation de Julien Mai”, assure Ruben, un électeur de Makatea.
Ce dernier insiste pour qu’un “référendum” ait lieu à Makatea : “Oui ou non, vous voulez que Julien Mai reprenne le pouvoir ?” Il estime que la décision du tribunal est “injuste, cela veut dire que Julien va revenir au pouvoir comme une fleur”.
Une réunion a été organisée ce mercredi avec la population de l’île qui s’est déplacée en nombre. “Je pense qu'ils ont peut-être vu qu'il y avait ce comité de soutien à Alpha Ioane et qu'il y avait une petite manifestation ici. Leur visite est certainement aussi due au délibéré du tribunal administratif”, assure Tupuhina, une habitante de l’île. Cette dernière confie : “Ça a été chaud, quand même, lors de la réunion”.
Une autre habitante de l’île, Nadège, était absente lors de la réunion mais elle l’a suivie par vidéo. Elle assure que “cette réunion était nécessaire, il fallait la faire pour calmer un petit peu et expliquer le pourquoi du comment parce que la population était en ébullition”.
Selon elle, tāvana Martine Tetua a été “très explicite sur la situation actuelle, donc ça a amené la population à se calmer, à écouter, à être un peu plus posée”. Elle pense cependant que le calme est revenu car “la passation n'a pas encore été faite. Elle le sera certainement la semaine prochaine”.
Ce dernier insiste pour qu’un “référendum” ait lieu à Makatea : “Oui ou non, vous voulez que Julien Mai reprenne le pouvoir ?” Il estime que la décision du tribunal est “injuste, cela veut dire que Julien va revenir au pouvoir comme une fleur”.
Une réunion a été organisée ce mercredi avec la population de l’île qui s’est déplacée en nombre. “Je pense qu'ils ont peut-être vu qu'il y avait ce comité de soutien à Alpha Ioane et qu'il y avait une petite manifestation ici. Leur visite est certainement aussi due au délibéré du tribunal administratif”, assure Tupuhina, une habitante de l’île. Cette dernière confie : “Ça a été chaud, quand même, lors de la réunion”.
Une autre habitante de l’île, Nadège, était absente lors de la réunion mais elle l’a suivie par vidéo. Elle assure que “cette réunion était nécessaire, il fallait la faire pour calmer un petit peu et expliquer le pourquoi du comment parce que la population était en ébullition”.
Selon elle, tāvana Martine Tetua a été “très explicite sur la situation actuelle, donc ça a amené la population à se calmer, à écouter, à être un peu plus posée”. Elle pense cependant que le calme est revenu car “la passation n'a pas encore été faite. Elle le sera certainement la semaine prochaine”.
“ Les habitants ont demandé à Julien Mai de démissionner”
Lors de cette réunion, un habitant a “suggéré à Julien Mai de démissionner et de nommer Alpha Ioane à sa place”, indique Tupuhina. Un autre a même posé la question aux personnes présentes : “Qui est pour le retour de Julien ?” “Il n’y a eu que quatre ou cinq personnes qui ont levé la main, principalement les enfants de Julien, ce qui me semble normal. Mais, en majeure partie, la population reste convaincue que le bien de la population, c'est bien Alpha Ioane”, ajoute Nadège.
Cette dernière se souvient même que Julien Mai avait confié à plusieurs reprises et ce publiquement qu’“il aime bien sa vie de papa, de grand-père, s'occuper des enfants ou des mo’otua. Il n'a plus à se soucier de régler le problème d'eau, de camions etc. (…). Ça nous a un petit peu soulagés et on s'est dit qu'il ne serait pas contre le fait de démissionner, parce qu'au final, il aime cette vie-là.”
Mais selon elle, Julien Mai est “contradictoire dans ses propos (…) Il dit ‘je suis un homme de loi, donc j'aime la justice, et si on me demande de revenir, je vais suivre les règles’. Mais personne ne peut l'obliger à passer à côté de sa vie de père et de grand-père. Même la justice ne peut pas l’en empêcher et surtout l’obliger à rester.”
Nadège encourage Alpha Ioane à faire appel de la décision du tribunal. “On ne va pas mettre la charrue avant les bœufs, mais à tête reposée, on va bien y réfléchir. Et si la population l'a mis pour un changement, c'est bien parce qu'on a envie d'un changement. Et s'il a décidé de porter haut et loin ce titre de maire délégué pour la population, donc aussi pour la population, il faut qu'il fasse appel.”
Contactés à plusieurs reprises, ni la première adjointe au maire de Rangiroa Martine Tetua, ni Julien Mai n’ont répondu à nos sollicitations.
Cette dernière se souvient même que Julien Mai avait confié à plusieurs reprises et ce publiquement qu’“il aime bien sa vie de papa, de grand-père, s'occuper des enfants ou des mo’otua. Il n'a plus à se soucier de régler le problème d'eau, de camions etc. (…). Ça nous a un petit peu soulagés et on s'est dit qu'il ne serait pas contre le fait de démissionner, parce qu'au final, il aime cette vie-là.”
Mais selon elle, Julien Mai est “contradictoire dans ses propos (…) Il dit ‘je suis un homme de loi, donc j'aime la justice, et si on me demande de revenir, je vais suivre les règles’. Mais personne ne peut l'obliger à passer à côté de sa vie de père et de grand-père. Même la justice ne peut pas l’en empêcher et surtout l’obliger à rester.”
Nadège encourage Alpha Ioane à faire appel de la décision du tribunal. “On ne va pas mettre la charrue avant les bœufs, mais à tête reposée, on va bien y réfléchir. Et si la population l'a mis pour un changement, c'est bien parce qu'on a envie d'un changement. Et s'il a décidé de porter haut et loin ce titre de maire délégué pour la population, donc aussi pour la population, il faut qu'il fasse appel.”
Contactés à plusieurs reprises, ni la première adjointe au maire de Rangiroa Martine Tetua, ni Julien Mai n’ont répondu à nos sollicitations.
Nadège, électrice de Makatea “Nous avons le droit de choisir notre maire, mais cette loi nous prive de ce droit”
“L'histoire aujourd'hui nous montre que cette loi-là (scrutin à liste unique, NDLR) n'est pas adaptée pour les petites communes associées. Et nous, à Makatea, on est en plein dedans. Donc on nous a attaqués, on a dégagé notre maire et en dégageant notre maire, on a dégagé la voix de la population. On demande aux élus de revoir cette loi concernant les 5 % et la liste unique car c’est un problème pour certaines petites communes associées. Il serait bon que les élus nous expliquent véritablement en quoi cette loi est bénéfique pour nous. À quoi ils ont pensé au moment où ils ont adopté cette loi ? Et que pensent-ils de ce que nous subissons à cause de cette loi ? Actuellement, la population de Makatea se lève parce qu’elle n'est pas respectée ni écoutée. En tant que citoyens, nous avons le droit de choisir notre maire, mais cette loi, d'une certaine manière, nous prive de ce droit. Que disent les élus ? Donc on demande que ce texte soit revu car on ne nous a pas demandé notre avis, à nous, les petites communes associées, avant de mettre en place ce texte.”
Ruben, électeur de Makatea “Je ne l’appellerai pas tāvana mais Julien”
“Une cérémonie officielle devrait avoir lieu pour officialiser le retour de Julien Mai à la commune et pendant la cérémonie, on va manifester encore, même si je sais que c’est peine perdue puisque le tribunal a tranché. C'est un combat perdu d'avance, mais on garde quand même espoir. Mais sept ans, c’est long. Ça va être dur de maintenir le calme ici. Nous ne l’avons pas élu comme maire, donc du coup, les habitants ne vont pas avoir du respect pour lui. En tout cas, moi, je ne l’appellerai pas tāvana. Je l’appellerai par son prénom, c’est leur maire à eux, pas le mien (…). Pour tous les politiciens, le chemin est rempli d'embûches. Il y a toujours des gros requins déjà en place, mais il ne faut pas perdre espoir. Il faut se battre pour vos convictions.”